PLANTES PHANÉROGAMES
qui crolMcnt naturdlement DANS LE DÉPARTEMENT DE MAINE ET LOIRE.
Le déparlement de Maine et Loire est un de ceux dont le sol a été le plus exploré sous le rapport botanique; mais il serait ditflcile de se former une idée exacte de Tétat des études pbylologiques en Anjou avant le milieu du xviii« siècle. Sous les auspices de Tancienneet célèbre Université d^Angers^ les études furent longtemps florissantes, et la science des plantes ne dut pas rester étrangère aux professeurs de la Faculté d* Angers. Hais les progrès de cette science furent sans doute très faibles , et Tabsence des collections rationnelles s'opposa longtemps aux résultats beureux qu'elles ont produits dans la suite. D'un autre côté, notre prpvince, éloignée des grandes voies de communication , ne fut point visitée par les célèbres botanistes du XVI* siècle; tandis que le Midi , TEst et le
Nord de la France fournissent tant de faits curieux à leurs écrils , à peine y pourrions-nous glaner quelques renseignements épars relatife à nos contrées.
Dalechamp attribue à TAi^ou un chêne à feuilles persistantes, qui est le Qtêercus Apennina des botanistes modernes, inconnu jusquHci dans nos environs : In Apennino et Andium gallicœ gentis agro taies quœdam visuntur (1). « Mettons au nombre des large- 9 feuilles la sorte de chesnes qui verdoyé tousiours , tel 9 qu*estoit celuy qu*on descouvroit anciennement de » la ville de Sybaris qui jadis estoit en Calabre, lequel » ne perdoit jamais ses feuilles et ne bourgeonnoil » point avant la moitié de Testé. On en voit de sem- » blables enTApennin et au terroir d* Angers, tellement » que ce que Pline treuvoitesmervellablede son temps, » ne Test point à nous (2). » Le seul chêne qui puisse attirer Tattention du botaniste étranger est notre Quercus toza et c'est à lui sans aucun doute que Dalechamp a fait allusion par suite d'une conftision partagée même par plusieurs modernes.
D*après Morison, le Pulsatilla flore albo Bauh. se trouverait communément en Anjou (in Andibus seu territorio Andegavensi , vulgariter in locis neglectis reperimus nos) (3). Cette pulsatille qui est Y Anémone alpina L., n*a jamais pu exister en Ai^ou, et il est probable qu'il y a ici une erreur typographique et que la dernière phrase du paragraphe III doit être reportée
(1) Histor. gêner, plant. Lugduoi, 1587 in-foL p. 4. (â) Histoire générale des plantes , traduction de Des Moulins. Lyon 1653 in-fol. p. 3.
(3) Plantar. hist. univ. 2 p. 428.
h celui qui préoède. Il s'agirait alors d*une de nos pulsatilles Y Anémone montana probablement , aujourd'hui bien moins commune qu*au commencement du xvw siècle.
Lobol nous apprend que Pierre Naudin, pharmacien distingué de Saumur (Salmurii pharmacopmu egregius) cultivait la botanique vers la fin du xvp siècle (1).
Le père Aroère, dans son Histoire de La Rochelle, vante Hathurin Motayequi, né dans l* Anjou, était venu s'établir à La Rochelle, dans le xvi* siècle et qui était fort savant apothicaire et fort grand chercheur (f herbes (2).
Matthieu Pinault, né à Angers en 1587, carme, mort à Paris, au couvent des Rillettes, en 1651^ était auteur d'un trtiilé des herbes ou simples qui n*a point été imprimé.
Je ne connais que par leur titre les deux livres suivants qui se rattachent , par leur point de départ , à rbistoire de la botanique angevine : i^ Les merveilles et miracles, tant naturels que surnaturels de la terre, arbres, plantes, etc., recherchés par D. de Rennes, sieur de Llsle, angevin. Saumur, 1622, in-8. — 7f* Phy tologie sacrée , ou histoire des arbres et des plantes de la Sainte-Écriture , par le P. Maurille de Saint-Michel. Angers 1664 , in-4\
Un écrivain bien connu des érudits angevins, Claude Hénard, né à Angers le 7 décembre 1574, mort le 10 janvier 1652, parmi un très grand nombre d'ouvrages imprimés ou inédits qu*il a rédigés sur l'his-
(1) Pena et Lobel, Stirpium Adversaria (Londini 1605) p. 495.
(2) Faye, Note sur les progrès de Tétude delà botanique dans la Gbarente-lnférieure, p. 1«
toire de la province, a laissé un manuscrit important qui a pour titre Rerum Andegavensium Pandeetœ. La seconde partie de cet ouvrage est consacrée à la topographie physique, historique et politique de TAiyou : au verso de la page 51, Fauteur donne une liste, par ordre alphabétique, des espèces de simples ou de médicaments qui naissent communément sur les rochers, dans les champs ou les jardins. Cette énumération de plantes parait être émanée d'un botaniste à qui la végétation des environs d* Angers était familière. On y voit figurer : Agripalmia cardiaca. — Asdepias Vincetoxicum, — 45p/iiodeIusti(er9U« (à tigesimple et rameuse).
— Daphnoides Laureola. — Diapensia sankula. — Elenium. — Ophioglo$$um. — Osmunda regalis. — Rossolis. — Scordium. — Tussilago major et mtnor.
— Yirga aurea. — Umbilicus Yenms. L* Aristoloche se trouvait dans Tamphithéâtre de Grohan (m arenà Grohanis).
Le célèbre Réaumnr lorsqu'il se rendait à La Rochelle, sa patrie, passait par Saumur et suivait la route du Poitou qui se dirigeait alors par la rive droite du Thouet; c'est dans ce dernier tnget qu'il observa des prunelliers dont les fruits offraient des déformations singulières. Il y en avait qui ressemblaient à de jeunes amandes (1).
