‹ Une actrice en voyage, piéce en un acte (volume 4)Chapitre 48 sur 120 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

BATIMBI^TS.

On ne trouve nulle part chez moi ces magnifiques bâtiments ruraux (mots qui par parenthèse jurent de se trouver ensemble) où la symétrie et Télégance le disputent au confort. Non, dans mon opinion , tout ce qui dépasse le but utile, est en agriculture une perte sèche. J'ai construit à neuf quand je n^ai pu faire autrement , mais autant que je l'ai pu j'ai utilisé les vieux bâtiments, plus jaloux, en donnant des exemples qui pussent être imités par le commun des cultivateurs , de ménager la dépense et de mettre à l'aise mes colons et mes bestiaux, que de créer de brillants dehors, bons seulement à flatter l'amour-propre du propriétaire.

Lorsque je suisentré en jouissance de mes fermes, leurs bâtiments d'exploitation étaient misérables comme dans tout le pays. Pour en donner une idée je dirai qu'une de mes maisons de fermier était si obscure, si humide, qu'une nuit une femme se réveilla ayant pour jarretière une couleuvre, — de plus, hommes et femmes , filles et garçons couchaient presque partout dans les mômes IX. 14

pièces, ccqoi, soilditcD passant, prouvait la bonté des mœurs, car malgré celte espèce de promiscuité rien n'était plus rare alors que les attentats aux mœurs. Quant aux étables , elles n'avaient généralement que cinq à six mètres de large pour deux rangs de bêles, preuve de la petitesse des bestiaux d'autrefois, puisque toutes ont été élargies à sept mètres et allongées pour loger un bien plus grand nombre de bêles. Leur sol a été pavé partout et de manière à écouler sur les prairies le «purin non absorbé par les litières. Mes bestiaux sont logés deux à deux dans des stalles solides au moyen des quelles je ménage les poutres, et qui tout en gagnant de l'espace, me permettent de panser à part chaque animal.

Celte disposition économique exige dans les b&timenls deux mètres de moins de largeur que les étables à corridors pour le pansement des bétes. Il est vrai que dans mes étables le bouvier est obligé de passer à chaque repas entre les animaux; mais je suis convaincu que ce contact de rhomme est bien plus utile que nuisible , il rend les animaux plus doux et plus disposés à l'engraissement.

Aigourd'bui les garçons et les Qlles sont dans des appartements séparés; ces habitations ne manquent ni d'air, ni de lumière, et sont d'un prix très-modéré ainsi qu'on va pouvoir en juger par leur devis.

Aucune de mes fermes ne possédait de hangar pour loger les charrettes et les récoltes : faute de ces abris on perdait souvent une partie des blés battus. Aigourd'hui qu'elles en sont toutes pourvues, les fermiers conservent mieux leurs instruments aratoires, et, en cas de pluies au moment du battage , peuvent y abriter leurs blés cl les y nettoyer.

Devis d'une maison de ferme pouvant toger neuf à douze personnes.

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