‹ Un voyage à la Guadeloupe [microforme]Chapitre 7 sur 12 · MERE PE · texte numérisé non relu

MERE PE

Marie-Galante, la Désirade, dépendances de la Guadeloupe, 8 Barthélemy et partie de Saint-Martin. Faisons mention, fois pour toutes, de ces divers îlots,

Saint-Barthélemy fut occupé par les Français, en 1648, à c de son port qui est bien abrité, Cette île forme une paroiss pauvres gens qui émigrent un peu partont dans les Anti Jusqu'à la Révolution elle fut desservie par un missionn capucin.

Saint-Martin, un peu plus considérable, fut oceupé simult: ment, à la même époque, par les Hollandais et par les Fran D'où double territoire et double paroisse. Le missionnaire é également capucin.

La Désirade forme une paroisse, les Saintes en forment d: Marie-Galante, trois. Leur histoire se confond avec celle d. Guadeloupe,

D'Esnambue vivait encore lorsque les Français, jaloux des I grès de leurs rivaux les Anglais qui venaient d'occuper Nie: lP'Antigua et Montserrat, résolurent de faire, eux aussi, des c quêtes,

Une expédition, équipée par la Cuu.pagnie des Indes, pai done du port de Dieppe, le 25 mars 1635. E!le se composait 550 hommes, commandés par deux chefs, les capitaines de Lol et Duplessis. Quatre Dominicains du couvent du faubourg Sai Germain à Paris les accompagnaient en qualité de missionn res. C'étaient les Pères Polican, Bresun, Bouchy et Griffon.

La flotte cingla vers l'Amérique, et, après deux mois d’h, reuse traversée, arriva en bou état devant l’île de Ja Martiniq 25 mai 1635.

Mais elle n’y fit pas long séjour. L’attitude hostile des Caraït et la rencontre de quelques serpents trigonocéphales effrayère tellement nos aventuriers qu'ils levèrent l’ancre incontinent firent voile pour l’île voisine de la Guadeloupe, où ils arrivère le 28, date de la fondation de la nouvelle colonie.

Les commencements de l'établissement furent terribles. L approvisionnements ne tardèrent pas À être épuisés ; et sans charité des Caraïbes qui fournirent les Français de manioc, « tabac, de coton, de poisson et de tortues, ces derniers scraie tous morts de faim ou de misère. Bientôt, à la maladie et À

pupe, Saintntion, une

318, à cause paroisse de »s Antilles.

\issionnaire

simultané- 8 Français.

inaire était

ent deux, celle de la

1x des proer Niever, il, des con-

les, partit 1posait de de Loline urg Saintissionnaiffon.

ois d’heuartinique,

; Caraïbes Hrayèrent tiuent et rrivèrent

les. Les tt sans la anioc, de ; scraient e età la

Bi, Her

famine s’ajoutèrent de nouveaux maux: la gucrre contre les sauvages, la guerre entre colons. Le sage Duplessis mournt ; et les débris de l'expédition, confiés À l’imprudent de Loline, auraient péri complètement, si de nouveaux renforts, veuus de France, n’eussent rétabli tant bien que mal les affaires.

On s'était partagé les terres, et l'on y faisait travailler des pauvres émigrants, transportés gratuitement de France, moyenpant un contrat de travail forcé de trois années, d’où leurs noms d’«engagés, » Ces infortunts succombaient presque tous ; car le travail des champs, sous le soleil des tropiques, est mortel aux Européens. On cultivait des racines, manioc, ete. pour la subsistance, du coton et du tabac pour le commerce, Le sol était admirablesnent fertile. Les co!ons, voyant leur inaptitude à l’agriculture, voulurent forcer les sauvages À travailler pour eux. ais ils ne réussirent qu’à anéantir cette race fitre et paresseuse, On fit alors venir des nègres de la côte d'Afrique, que le climat n'éprouvait point et dont la robuste santé était À l'épreuve de toutes les fatigues. Ainsi fut résolu, par l'esclavage, le problème de l’exploitation du sol, au grand avantage de la bourse, sinon de l'âme des colons. Dicu devait punir, plus tard, les blancs de ce crime, en donnant aux noirs une si écrasante m 1jorité numérique sur leurs maîtres que ceux-ci ont virtuellement disparu.

D'Esnambuc, piqué d'émulation par le spectacle de la fondation de la nouvelle colonie, forma un corps expédi ionnaire parmi ses gens de Saint-Christophe; et, le 25 juillet 1637, il se présenta, avec sa flotte, en fuce de la Martinique, dans une rade spacieuse où il jeta l’ancre, De ce jour date la création de la fameuse ville de Saint-l'ierre, anéantie récemment par l’éruption de la Montagne-Pelée. Il ft débarquer ses colons, mit à leur tête un homme du plus rare mérite, son neveu Du Parquet, puis retourna à Saint-Christophe où il ne tarda pas À mourir.