C'est en suivant le même itinéraire et peut-être en société de ce grand naturaliste, que Guettard avait observé quelques plantes dont il consigna la station, le long de la Levée jusqu'à Saumur, dans ses Observations sur les plafUes, 2 vol. in-12, Paris, 1747.
(1) Mém Acad. des Scienc. 1713, p. 43.
Les plus notables sont Marsilea quadrifolias Scrophularia canina, Verbiucwn nigrum, Chenapodium bonus Henricus, Diplotaxis tenuifolia, Urtica piluUfera (à Saumousset).
A celle époque Angers possédait déjà des bolanisles recomitoandables rie docteur Berlbelot du Paly préaentail à TAcadémie d'Angers divers mémoires où se révélait retendue de ses connaissances. Sa monographie de la Clandestine imprimée à la fin du premier volume du Traité historique des plantes de la Lorraine àe Buchoz, est un travail remarquable pour cette époque ; on y reconnaît la touche d'un botaniste exercé et nourri de la lecture des ouvrages de Tournefort et de ceux que Linné avait d^jà mis au jour. Ce même Buchoz publia dans le quatrième volume de son Dictionnaire universel des plantes, arbres et arbustes de la France, p. 258, une liste des plantes qui croissent aux environs d*Angers, communiquée par H. Dupaty, elle ne donne pas une très-haute idée des observations de ce botaniste et parait avoir été rédigée avec plus de précipitation que d'exactitude. Voici celle liste : Samolus Vakrandij Œnanthe fistulosaj Asphodelus fistulosus, Reseda canescens, Lathrœa Glandes- Itna, Orchis hifolia, pyramidalisj Coriophora, Morio, mascula , ustûlata , latifolia , sambucina , incamata , fnaculata,odoratissima, conopsea, abortiva. Cotylédon^ unbilicus, L.
Dupaty s'annonçait comme devant réunir les éléments d'une histoire des plantes de l'Anjou, mais déjà un de ses contemporains, son élève peut-être, s'occupait de ce soin. Le docteur Luthier de la Richerie a laissé un catalogue des plantes des environs d'Angers,
manuscrit portant la date de 1763, qui annonce une connaissance do la flore locale plus approfondie qu'on ne pourrait le supposer à cette époque. Il se lia bientôt d'uneétroileamitiéavecle docteur Burolleau qui avait puisé à la célèbre école de Montpellier, le goût et la science de la botanique : réunis à quelques autres amateurs, ils jettèrent en 1 777 les bases du jardin des plantes d'Angers, se constituèrent en société dite des botanopbiles, et fondèrent le cours public de botanique dont l'enseignement s'est conservé jusqu'à ce jour. La Ricberie n'ayant point destiné son catalogue à l'impression, le docteur Burolleau avait continué les recherches pour son propre compte, &goutant les faits nouveaux qu'il pouvait recueillir à ceux réunis par son ami, et en 1782, un an avant la mort de ce dernier, Bonamy imprimait que H. Burolleau ne tarderait pas k donner la flore de l'Anjou. « Ce médecin, cyoutait-il, » en est très-capable, étant très-versé dans la botani- » que et zélé pour le progrès de cette science (1). »
Parmi les amateurs qui suivaient avec assiduité le cours professé par M. Burolleau, on remarquait surtout H. et M"« La Revellière-Lépaux. Us se livraient avec zèle à la recherche des plantes de l'Anjou, qu'ils réunissaient dans un herbier. Bonamy nous apprend dans son Prodromus qu'ils lui avaient communiqué plusieurs plantes intéressantes, Vhypericum montanum de Chandoiseau, près Faveraye, le Linosyris et le stipa pennata des rochers du pont Barré. Aussi , lorsqu'au mois de novembre 1787, une mort prématurée eut enlevé le docteur Burolleau, tous les associés botanophi-
(1) Prodr. FI. Naa. p. ietij.
les furent unanimes pour prier M. La Refellière de se charger du professorat. Un nombreux auditoire se pressa bientôt aux leçons du jeune professeur , les gens du monde eux-mêmes, attirés par les agréments de son élocution élégante et facile, virent s*évanouir peu à peu les injustes préventions qui jusque là les avaient éloignés de Taimable étude des plantes. Parmi les auditeurs de ce cours, se montrait surtout un homme d*un ftgQ mûr, Merlet la Boulaio, amateur des beaux arts, esprit orné de connaissances variées, mais jusqu*alors resté étranger à la botanique ; il comprit bientôt tout Tintérél qu*offre cette science et il s*y livra avec tant de zèle, qu*il put remplacer La Revellière djans la chaire de botanique , lorsque celui-ci fût promu aux fonctions législatives.
Vers le même temps, uu jeune officier qui devait s'illustrer dans la science, Aubert du Petit Thouars, employait ses loisirs à herboriser aux environs de Saumur, où il était né, et dans les riches localités qui avoisinent Chinon «t Thouars. Lorsque plus tard son amour pour la science le porta à s'associer à Texpédition maritime entreprise par son firère, le célèbre Aristide du Petit Thouars, il remit Therbier qu'il avait formé entre les mains de Merlet la Boulaie (1).
