‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 3)Chapitre 6 sur 95 · II. — Dynamique du suicide · texte numérisé non relu

II. — Dynamique du suicide

Mouvement absolu et relatif du suicide.

Le suicide et la périodicité des crises économiques.

Les pages qui suivent se rapportent aux aspects de ce problème d'une aussi effrayante complexité, sur lesquels iios recherches actuelles peuvent jeter quelque lumière. Ces recherches sont poursuivies.

S III. — Facteurs xêsologiques. Les mois et les saisons.

La statistique permet de répartir les suicides entre les différents mois de Tannée, et il est intéressant de signaler l'influence secondaire du fecteur cosmique sur un phénomène dont les variations, d*année à année, sont dues à des causes inhérentes à la société. Guerry, dans l'admirable introduction de son Atlas de statistique morale comparée de la France et de t Angleterre, signale comme le plus important des résultats atteints par lui, la distribution par mois qu*il a réussi à accomplir de 88,364 suicides compris dans une période de vingt-six ans (1835-1860). Il a classé les mois de l'année d'après la progression du nombre des suicides, et les subdivisions qu'il a faites, dans cette période de vingt-six ans, ont reproduit le même classement : juin présente le maximum, décembre le minimum des cas de suicide. Vingt ans plus tard, Morselli, dans sa savante et vaste étude, a étendu à l'Europe tout entière la distribution mensuelle du suicide.

Les données que H. le D' Wilmart a bien voulu rassembler pour moi révèlent à Bruxelles une constance analogue à celle que Guerry a observée.

Les courbes reproduisant la répartition des suicides par mois pendant trois périodes : 1867-1880, 1881-1890 et 1891- 1900, présentent les mêmes caractères.

Le phénomène a une allure ascendante jusqu'en juillet et août, la seconde partie de l'année est marquée par une chute, et le mois de décembre est en général le point le plus bas.

Aujourd'hui, Enrico Ferri et, après lui, Durkheim se sont appliqués à interpréter les données de la statistique; l'explication de Ferri est psycho-physiologique, et il est surtout frappé de la corrélation de la marche du suicide avec les variations de la température mensuelle et les variations de Tactivité vitale. Durkheim le met en rapport avec la croissance et la décroissance graduelle de la longueur des jours.

Certains phénomènes sociaux semblent révéler que l'énergie

volontaire, Tintensitë de Teffort vers le mieux-étre suivent les variations périodiques de l'activité vitale et générale. Ainsi, M. A. Julin a démontré que c'est le printemps qui voit éclater le plus de grèves (^).

Il y a place pour une interprétation complexe du suicide, et peut-être un processus psychologique comme celui-ci explique-t'il une partie du phénomène : l'activité vitale croissant en intensité dans la première partie de l'année, la représentation des conditions de bonheur, ou perdues ou devenues inaccessibles, acquerra plus de vivacité chez le sujet, le contraste avec la situation présente sera plus violent; d'autre part, l'expansion de la vie sous toutes ses formes autour du désespéré aggravera encore son désespoir. Le contraste préseniatif et le contraste représentatif comh'meToni leurs influences.

§ IV. — Facteurs biologiques.

Influence du sexe. — La tendance au suicide, beaucoup moins énergique chez la femme que chez l'homme, s'accroît cependant chez elle d'une manière absolue et d'une manière relative.

A Bruxelles, l'étude des trente dernières années du XIX* siècle nous donne les résultats suivants .

Nombre absolu des suicides et tentatives de suicide.

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