Bientôt l'établissement de la Martinique éclipsa celui de la Guadeloupe. Du Parquet, non content de prospérer dans son île, s'empara successivement de Sainte-Lucie, de la Grenade, et même de Tabago.

Nous v’avons pas à répéter ici ce que nous avons dit plus haut des changements multipliés dans le gouvernement des Iles. Lorsque la première Compagnie des Indes fit faillite, ce furent les gouverneurs Du Parquet et Ilouel-Boisseret qui rachetèrent rapidement ses droits sur la Martinique et la Guadeloupe, 1651,

jusqu’à ce que, en 1664 et en 1694, la seconde Compagnie, pu le Roi, en reprissent l'administration directe,

De 1668 À 1680, la culture de la canne À sucre ayant été intrc duite dans les Iles, les profits extraordinaires qu’elle procur furent cause que l'exploitation du tabac et du coton cessa, et qu les petits planteurs vendirent leurs terres aux grands proprié taires, seuls capables d'établir de coûteuses usines. A partir d ce temps les petits blancs diminuèrent de nombre, et la société créole se divisa en deux classes bien tranchées : d’un côté ls multitude des esclaves noirs, de l’autre les planteurs, grands seigneurs appartenant “ouvent aux meilleures familles de France dont ils étaient les cadets,

La question de l’esclave est plus complexe qu'on ne le pense généralement. Les gens épris de sentiments égalitaires et ignorants des conditions de Ja vie sous les tropiques la règlent en deux mots : liberté, égalité, sinon fraternité. Ils seraient bien surpris si on leur disait que la liberté absolue signifie ruine et misère générales, ct que l'égalité politique veut dire asservissement des blancs aux noirs. C’est pourtant Ja vérité ; et l’état actuel de nos colonies tropicales en fournit lu preuve.

Muis, dira-t-on, n’était.ce pas affreux d’arracher les pauvres nègres à leur liberté et À leur patrie africaines pour les soumettre, en Amérique, à un travail forcé dont ils ne tiraient aucun payement ?

Mon Dieu ! il faut croire que la liberté africaine a peu de charmes, Puisque la fameuse république de Libéria, créée pour les nègres américains, demeure toujours vide d'habitants, Pour qui connaît les sujets des affreux tyranneaux, émules des Béhanzin et des Samory, qui égorgent et mutilent les hommes et les femmes far pur caprice, ce phénomène ne surprend point.

L’escluve aux Antilies était, en eftet, baptisé dès son arrivée, et ensuite parfaitement traité. Il valai » dans ces dernières années à Cuba, de sept à huit cents piastres, c'est-à-dire autant que quatre chevaux. On le nourrissait À la viande sèche et au riz, nourriture excellense dont j'ai vécu Personnellement pendant Un an. Il avait un docteur À son service, des cases en bois propres et aérées, son dimanche entièrement libre, et, en plus, cinquante sous Par semaine pour ses menus plaisirs,

Il était absolument interdit de le fouetter; et s'il pouvait mon-

nie, puis

té introprocura à, et que propriéartir de , société côté Ja grands France

e pense + ignolent en it bien line et rvigsel’état

auvres umetaucun

eu de > pour

Pour éhanet les

rivée, iières utant et au dant

proplus,

non- Les 3 de

NE DA de 2 elles À Eiéiq

ré sebf bas Es sois

la maison ; et souvent, hélas ! ils l’étaient, de fait. Aussi, lorsque, il y a quelque vingt ans, le décret général de liberté fut porté, beaucoup restèrent, jusqu'à leur mort, attachés À leurs maîtres, et ne Voulurent pas s’en séparer.

Aujourd’hni les nègres sont libres et peuvent à leur aise flîner et mourir de faim. Dans l'île de la Guadeloupe, un homme de couleur employé au travail des champs gagne de seize à vingt cents par jour. En Louisiane, on le paye soixante dix cents. Ce qui revient à dire que, dans les deux pays, le nègre libre coûte moins cher À son patron que l’esclave.

Mais il a une compensation : il peut vivre de quelques fruits et de quelques racines et ne point travailler: il peut surtout voter ; et je raconterai plus tard corument il use de son pouvoir électoral dans nos colonies.

Est-ce à dire que je sois partisan de l'esclavage? A Dicu ne plaise !