(1) S*il (allait ajouter foi aux comptes rendus des excursions de la Société Linnéenne d*Angers, consipés dans ses Mémoires, nous aurions à compter, parmi les fondateurs de notre flore, le bénédictin Dom liourmault, qui « vint souvent à Seiches, Marcé et Chaumont, • et auquel on attribue la découverte de la curieuse localité de Ghalocbé. La vérité est que Dom Fourmault passa une saison à Angers, mais, dans une de ses lettres, il se plaint vivement de ses supérieurs § souvent très-injustes, • qui avaient complètement en*
Au milieu de l*effrayaDte perturbation jetée dans nos contrées par la révolution et la guerre civile, les institutions scientifiques avaient dû succomber. La plupart de leurs membres avaient disparu par la mort ou rémigration. Herlet la Boulaie, resté presque seul, avait conservé les collections, les livres et les manuscrits que possédaient ces corps savants : il se trouvait ainsi en possession de tous les documents qui pou-
travé ses recherches. De son cdté, Merlet lui écrivait, au moment de son départ pour Quimper : « Vous m'aviez promis des mer- • veilles, tout s'est réduit à Tenvoi d'un Hypericum, • Voilà comment « ce pieux cénobite • a si puissamment contribué à la flore Angevine ! Ce n'est pas ici que le roman est plus vrai que l'histoire.
Une communication faite plus récemment à la même Société, a mis aussi le célèbre Villars au nombre des étudiants de l'université d'Angers, et a même rendu compte de ses herborisations en Anjou. L'auteur de cette communication ignorait sans doute que Villars, dans les diverses préfaces de' son Histoire des plantes du Dauphiné, avait, par avance , donné le démenti le plus formel à ses assertions, en rendant compte , année par année , de l'emploi de son temps. Marié dès l'âge de 16 ans, il était entré comme élève à l'hôpital militaire de Grenoble, en 1771, et dut aux bienfaits de l'intendant du Dauphiné, l'avantage de poursuivre ses études médicales dans une institution fondée par lui à Grenoble, jusqu'àx^ qu'il prît ses grades, eu 1778, à la faculté de médecine de Valence. Dans cet intervalle, il ne quitta le Dauphiné que pour un voyage à Paris, où il passa l'année 1777.
Enfin, on a annoncé, comme devant émaner de la même source, un Supplément ou des Études sur la Florede Maine et Loire /Quoique ces écrits aient été accueillis par une Société savante qui en accepte la solidarité , j'aurais dû peut-être les passer sous silence, si je n'eusse craint d'être accusé d'exclure à dessein des documents qui se rattachent à mon sujet. Il me sera permis, je l'espère désormais, de ne tenir compte que de ceux qui ont un caractère sérieux.
vaieui servir h la rédaction d*une flore de TAnjou et il les avait réunis dans un manuscrit qu*il se proposait de publier , lorsqu*il le perdit sans retour au milieu des désastres du siège d*Angers en 1793. Plus tard il consigna sur les marges d'une flore parisienne de Tbuillier, les notes qu'il put retrouver dans sa mémoire. On peut s'assurer en consultant ces notes à la bibliothèque de la ville, qu'elles ne présentent pas un très-grand intérêt.
Après la mort de Merlet la Boulaie, en 1807, son herbier et ses notes d'herborisations furent achetés par M. Davy de la Roche , un de ses élèves : avec le concours de MM. Millet, Cauvin, Pantin , etc., il publia ces notes que Merlet n'avait pas destinées à l'impression. Ce petit ouvrage parut à Angers en 1809, en un vol. in-18, sous le titre de : Herborisations dans le département de Maine et Loire, par feu M. Merlet la Boulaic. C'est le résultat des recherches de Merlet, de ses élèves, et surtout d'Aubert du Petit Tbouarsqui a fourni en très-grande partie les notes consignées de la page 96 à la page 123. De nombreuses erreurs de détermination se rencontrent dans cet ouvrage, nous avons dû les relever dans notre catalogue.
De Candolle chargé par le gouvernement de parcourir la France, « pour étendre la connaissance et 9 lapplication des végétaux indigènes et économi- » ques, » vint herboriser à Angers au mois de juillet 1806. Dans le rapport publié sur ce voyage (1), il indique Salix ruffinervis{cinerea) à Angers, Euphorbia
( 1 ) Rapport sur un voyage botanique et agronomique dans les départements de TOuest. P|iris, 1808, in-S».
saUcifolia ( Mosana ) dans File de Sainte -Gemmes, HeUanthemum ierratum (gutlaîum) sur les rochers Saint-Nicolas, QuerctAS Jozacommunà Angers,QtierctM cmris à Chalonnes, Phalangium bkohr, PlaïUago $\ibulata (carinata) et Amaryllis lutea aux environs d*Angers : cette dernière indication est évidemment le résultat d'une erreur.
Appelé à 23 ans, en 1807, à professer la botanique, T. Bastard se bâta de rédiger une flore qu*il pût placer entre les mains de ses élèves, il la fit paraître au commencement de 1809, sous le titre de EsscU sur la flore du département de Maine-ei-Loire, un vol. in- 12.
Ce livre présentait pour la première fois un tableau étendu de la végétation deTOuest, et se montrait au niveau des connaissances de Tépoque. C*élait certainement alors en France la flore locale la plus remarquable; bien peu au reste eussent pu lui servir de modèle, celles de Paris par Tbuillier, et d*Orléans par Tabbé Dubois n'étaient pas sans valeur, mais celle de rOme par Renault, offrait l'exemple des plus déplorables aberrations. Bastard avait emprunté en grande partie ses diagnoses (souvent trop courtes et insuffisantes) au Synopsis de Decandolle et au Flora gaUica de Loiseleur, il y avait rattaché les indications des localités de TAnjou , et lorsqu'aiyourd'hui, on parcourt attentivement ce livre, on reste étonné qu'il ait pu avoir dès lors une connaissance aussi réelle et aussi approfondie de la végétation du pays. Un grand nombre d'espèces récemment mises en lumière avaient déjà été aperçues et soupçonnées par lui, il les mentionnait à titre de variétés. Il suivit le système de Linné, « comme étant le plus répandu dans le dépar-
tement, » mais il eût « préféré la mélbode naturelle dont les résultats sont plus satisfaisants. »
L'auteur qui, tout en publiant la flore de TApjou, se proposait aussi d'offrir à ses élèyes un manud dherbarisations, avait emprunté aux autres flores un certain nombre d'espèces étrangères au pays; s'il les eût présentées comme appendice, comme plantes à rechercher, il se fût mis à l'abri du blâme, malheureusement il commit la faute grave, de leur assigner des localités précises où il ne les avait pas observées, et où la plupart d'entre elles ne pouvaient être rencontrées. Quoique les explorations récentes aient Justifié un grand nombre de ses indications, il reste pourtant encore près de cent espèces que nous regardons comme étrangères au pays et que nous aurons à signaler.
