BEN IF LARD
Je tous comprends.,, illustre descendant de Pélage.. . Mais, moi, je ne suis pas dans la catégorie de ces pas* sans-là... Voici ma carte.
Eh bien ?...
RENIFLARD.
Eh bien! Ceci... c'est ma carte d'assurance.
BENITO
Çaî
RENIFLARD.
Oui, ça... (À part.) Ça le vexe.
BENITO
On vous a trompé... vous avez eu affaire à des voleurs...
RENIFLARD.
Comment, à des voleurs?... Au contraire !
BENITO
Si fait... c'est une mauvaise administration , celle qui vous a assuré... Tenez, lisez vous-même... c'est une assurance mobilière.
RENIFLARD.
Comment! une assurance mobilière... à moi?... un voyageur! Mais je suis filouté!
BENITO
Je le crois.
RENIFLARD.
Je m'en plaindrai à l'autorité, et j'y vais de ce pas.
Mais vous oubUez quelque chose.
RENIFLARD.
C'est pour vous.
BENITO
Pardon... vous ne me comprenez pas... J'ai besoin de quelque argent.
RENIFLARD.
Voudriez- vous abuser de ma cruelle situation?
BENITO
Eh ! mon Dieu ! oui... j'en abuserai.
RENIFLARD.
Mais, voyons, là, n'est-ce pas assez de m'avoir pris mon linge et l'argent qui était dans ma malle, lorsque j'eus l'honneur de vous avoir pour domestique.
BENITO
Ah! je vous conseille de parler de cela... Quelque chose de joli... que votre linge... Et votre argent? de la monnaie française!... Je ne l'ai pas gardé, votre argent ... RENIFLARD.
Me l'auriez- vous renvoyé... sans que je le susse?
BENITO
Je l'ai donné à mes gens.
Ah ! vous l'avez donné à vos gens!... (À part.) 11 se conduit très-bien avec ses gens... et je crois que j'aurais eu plus de bénéfice à être son domestique.
BENITO
Allons, dépêchons-nous... nous ne sommes pas ici pour nous amuser...
RENIFLARD.
Je le sais fichtre bien !
BENITO
Allons, fouillez -vous!
RENIFLARD.
C'est bon, mon Dieu !... on y va !...
Il tire de l'argent de sa poche et le donne.
BENITO
Vous avez sans doute une montre?
RENIFLARD.
11 est onze heures moins cinq... Oh! elle ne va pas...