Un chrétien ne saurait l’être pour des raisons philosophiques et religieuses, La liberté est inaliénable, l'esclavage est immoral, La famille de l’esclave et, par contre-coup, la famille du maître soufiraient égal: ment de la sujétion du noir au blanc. La ruce mulâtre en est la preuve.

Ilest vrai que, depuis la liberté, la race mulâtre ne s'éteint point. Ce qui me paraîtrait au contraire fort sage, je dirais même fort charitable, serait la confection d’un code spécial punissant l’oisiveté et le vagabondage, supprimant, nou la liberté civile qui est de droit naturel, mais la franchise électorale, et relevant, par tous les moyens, la moralité de nos pauvres frères africains, dont le cœur est bon et dont l'âme est souvent plus blanche que la nôtre. Je voudrais que les politiciens les flattassent moins et les aimassent davantage.

Ceci dit sans excuser les crimes abominables commis par les négriers et par nombre de planteurs.

Le dix-huitième siècle fut pour nos Antilles une ère de prospérité dont il est impossible aujourd’hui de se faire une idée, Le sucre était une denrée rare; les fortunes se faisaient en quelques annécs, et se défaisaient en quelques mois, par le jeu ou par un voyage à Paris. Deux villes, Bordeaux et Nantes, qui monopolisaient le commerce des Indes, s’enrichirent. Leurs superbes monuments datent de cette époque. Mais, bien au-dessus de la Martinique et de la Guadeloupe, au-dessus même de Cuba, il

faut placer cette partie de Saint-Domingue colonisée ps Françuis, qui constitue la république actuelle d'Haïti, No parlerons tout À l'heure,

#8 &uerres de la Révolution marquent le commencemer la décadence de cette splendide fortune.

Je ne dirai rien de l'udministration ciaire de ces PAYS sous l'ancien régime :

celle qui nous régissuit au Canada.

Nous avons vu que les premiers colons de la Guadel furent accompagnés de Missionnaires dominicaine (1635), religieux s'établirent également À la Martinique, (1654) et tard à Saïnt-Domingne, Il4 desservirent fidèlement cos cont jusqu'à Ja Révolution. Au commencement du dix-huiti siècle, ils étaient cinq à la Guadeloupe et douze à la Martinie

Outre le service de quelques Puroisses, ils possédaient d Chacune de ce île une plantation.

Les Jésuites afrivèrent À la Martinique en 1640, [ls 8° blirent également à la Busse-Terre, Guadeloupe, Il: euren une belle église, une résidence, et de plus, une plantation. ne desservirent point de paroisse À Ja Guadeloupe, mais ils étail Hissionnaires des nègres et ils faisaient du Ministère dans le

lise, Toutefois, la Paroisse des Trois-Rivières fat foudée } eux, et cédée plus tard aux Carmes,

20rSque, en 1763. les biens des Jésuites fure le gouvernement français, le Pire Emilien, cins, racheta leur résidence et leur 6 Paroïisse actuelle du Mont-Carmel,

En 1650, le SouVerneur Houel fit venir à la Guadeloupe tre Pères Augustine, mais deux moururent Presque aussitôt, et troirième rentra en France sans pensée de retour,

Politique, civile et elle était la même

nt confisqués F supérieur des Cap glise, 1772, dont on fit

Les Carmes s’étublirent À la Guadeloupe À la même époqu Ils devaient y demeurer jusqu’à la Révolution.

n bâtit deux hôpitaux, l’un À Fort-de-France, Martiviqu autre à la Basse-Terre, Guadeloupe, dont l'administration fu confiée aux Frères de la Charité.

Quant aux Capucins, voici leur histoire,

La Compagnie des Indes, non contente d’av naires des Doniinicains, demanda, la même année, 1635, aux supérieurs des Capucine deux religieux ponr Ja Guadeloupe et trois pour la Martinique. Le traité avec les Dominicains date du

oir pour mission

isée par les ti, Nous en

ncement de

ile et judi.

même que

iuadelonpe 1635). Cos 54) et plus + Contrécs X-huitième fartinique.

“ient dans

Ils s'éta- ‘eurent |A tion, Ils ils étaient dans leur udée par

squés par les Capuon fit la

upe trois tôt, et le

époque.

rtinique, tiou fut

mission- 35, aux oupe et late du

su: jui

14 février 1635 : celui signé avec les Capucine eat postérieur de quelques mois, Quoi qu'il en soit, nous savons que lu demande de la Compagnie fut agréée et que le P, Pucitique de Provins, avec scs deux compagnons Marc et Jérôme, partis depuis deux ans pour Saint-Christophe, furent destinés À la nouvelle mission,

Nous avons raconté plus haut, dans l'histoire de Suint-Christophe, lu mésaventure de leurs sticce-seurs, leur emprisonnement et leur départ pour la Guadeloupe, 1648,

On contia aux Capucine, à leur arrivée € 8 l'île, la charge ingrate de la conversion des Curuïbes, muis, dit l'histoire, cette nation orgueilleuse était presque irréductible,

Plus turd, les Dominicuins leur cédèrent la François, À la Busse-Terre. En 1583, Vieux-Habitants,

C’est ainsi que, À mesure que le pays se peuplait et que les paroisses se multiplinient, elles étaient confiées aux Carmes, aux Dominicaine, et aux Capucins, A la Martinique les Jésuites avaient également des paroisses. Ce régime dura jusqu’à la Révolution française.

