Devant de la tête couvert d'écaiUes petites, arrondies
et semblables entreelles 2
Devant de la tète pcfriAni trois plaqmà allongées formant
un triangle entre les yeux, les intervalles couverts d*écailles arrondies 4
3. Ligne dorsale d*un noir intense en zig-zag non interrompu. Taches latérales et postoculaires Atenmargu^M... 3
Ligne dorsale interrompue d'où résulte deux rangées de lâches arrondies dont Tin lervalle porte une suile de petits traits obliques, taches latérales et postoculaires effacées, — F. aspis.
3. Dessus cendré ou roussàtre, angle du zigzag entier, plaques ventrales d'un noir plombé. — V. Berus,
Dessus roti^e de brique ou jaune orangé^ angles du zigzag appendiculés , comme rameux, plaques ventrales blanc-rougeâtre ou rouge de brique. — F. Rubicunda.
4. Dessus notr ou noirâtre, zig*zag dorsal très noir, parfois confondu avec le fond, dessous noir ou gris-foncé. — V. Prester.
Dessus rouge de brique, bande dorsale et taches noirâtres. Dessous rouge de brique souvent pointillé de noirâtre. — V. Chersea.
TKOISIÈHB ÛUBSTIOIf.
Quelles sont les localités habitées de préférence par chacune de ces espèces ? les trouve-t-ou dans les buissons ou dans les arbres ? vont-elles à Teau ? les voit-on nager sur les lacs et les étangs ?
Les endroits habités par les diverses espèces de vipères sont surtout les coteaux rocheux, buissonneux^ les lisières des bois au pied desquels sont des eaux vives ou dormantes ou des prairies humides.
J'ai cru remarquer que les espèces de la seconde section préféraient les lieux élevés et arides. En tous cas c'est aux expositions du levant et du midi qu'elles sont le plus répandues.
On les rencontrée (erro, dans les pierrailles, les feuilles sèches, sous les buissons, au bord des eaux.
Quanta leur ascension dans les buissons ou les arbres, bien que j'en aie entendu parler, je n'y crois guère. H faut en effet se tenir en garde dans l'histoire des vipères, contre les récils des personnes qui n*ont pas de connaissances spéciales en erpétologie et qui à raison de Textréme ressemblance dans la coloration qui existe entra les vipères et certaines variétés de la couleuvre vipérine , commune dans rOuest, attribuent involontairement aux premières des faits propres à celle-ci. Mais si Ton fait attention à la structure des vipères et particulièrement à la brièveté relative de leur queue qui ne peut leur offrir en s'enroulant autour des branches un point d'appui nécessaire pour faciliter leur ascension, il deviendra peu probable que ces animaux puissent parvenir à se glisser à une certaine hauteur dans les buissons et surtout à escalader les arbres.
Il y aurait en outre, pour les F. Berus, aspis, etc., de la première section, un autre obstacle provenant, paraîtil, d'un mode spécial d'articulation , d'une sorte de soudure dans la colonne vertébrale, qui fait que lorsqu'on les lient suspendues par l'extrémité de la queue, elles ne peuvent se redresser. Disons, toutefois, que celte observation ne (Paraîtrait pas devoir s'appliquer aux vipères de la deuxième section; du moins avons-nous constamment observé dans celles-ci une extrême agililé, ce qui motiva sans doute le nom de Prester que Linné donna à Tune d'elles. Tandis que nous avons trouvé généralement le F. Berus lent à se mouvoir, levant peu la tête, à moins qu'il ne fût provoqué par des coups, et n'étant par suite aucunement disposé à se montrer agressif, nous avons au contraire toujours vu le Prester vif et agile, s'élançant tout d'abord comme une flèche pour fuir, puis s'arrétant
bientôt pour se lever et redresser la partie antérieure du corps parfois à plus de quatre décimètres de terre, tout prêt à s*élancer sur nous, et montrant ainsi une flexibilité de mouvements qui peut faire supposer qu*il aurait plus d'aptitude que ses congénères pour escalader les arbres et les arbrisseaux. Mais, nous le répétons, nous n'avons jamais observé ainsi grimpée aucune espèce du genre vipère, quoique nous ayons souvent , dans les derniers soleils d'automne , surpris des couleuvres à collier lovées sur ces buissons touffus de pruniers épineux qui sont épars au penchant de ceux de nos coteaux schisteux où foisonnent les vipères.
Je dois néanmoins noter ici que j'ai observé plusieurs fois des serpents, vipères ou couleuvres, dans les cavités des tètes des vieux saules qui bordent la Haine, mais que ces animaux y avaient été évidemment amenés pendant les crues du printemps sur les flottes de joncs et de branchages charriées par les eaux, ou s*y étaient retirés en nageant, lorsqu'ils avaient été surpris dans les prairies par les inondations de juin.