La vérité à cet égard sera toujours difficile à éclaircir. Celui qui veut écrire la flore d'une contrée ne doit pas se borner à explorer le pays, il doit recueillir les espèces notables partout où elles se rencontrent et en déposer des spécimens dans son herbier, à l'appui de chacune des localités qu'il doit citer: c'est le seul moyen d'éviter une foule de confusions et d'erreurs. Malheureusement les herbiers formés au commencement de ce siècle n'étaient pas compris ainsi : un échantillon servait de type, et l'on se contentait d'enregistrer à part les observations recueillies sur le terrain. L'indication Anjou portée sur l'étiquette de nos floristes ne prouve même pas que l'échantillon de l'herbier soit du pays, elle signifie seulement que la plante fait partie de la flore. Ainsi il y a peu d'éclaircissements à espérer de l'herbier de Herlet dépourvu d'indications, ni de celui de Bastard où les plantes
angeyines, ont pour étiquette une bande imprimée, découpée d*un exemplaire de sa flore et portant le nom, la diagnose et les localités. On peut reconnaître la plante qui a servi de type à Fauteur, mais on n'y apprend rien sur Torigine réelle de cet exemplaire, et Baslard ma avoué lui-même ses doutes sur plusieurs de ses plantes étiquetées de celte manière. Ces observations sont applicables à Therbier déposé par Bastard à la bibliothèque de la ville, et qui ne renferme qu'une partie des polypétales . plusieurs des types de cette collection n'ont certainement pas été recueillis en Maine-et-Loire.
En 1810, Bastard publia une Notice sur les végétaux les plus intéressants du Jardin des Plantes, 1 vol. in-18; on y trouve quelques indications relatives à la flore locale.
Ses explorations continuées avec activité lui fournirent un nombre considérable d'objets intéressants, et il les énuméra deux ans plus tard, dans son Supplémenl à V Essai sur la flore de Maine-et-Loire, in-12, Angers 1813. Plusieurs espèces rares, quelques-unes nouvelles, un genre nouveau bien établi, une multitude de localités inconnues signalées aux explorateurs, des caractères discutés avec talent et sagacité, ont assigné à cet opuscule une place distinguée dans la science.
L'année suivante, il avait déjà découvert un assez grand nombre d'espèces à cgouter à sa flore, il les fl connaître dans le journal de Botanique de Desvaux (tom. m, 1814, p. 17): Eriophorum intermedium Bast. SolanumochroletAcum Basi. Chenopodium ero5um Bast. Yalerianelltt rimosa Bast. Juncus longicornis Bast. Pnis
Pyrethrum corymbosum W. Juncus glaucus W. Epilobiumroseum Koih. Tri foliumpurpureum Lois.— camper* ireSchreb. Scirpus mtjUticaulis Sm. Valerianellamixta Dufr. Serapias cordigeraL, Careœ biligularis De. Malva fasligiata Cav. Solanum miniatumyf.— humile Bernh. Chenopodium ambrosioides L. Vida gradlis Lois. Amaranlhus sylvestris Desf. —relroflexas L. Scirpus cœspil08tÂ$\j, Triticum tenuiculum Lois.
A quel degré de perfection la flore de Maine-et- Loire ne serait-elle pas parvenue, entre les mains d'un botaniste si actif et si intelligent, si les événements politiques de 1815, en le privant de sa position scientifique, n'eussent pas mis un terme sinon à ses explorations, du moins à toute publication de sa part!
En 1817^ N.-A. Desvaux appelé à suppléer au Jardin botanique d'Angers, le professeur titulaire M. de Tussac, s'empressa d'explorer le déparlement. Déjà antérieurement en rendant compte d'un voyage qu'il avait fait sur la Loire, d'Orléans à Nantes, il avait indiqué un certain nombre de plantes observées par lui aux Ponts-de-Cé, à Sainte- Gemmes, etc., mais déterminées pour la plupart avec trop peu de précision (1). Doué de toutes les qualités physiques et intellectuelles qui caractérisent le bon observateur. Desvaux eût beaucoup contribué à enrichir la flore locale, s'il n'eût été imbu de ce préjugé qui regarde comme inutile de tenir compte des localités des êtres naturels. Cette fâcheuse idée a exercé une influence funeste sur ses divers travaux.
Quoiqu'il en soit il employa toute la belle saison
(i) Journal de botanique, tom. ii, 1813, p. 1i5 etsuiv.
de 1817, à parcourir le départemeot de Maine-et-Loire, el Taoûée suivante il mit au jour ses Observations sur les plantes des environs d'Angers, 1 vol. in-12. An. gersl8i8. Quoiqu'on ne puisse ai]yourd*bui, admettre toutes les idées de Tauteur, on ne peut disconvenir cependant que ce livre ne contienne d'excellentes observations, et on peut le placer parmi les meilleures productions de ce botaniste. La flore locale se trouvait ainsi enrichie d'un grand nombre d'espèces intéressantes qu'il avait su découvrir. Chargé en même temps de former un herbier départemental pour le Jardin botanique d'Angers, il y avait déposé les types de ses observations, mais les échantillons de cette collection souvent très-incomplets, sont très rarement accompagnés de Findication de leurs localités, plusieurs même ont l'aspect d'une plante qui a été cultivée, en sorte que celte collection est loin de présenter l'authenticité qu'on eût été en droit d'en attendre.
