‹ Un voyage en Espagne, vaudevilleChapitre 4 sur 71 · D. RAMON, CATALINA · texte numérisé non relu

D. RAMON, CATALINA

D. RAMON

Catalina! vous avez beau venir à l'heure exacte, il me semble que vous n'arrivez jamais... Les minutes sont des siècles, loin de vous...

CATALINA

Toujours galant!...

D. RAMON

Non ; toujours amoureux !

CATALINA

Et toujours aimé, pour notre malheur à tous deux !

D. RAMON

Dites pour notre bonheur !

CATALINA

Hélas ! non ! A quoi sert de 3'aimer, quand il faut vivre loin l'un de l'autre? Mou frère est toujours inflexible.

D. RAMON

Cependant , ma noblesse vaut la sienne.

CATALINA

Sans doute. Mais il ne s'agit pas de cela. Je suis

riche, et mon frère, qui est aussi mon tuteur, veut garder tous mes biens; il voit moins en vous un amant qu'un voleur... il s'est accoutumé a regarder ma fortune comme la sienne. Autrefois, il m'aurait fait entrer en religion ; mais maintenant les couvens sont fermés ; ce moyen lui manque, et il tâche de tenir les amoureux à distance. Jamais duègne revêche n'a marché de plus près sur les talons d'une jeune fille; jamais barbon jaloux n'a surveillé plus étroitement une jolie femme coquette , et je tremble en pensant au danger qui nous menace... s'il vous savait seulement dans cette ville... J'ai eu toutes les peines du monde à m'échapper pendant qu'il faisait la sieste et il ne dort pas toujours des deux yeux à la fois.

D. RAMON

Don Ramon de la Cruz n'a peur de personne.

CATALINA

Mais il vous tuerait.

D. RAMON

Ou je le tuerais.

CATALINA

La belle avance ! si mon frère vous tue , ou si vous le tuez, plus de mariage... Soyez prudent... Parlez. d. ràhon.

Mais pourquoi?...

pablo, accourant.

Sauvez- vous, jeunes gens... voici voire frère Inigo... qui rôde de ce côté... Tenez, celte porte donne sur la place San-Antonio... Allez...

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