On n'établit jamais la dîime aux Antilles, et le d’un traitement qui lui fut fuit par l’Etut.

Chose étrange, ce traitement se comptait, pour tous les officiers publics, non en numéraire mais en livres de sucre, Comme on faisait parfois au Canada, en castors.

Les cures rapportaient, selon leur date de douze mille livres de sucre brut, suns compter le casuel. On comprend qu’une telle mounuie, dont la valeur variait selon le cours du marché, donnait peu de satisfaction. Aussi le gouvernement fut-il obligé, au commencement du X VIIL siècle, de lui attribuer conventionnellement une valeur fixe de quatre livres dix sols, le quintal, c’est-à-dire les cent livres. Le traitement des missionnaires était donc de 405 ou 940 livres, selon les cures. Or, comme l'argent avait, au temps de Louis XIV, un pouvoir d'achat cinq fois plus considérable qu'aujourd'hui, si l’on en croit l’abbé Bertrin, c’est un traitement équivalent à 2006 et À 2700 francs de notre monnaie, (400 et 540 piastres) que recevuient nos missionnaires, presque exactement ce que reçoit le clergé colonial contemporain.

En plus de ces traitements, les communautés établies dans les Iles possédaient d'ordinaire quelques biens-fonds et des plautations. C'était le cas notamment pour les Dominicains et les Jésuites, comme chacun sait.

paroisse de Sainton leur donna celle des

clergé y vécut

fondation, neuf ou

LU

L'Etat entourait les missionnaires d’une très grande cor ration et les utilisait de toutes façons pour ie bien public. C

l’époque où les cardinaux étaient premiers ministres des rc rance.

Malheureusement, comme les &ouvernements sont rare désintéressés, la protection des pouvoirs publics dégénérait lement en tutelle gênante. Le gallicanisme régnait encor France, et l’on y redoutait fort l'influence de Rome. C’e qui explique qu’on n’eut Jamais d’évêque dans les Indes. plus qu’en Louisiane, on ne voulut créer aux Antilles des : riats apretoliques dont l'administration eût relevé directen du Saint-Siège,

Où se 1abattit alors sur une organisation hybrile, qui, con toutes les demi-mesures, ne pouvait donner pleine satisfuet Chacun des supérieurs généraux des trois Ordres établis Indes fut investi, Par rapport aux religienx et aux fidèles pl SOUS 8a juridiction, des pouvoirs d’un préfet apostolique, ce Lalla pas sans troubles et sans Contentions, et ce qui ne contri Pas peu à paralyser le ministère des missionnaires, Le fait que les catholiques des Antilies vont jamais eu la renom: d’être dévots, La foi chez eux était assez solide; mais les. vres laissaient fort À désirer.

Deux religieux, deux Frères Prêcheurs, les Pères du Tertr Labat, illuetrèrent l'Eglise des Antilles par leurs écrits.

écrits sont encore aujourd’hui la source où tous les histori vont puiser.

Il est extrêmeisent difficile de donner un tableau exact parcisses et des districts confiés À chacun des Ordres religiet car, pour des causes qui nous sont inconnues, des permutati( avaient lieu fréquemment, C’est ainsi que, par exemple, l’égl de Saint-François de la Basee-Terre, Guadelonpe, fondée par Dominicains, fut donnée ensuite aux Capucins, pour passer fir lement entre les mains des Carmes.

En 1772, les Capucins desservaient dans cette ville la parois du Fort.

Quoi qu’il en soit, nous donnons ici un état des différent

dessertes de la Martinique et de la Guadeloupe, à la fin « XVII: siècle,

nde considéiblic. C'était des rois de

it rarement énérait facit encore en >. C’est ce Indes. Pas es des vicalirectement

qui, comme atisfuction.

établis aux lèles placés que, ce qui » contribua Le fait est renommée ais les œu-

a Tertre et crits. Ces historiens

exact des religieux, mutations le, l'église ée par les asser fina-

à paroisse

ifférentes à fin du

Mdininecist:n:

Page 1