La Flore de 1^ Anjou parut à Angers en 1827 (1 vol. in-8'*). L'auteur y a suivi la méthode de Jussieu avec quelques modifications. C'est ici surtout que l'absence d'une collection rationnelle servant de base à son travail , devient évidente : les descriptions la plupart tronquées paraissent avoir été rédigées à la hâte, très rarement des localités sont assignées même aux espèces les moins répandues, et s'il se présente çà el là quelques bonnes observations, 41 en est aussi un grand nombre qui paraissent suspectes , ou inspirées par l'esprit de système. A cet égard, je ne puis que souscrire au jugement porté par un botaniste éminent qui avait entretenu avec Desvaux des relations amicales, et qui l'appréciait ainsi peu de temps après sa
mort : « travailleur infatigable, il savait beaucoup, » mais se croyant de force à tout embrasser, il a né- » gligé beaucoup de détails, et préféré lancer à tort et M à travers ces décisions qui rendent sa flore de Haine- » et-Loire si excentrique. Je vous assure qu*il con- » naissait bien mieux les plantes que cette flore ne le » ferait croire, et il est étonnant qu*avec celte con- » naissance il ait laissé tomber de sa plume des des- » criptions pareilles, si on peut appeler cela des des- 9 criptions. »
J'ai entre les mains un exemplaire de cette Flore préparé par Desvaux pour une nouvelle édition, les marges sont chargées de corrections et d'additions manuscrites, un grand nombre d'indications de localités sont cgoutées, mais beaucoup d'entre elles paraissent avoir été empruntées à la Flore de M. Guépin. En somme ces corrections n'auraient que faiblement amélioré ce livre.
Dans la Slalislique de Maine-et-Loire, publiée en 1834, Desvaux considère les végétaux du département sous différents points de vue, mais sans rien cgouter de bien saillant aux connaissances acquises. Dans une liste des plantes faussement attribuées à l'Apjou, il comprend des espèces que lui-même avait indiquées dans sa Flore. Enfin en 1835, il publia la description du Lupinus reticulalus des champs sablonneux de l'Anjou (1).
La publication de la Flore de TAnjou , de Desvaux, décida M. Guépin à mettre en ordre les documents qu'il avait réunis depuis longtemps. Ce n'est pas qu'il
(1) Annal, des scienc. naturel., t. m , p. 100.
eût beaucoup exploré le département par lui-même , il en connaissait à peine les points éloignés du centre^ mais lié intimement avec Bastard pendant tout le temps que celui-ci avait dirigé le jardin botanique, il avait tenu note de ses découvertes, dont son ami lui avait toujours communiqué les produits, sollicitant en outre, constamment, les communications de tous les amateurs qui herborisaient dans le pays. H. Millet , compagnon fidèle des explorations de Desvaux , lui remit toutes les notes qu*il avait soigneusement rédigées à la suite de chaque voyage. De son côté, H. Guépin avait fait de fréquentes herborisations aux environs d* Angers : le bois de la Haie, Tétang Saint- Nicolas , les marais de Beaucouzé , les coteaux de Hontreuil-Belfroi et de Grez-Neuville, Hontreuil sur Loir, Soucelles, les étangs de Chaloché, les rochers du Pont-Barré, les bords de la Loire , sont les localités qu*il avait le plus fréquemment parcourues, accompagné le plus souvent par une troupe d'étudiants et d'amateurs. C'est surtout de 1820 à 1830 que ces herborisations s'étaient le plus multipliées, en concurrence, pour ainsi dire, avec celles de Desvaux^ dont les élèves étaient ordinairement moins nombreux. Ceux-ci donnaient la préférence au professeur dont l'amabilité toujours souriante, facile à toutes 'les convictions, donnait raison tour à tour aux opinions les plus diverses, et se faisait jeune avec la jeunesse. Ces excursions, qui avaient lieu le dimanche, se transformaient ainsi en parties de plaisir toujours trop tôt terminées, mais où la partie sérieuse de l'étude était peut-être trop sacrifiée à l'agrément, car sur un si grand nombre d'élèves, on n'en pourrait pas citer un qui ail con-
tinué à cultiver sérieusement la botanique en Haine et Loire. M. Guépin n*a pas môme songé à se former un successeur pour ces recherches cryptogamiques qui ont fait, jusqu*à ses derniers jours, le charme de son existence.