Quant à Thabitude qu'elles auraient d'aller à Teau, ce sont surtout, croyons-nous, les espèces de la première section, qui fréquentent les rivières et les étangs, celles de la seconde paraissant préférer les coltines arides, ainsi que d^à nous l'avons indiqué.
C'est particulièrement dans la saison la plus chaude (de juin au commencement de septembre) qu'on les rencontre au-devant des rivages qui bordent nos rochers schisteux, se tenant allongées et immobiles au fond de l'eau, à une profondeur telle qu'elles puissent sentir encore l'influence des rayons solaires, si nécessaire à l'entretien de l'énergie et de l'activité des forces vitales dans les animaux à sang froid; on les trouve aussi souvent ca* ohées, dans les instants les plus chauds du jour, sous les
pierres du rivage qui sont baignées alors par les eaux attiédies.
Quant à la façon dont elles nagent, je dirai que je n*en ai jamais vu nager à la surface de Teau , quoique j'en aie souvent observé se mouvaut entre deux eaux ou rampant sur le fond ; mais il n*est nullement invraisemblable qu'elles puissent, en soulevanl la tète, se maintenir également à la surface de Teau à Faide des mêmes mouvements ondulatoires de droite à gau(^ qu'elles emploient pour progresser quand elles sont placées sur un plan solide, uni et horizontal. J'ai vu d'ailleurs souvent, en juillet et août, des couleuvres à collier parcourir avec aisance sur la Haine et sur les étangs des espaces de trois à quatre cents mètres en perlant la tèle élevée de dix à vingt centimètres. Si, ce qui est probable, pareille chose est également dans les habitudes de la couleuvre vipérine, dont il se rencontre parfois d'énormes individus dans les prairies basses, ce pourrait être encore une occasion de méprise.
QOàTRIÈHB QDBSTiOn.
Les rencontre-t-on en toute sajson? Quelles sont celles où on les rencontre le plus fréquemment?
On ne les voit ici que de la fin d'avril à la mi-octobre, un peu plus tôt, un peu plus tard, selon l'élévalion de la température.
GIKQUIÈMB ODBSTION.
Sont-ce des animaux nocturnes, ou bien les trouve-ton à certaines heures du jour?
Elles no commencent à paraître qu'après le lever du soleil et lorsque la rosée est déjit dissipée. Aussi, dans certains cantons, comme sur les coteaux du Layon, où
#Ue8 so0t très multipliées, )es paysanoes qui coupent les fourrages, ¥esces, trèfles, etc. à la faucille^ choisissent dies pour ce travail le monaent où la rosée encore abondante r^oidit la. terre et prolonge la torpeur nocturne des reptiles.
J'en ai souvent rencontré le soir, dans les mois les plus chauds de l'été; mais c'était lorsqu'après s'être baignées le jour dans la Maine, elles regagnaient les rochers et les broussailles pour y passer la nuit.
BULIÈkB QUESTiOIf.
Se retirent-elles pendant l'hiver, en grand nombre, dans une même retraite, entortillées ensemble ?
Aucune observation certaine n'autorise à le penser. Une seule lois, dans les rochers de Vétang Saint-Nicolas, près d'Angers, j'ai pu surprendre, au mois d'avril, trois vipères étalées sur une saillie de roc, au raidi, au-devant d'un trou oix elles voulurent se réfugier à mon approche.
Quant à des espèces de pâlottes que formeraient des vipères entortillées, des pêcheurs m'ont affirmé en avoir plusieurs fois, au mois de mai, ramenées dans leurs filets en péchant sur la rive droite de la Haine, au-devant des rochers situés au-dessus du bourg de Bouchemaine. Une nuit, entre autres, la môle qu'ils péchant ainsi, par un beau clair de lune, était plus grosse qu'un double déca^ litre. Les serpents, en touchant la terre, s'éparpillèrent et se mirent à fuir danS; toutes les directions, et ços quatre pécheurs, qui en firent de même, ne revinrent à leur fi|et qu'au lever du^ soleil, mais alors tout avait disparu. Toutefois, s'il résulte de cette observation qu'un grand nombre de ces reptiles peuvent se trouver ainsi accidentellement réunis dans un certain espace, tel que celui qu'embrassait la seine de nos pêcheurs, on n'en peut pas con-
AS
dure que ces animaux se soient trouvés rapprochés de manière à former une masse sphérique plus ou moins ' compacte, car lorsque le iènd du filet arHfe à terre, tous les animaux quMl a ramassés çà et là se trouvent resserrés et agglomérés, avec des détritus de plantes aquatiques, en une masse plue ou moins arrondie.