Quoi qu'il en soit, lorsque M. Guépin publia sa Flore (Flore de Haine et Loire, un vol. in-12, Angers 1830), elle fut accueillie des savants avec une faveur marquée. L'auteur avait adopté la méthode de Jussieu, on savait qu*il n'avait rien négligé pour arriver à Texacte détermination des espèces; une sage réserve avait présidé au choix de celles qu'il avait admises, ainsi qu'à la citation des localités; malheureusement il s*écarta de celte réserve dans la seconde édition de la Flore publiée en 1838. Le recteur de l'Académie d'Angers voulant distribuer un livre de botanique aux instituteurs de son ressort, avait engagé H. Guépin à rendre saFlorepropre aux départements voisins, et c'est ainsi qu'il y admit souvent, sur des données trop contestables, des espèces de la Sarthe, de la Mayenne, de la Normandie, et même de la Nièvre. En 1842, il donna un supplément à celte seconde édition , et trois ans plus tard il en publia une troisième ( Angers , 1845, in-12). Les additions de plus en plus nombreuses, ne reposent pas toujours sur des preuves assez certaines. L'avertissement contient des considérations intéressantes sur la nature du sol et sur l'histoire de la botanique en Anjou; l'auteur justifie en ces termes la préférence qu'il donne à la méthode de Jussieu : « J'ai été » indécis sur la série que j'établirais dans les familles; • il y a eu dans ces derniers temps de la divergence » chez les principaux botanistes, pour ranger les plan-
» tes dans leur place la plus convenable. Quelques-uns » commencent par les Thalamiflores ou polyptlales » hypogynes, comme présentant une fleur plus par- » faite , et ils font suivre les autres familles par une » dégradation continue du simple au composé. Mais » je ne vois pas quel est Tavantage dans ce cas« et la » famille des Polamées, que je présente la première, » offre une organisation aussi simple que celle des 9 Rerumculacies, p. xxiii. »
Les dernières publications mises au jour par M. Guépin sont :
Supplément à la troisième édition de la Flore de Maine et Loire, Angers. 1850, in-i2;
Notice sur une Flore angevine manuscrite, suivie d*un second supplément à la Flore de Maine et Loire, Angers, 1854, in-12;
Additions à la Flore de Haine et Loire , Angers , 1857, in-12.
L*auteur, dans ces divers écrits, a souvent montré une confiance trop illimitée aui renseignements qui lui étaient fournis. Les descriptions, dans le plus grand nombre des cas , empruntées aux auteurs les plus renommés, ne cadrent pas toujours avec les plantes qu*il avait en vue, c'est ainsi qu*il décrit un Potamogeton compres$us , à tige ailée, tandis que la plante qui porte ce nom, dans son herbier, Ta cylindrique, un Scrophularia aquatica à écaille bifide , taudis que récaille est spatulée dans la plante de T Anjou. La suite de ce travail constatera plusieurs autres aberrations de ce genre. Les descriptions de la Flore de Haine et Loire ne devront donc point être invoquées
dans la suite pour constater Tidentité des plantes de ce département.
Malheureusement, Therbier de Tauteur, déposé à la Bibliothèque publique d'Angers, ne présente pas toujours des types aussi certains qu*on eût dû Tespérer ; il renferme sans doute de précieux objets d'étude mais les plantes de Haine et Loire y sont souvent négligées. S'il eût conservé toutes les espèces qu'il avait réunies pendant sa longue carrière, H. Guépin eût laissé une collection d'un haut intérêt ; mais il n'en a pas été ainsi , il en a rejeté le plus grand nombre, substituant aux étiquettes qui lui étaient envoyées des étiquettes de sa main, ne portant souvent qu'une indication vague, sans date et sans mention du nom de la personne de qui il ienait la plante. Ses indications dç localités de l'Anjou, sont en outre souvent mêlées à d'autres sur une étiquette collective, c'est ainsi que le Chrysosplenium porte pour localités Beaupreau . les Vosges, Bagnires de Bigorre, sans que rien puisse faire reconnaître dans ce mélange la plante du pays. En outre M. Guépin a renouvelé fréquemment les échantillons de son herbier, sans beaucoup se préoccuper de leur provenance» et d'autre côté il en a refait à neuf dans ces dernières années, toutes les étiquettes, substituant de nouveaux noms aux anciens, sans faire aucune mention de ceux qu*il avait d'abord employés, et répandant ainsi lui-même sur ses écrits une obscurité qu'il eût été difQcile de dissiper dans la suite, sans le travail que mes relations avec les trois Aoristes de l'Anjou, la connaissance que j'ai pu avoir de leurs collections, me permettent de publier ai\jourd'hni, afin de planter au moins un jalon dans le
champ où ceux qui nous suivront deyront poursuivre leurs recherches.
Que Ton ne s*étonne donc pas, de me voir ne pas accepter sans réserve les indications que peut fournir cette collection. Ayant la preuve que Fauteur y a plus d'une fois placé des plantes de provenance étrangère comme types des espèces par lui décrites, nous ne pouvons demander à cet herbier une certitude que son possesseur n'a pas eu Fintention de lui attribuer (1).
M. Béraud a publié plusieurs mémoires, intéressant la Flore locale et qui doivent être cités ici :
Béraud, observations sur la coloration en bleu de quelques espèces de la section Melanium du genre Viola (mémoires de la Société d'agriculture d'Angers, tom. V, p. 326), tirage à part Angers 1846, in-d"";
Description du Rosa Barœana Ber., in-8»;
Observations sur les Linaria Elatine et spuria (mémoires cit. p. 353, 358), tirage à part Angers 1847, in-8o;
Observations sur deux plantes nouvelles pour la Flore française SleUaria neglecta et Viola stAavis {V.
(1) L*herbier contient de beaux échantillons de Adtanlum capUlus veneris indiqués comme trouvés par moi près Saumnr, or je n*ai jamais recueilli à Saumur qu*un trôs petit individu d'une fougère naissante, qui d'après une pinnule en trapèze, fut prise pour FAdiantum par MM. Desvaux et Guépin, mais après un plus mûr examen je demeure persuadé que ma fougère n'est pas FAdiantum, la pinnule ne présentant pas les stries obliques qui caractérisent cette espèce. Personne n'ayant trouvé l'Adiantum depuis lors, il est évident que les exemplaires de l'herbier donnés comme types ne proviennent pas de nos contrées.
Beraudii) Mém. Soc. d*Ag. d* Angers, tom. yi, p. 95, Urage à part, Angers 1847, io-S*;
Botanique départementale, herborisations à Tbouars et au midi de 1* Anjou, par feu Bastard (Hém. Soc. d'Angers 2« série, tom. m, p. 359) (1852).
Publications diverses de A. Borean intéressant la Flore de Maine-et-Loire :
Note sur VEuphrasia Jauberiiana avec une plancbe litbograpbiée (Mémoires de la Société d'Agriculture d'Angers, tom. rv, p. 238) ;
Notes sur quelques espèces de plantes françaises (Bulletin de la Société industrielle d'Angers, tom. xv, p. 48) tirage à part, Angers 1844 in-8^ ;
Continuation (Bullet. cit. tom. XTii, p. 119) tirage à part, Angers 1846 in-8'' ;
Continuation (BuUet. cit. tom. xyni, p. 405) tirage à part Angers 1847 in-8'') ;
Revue des espèces de Fumaria appartenante la Flore de France (Revue botanique de Duchartre, tom. ii, p. 358. Mémoires de la Société d'Agriculture d'Angers, tom. Yi, p. 87) tirage à part, Angers, 1847 in-8<», avec une note sur le SoUix rubra ;
Note sur deux espèces d'ilbtn^es confondues sous le nom de Spergula pentandra (Revue botanique do Ducbartre, tom. ii, p. 421);
Flore du centre de la France et du bassin de la Loire, 2« édition, Paris 1849, 2 vol. in-8;
Notice sur Y Agave americaifui , suivie dé la description de quelques plantes nouvelles ou peu connues (Bulletin de la Société industrielle d'Angers, tom. xxi, p. 249) tirage à part, Angers 1850 in-8<» ;
Notice sur la fontaine d'Avor (Mémoires de la Sô-
ciété d*agriculture d'Angers, 2* série, tom. i p aiS) tirage à part, Angers 1850 in-8« ;
Notice historique sur le Jardin des plantes d*Angers et sur les progrès de la botanique en Anjou (Bulletin de la Société industrielle d'Angers tom. xxii, p. 341) tirage à part, Angers, 1851, in-8<». Reproduit en partie dans la Revue de FAnjou, i*^ vol. ;
Additions à la notice historique sur le Jardin des plantes d'Angers (Bullet. cit. tom. xxiii, p. 163) tirage à part, Angers, 1852, in-R^";
Précis des principales observations sur la botanique recueillies en Haine-et-Loire dans le cours de Tannée 1853. Angers 1854 in-8^ (Extrait du Conseiller de rOuest du 13 janvier 1854).
Une excursion botanique aux environs de Chinon. (Bullet. de la Soc. industr. d'Angers, tom. xxv, p. 205) tirage à part, Angers 1854 ;
Sur la synonymie de deux espèces d'ilmaran(Aes (Bullet. cit. tom. xxviy p. 279) tirage à pail, Angers 1855;
Callha Guerangerii Bor. (Annotations à la Flore de France par Billot, 1855 p. 11) ;
Notice sur quelques espèces d'Iris (Annot. de Billot, 1856, p. 60);
Flore du centre de la France et du bassin de la Loire, 3« édition, Paris 1857, 2 vol. in-8» ;
Notice sur un ouvrage inédit de botanique de Herlet la Boulaye (Hém. de la Soc. académ. de Maine-et- Loire, tom. I, p. 70, 1857).
Millet, Viola hamata i p. in-8'. 1857.
Ici pourraient être cités les comptes-rendus d'excursions botaniques consignés dans les Mémoires de la Société Linnéenne d'Angers, mais la vérité et l'exac-
titude peuvent seules donner du prix â des documents de cette nature.
En présentant après tant d'autres, un nouveau travail sur la Flore de Haine-et-Loire, j'ai dû chercher avant tout à lui donner toute Texactitude désirable, je me suis efiTorcé depuis vingt ans de vérifier les indications consignées dans les publications précédentes, j*ai parcouru le département sur tous les points, et j*ai herborisé dans un grand nombre de localités, Bastard m'a fourni beaucoup d'explications sur les plantes rares trouvées par lui, et m'a transmis des copies de ses journaux d'herborisations.
Un grand nombre d'amateurs et d'élèves m'ont constamment communiqué les résultats de leurs explorations, et mon herbier conserve des exemplaires des plantes recueillies par HH. Allaume, André, Bardin, Bastard, Baudoin, Béraud, Beziau, Blain, Bône Cadot, Cathelineau, Chartier, Chedeau, Clavier Courtigné, Gouriiller, Drouet, Génevier , Guépin Huard (1), Ledantec , Legé, Lelièvre, Leneveu , Hé nière, Nant, Pantin, de la Perraudière, Pineau, Pro vost, Ravain, Revelière, de Senot, Trouillard, et d'autres peut-être dont les noms ne me sont pas présents en ce moment.
(1 ) J'ai ùÀi de nombreuses herborisations dans les localités les plus intéressantes, en société de l'excellent et regrettable Â. Huard; je lui ai fait recueillir les plantes les plus notables, et j'ai nommé ou vérifié toutes celles qu'il avait trouvées dans ses herborisations particulières. J'ai su qu'en communiquant des plantes à M. Guépin, il avait eu la délicatesse de demander qu'on ne lui attribuât pas la découverte de celles que je lui avais fait recueillir, réserve que assurément j'étais loin de lui imposer.
Je me suis efforcé de faire ud choix judicieux de ces nombreux documents : malheureusement on ne peut pas toi^yours se fier entièrement aux herbiers des élèves inexpérimentés, ils se permutent des échantillons dont ils confondent souvent les localités, d*autres poussés peut-être par les instincts d*une nature perverse ou par un travers de jugement, s*attrihuent des découvertes qu*ils n'ont point faites et produisent à Tappui, des plantes de toute autre provenance que celle qu*ils indiquent. C'est ainsi que (d'après les notes que m'a fournies H. Lelièvre) les premiers renseignements donnés sur la Flore de Combrée sont souvent inexacts, on chercherait en vain dans ce pays Hutchinsia petrcsay Sedum anopeialum, Ranunculus nodiflorus, et VHelleborus viridis n'existe point au Fourneau de Fosse. VAlyssum campestre et YÀrenaria setacea ne viennent pas à Chaloché, ni le Leanurus Marrubiastrum à Trélazé, YAcorus calamus n'est pas plus spontané aux bords de rAuhance, que le LonicerapaUida ne lest dans les forêts de Baugé.
Je ne prétends point avancer que toutes les indications des Aoristes de l'Anjou que je n'ai pas reproduites sont inexactes , mais j'ai donné la préférence à celles que j'ai été à même de vérifier ou de constater d'une manière certaine. On pourra beaucoup egouler à ce catalogue, on aura peu à en retrancher. Je crois pouvoir garantir la véracité de presque toutes les indications, n'en ayant admis qu'un très petit nombre sur la foi des Flores angevines, et les ayant fait suivre des noms abrégés de leurs auteurs (Bast. Desv. Guep.)
J'ai apporté un soin particulier à éclaircir la synonymie des auteurs de la localité, j'ai cité les noms
qu'Us ont employés toutes les fois qu'ils ont différé de ceux que j'ai adoptés (1), eu sorte que ce catalogue peut être considéré comme une clé générale de tous les écrits existant sur la Flore de Haine et Loire. J'y ai igouté une liste des plantes, qui semblent avoir étémal à propos altribuées à notre Flore, avec l'indication des localités qui leur ont été assignées; si quelques-unes sont retrouvées dans la suite, je serai heureux de proclamer leur droit de cité parmi nous. Ce travail de critique m'a souvent effrayé, si j'avais pour moi l'avantage de venir le dernier et de profiter des lumières de l'époque, d'un autre côté j'avais le sentiment de mon insuffisance en présence des œuvres de botanistes, dont je suis le premier à proclamer le mé« rite; si ce travail devait l'atténuer ou obscurcir leur mémoire, je ne le mettrais pas au jour; en appréciant leurs écrits,*je ne crois pas m'étre écarlé de la stricte justice, qui doit se tenir à égale distance du panégyrique et de la critique satyrique : la vérité seule a dirigé ma plume, et si quelqu'un songeait à interpréter autrement les observations que j'ai présentées , je désavouerais par avance cette interprétation malveillante.
Il est des localités riches en plantes rares, et que leur réputation classique parmi nous fait souvent visiter par les amateurs, leurs noms sont fréquemment cilës dans cette énumération , je ne pourrais ici sans sortir
(1) J'ai suivi partout la classification et la synonymie de la Flore du centre de la France et du bassin de la Loire, 3« édition , à laquelle on aura recours pour les descriptions. J'en ai placé quelques-unes dans ce catalogue, pour les espèces qui ne sont pas décrites déjà dans la Flore.
des bornes de be travail entrer dans des détails sur la topographie de ces lieux privilégiés. Les progrès de Tagriculture et de Tindustrie restreignent de plus en plus ces oasis chères aux botanistes. A Angers les fourneaux à chaux où Ton recherchait les plantes du sol calcaire, ne laisseront bientôt plus d*espace aux explorations, la précieuse localité des rochers du Pont-Barré près Beaulieu, se trouve chaque année de plus en plus restreinte et la culture semble vouloir envahir jusqu'aux rochers les plus arides. A Pouancé Tétang des Rochettes, une des plus riches localités de TAnjou, selon Bastard, a été si bien nettoyé que bien des plantes ont dû disparaître, mais le pays environnant ainsi que la forêt d'Ombrée dédommageront toiy ours le botaniste. L'arrondissement de Baugé tout entier ne sera jamais trop exploré, il fournira toi^yours des plantes curieuses. Aux environs de Saumur, les herborisations sont aussi heureuses, et le calcaire lacustre de Champigny le Sec, certaines parties de la forêt de Fontevrault resteront encore longtemps , on doit Tespérer, comme un point de mire vers lequel les explorateurs seront attirés par le luxe de la végétation . méridionale qui y étale ses richesses. Courage donc, jeunes botanistes! explorez avec asdcur ce sol sacré de la patrie, conservez précieusement les traditions d'un passé qui n'est pas sans gloire et contribuez, autant qu'il est en vous, à l'extension de l'aimable science.
Dans le catalogue qui va suivre, nous n'avons énuméré que les plantes qu'on peut considérer comme
croissant spontanément en Maine et Loire, mais toutes n'en sont pas primitivement aborigènes, et pour plusieurs nous avons signalé leur patrie primitive, ces notes auraient pu être étendues à beaucoup d'autres. Il en est qui furent primitivement cultivées pour les propriétés qu'on leur attribuait, ou Tusage qu'on en faisait dans Téconomie domestique, et qui oubliées aujourd'hui sous ce rapport sont passées à Tétat de plantes sauvages, mais restant toujours fidèles au voisinage des habitations : telles seraient les Lepidium latifolium, CocMearia armoracia, Apium graveolens^ jEgopodium, Smymium^ Petasites , Pyrethrum Parthmium, Echinops, Airopa BeUadona, Salvia sciarea, Mentha viridis» Melissa, Nepela cataria, Leonurus cardïaca, Chenopodium Bonus HenricuSj Euphorbia Lathyris, etc. Les espèces qui croissent exclusivement dans les moissons ou parmi les cultures, telles que les Adonis, Nigella, Delphinium, Lychnis Githago, les Specularia, Centaurea q/anus eic, ont été aussi très anciennement introduites avec les céréales, et sont dans la catégorie de ces plantes que « Thomme cultive malgré lui , » selon Theureuse expression de H. A. de Candolle. Voyez sur ces intéressantes considérations la géographie botanique de A. de Candolle, 2 vol. in-8* (1855).
A. BORBAU.