Nos pécheurs prétendent, au resle, <3xpliquer cette afiDuence accidentelle de reptiles en supposant qu'ils se rassemblent alors pour frayer, ce qui n'aurait rien d'in* vraisemblable, bien qu'il existe des vipères dans des localités trop distantes des eaux pour que Ton doive admettre que leur acœupkment doive nécessairement s'opérer dans un milieu liquide.
Nous igouterons encore, quant au fait de la fréquentation des eaux par les vipères, qu'il est k notre connaissance personnelle que dans la commune de Savennières, au-devant de la coulée de Serrant, se trouvait une bouère extrêmement poissonneuse dont, à raison du grand nombre de vipères qui s'y venaient baigner, la poche était abandonnée pendant une partie de l'été.
SBPTIÈMB QtJBSTION.
Quelle est leur nourriture? Peut -on les considérer comme des destructeurs d*aniaiaux nqisibles, tels qu'insectes, mollusques, taupes, rongeurs, etp.? Mangent-elles des oiseaux?
Leur nourriture est exclusivement animale et secom* pose de prmes vivantes. La présence des crocfaels à venin destinés à donner la mort et subséquemment à préparer la décomposition ou la digestion des substances animales qui sont avalées sans avoir été triturées, suffirait à le démontrer.
Comme tous les reptiles terrestres, elles mangent des
insectes coléoptères , carabiques , melolonthides , etc.
Quant aux mollusques gastéropodes nuds (limaces), il est plus que douteux quMls fassent partie de la nourriture d'aucun serpent; et quant à ceux pourvus de coquilles (heUw asper$a, nemoraliê)^ d*une part, la gueule du serpent n'est pas armée de telle sorte qu'elle puisse briser la coquille pour en extraire l'animal; et d'autre pari, l'enveloppe calcaire du mollusque n'est pas soluble par l'action chimique des sucs gastriques. Si ceux-ci dissolvent les os, c'est seulement parce qu'ils agissent sur la gélatine qui en est comme le réseau vascnlaireet dont la solution amène alors la dé^ggrégation des molécules de phosphate calcaire qui les rendaient solides.
On sait du reste qu'elles mangent tous les petits mammifères, mulots, taupes, etc., qu'elles parviennent à atteindre dans leurs retraites souterraines, et aussi quelques petits oiseaux qui nichent à terre ou près de terre, alouettes, rossignols, cailleteaux, etc.
Hais ce sont les batraciens qui constituent le fond de leur nourriture, tant les terrestres que tés amphibies. Elles les avalent la tête *la première comme le font les autres serpents. J'ai surpris ainsi une couleuvre à collier de la première grosseur ayant déjà englouti à moitié une énorme grenouille verte. Celle-ci, qui avait conservé toute l'énergie de ses mouvements dans les pattes de derrière, s'en servait pour s'arquebouter avec force contre la terre chaque fois que la couleuvre s'efforçait de soriir du fossé plein d'eau où elle avait fait sa pèche. J'intervins dans ce débat, et ayant tué la couleuvre que j'avais attirée préalablement à terre, la grenouille , recouvrant sa liberté , regagna incontinent sa demeure liquide.
n est probable que c'est la chasse à la fois abondante et facile de ces batraciens qui attire en si grand nombre les vin. 4
diverses espèces de vipères el de couleuvres au voisioage des eaux.
Quant à Taction fascinatrice attribuée à la vipère, et qui sérail telle que lorsqu'elle aurait pendant quelque temps fixé son regard enflammé sur un rossignol, une. jhuvette, un rouge-gorge, Toiseau chanteur, cédant à une attraclion irrésistible, viendrait se précipiter de lui-même dans la gueule béante du reptile, c'est un préjugé répandu dans nos campagnes comme en beaucoup d'autres pays, et qui, croyons-nous, a, de même que la plupart des erreurs populaires, pour origine des faits naturels et réels^ mais qui, incomplètement observés, ont pu donner lieu à des déductions erronées. J*ai, en effet, rencontré bien des gens imbus de cette idée, mais sans qu'aucun m'ait jamais dit avoir vu l'oiseau se jeter ainsi de lui-même dans la gueule du serpent ; seulement, j'ai trouvé des personnes très dignes de foi qui m'ont attesté qu'ayant entendu un petit oiseau, bec-Qn ou autre, se débattre en criant, et Payant vu les plumes hérissées, les ailes pendantes, descendre de branche en branche, elles avalent alors surpris au pied des arbres ou des buissons une vipère ou une couleuvre dardant son œil sur l'oiselet eu détresse. Or, dans la conviction de ces personnes, si le serpent n'avait pas consommé son œuvre de destruction, ce n'était que parce que la présence inopinée d'un homme était venue rompre le charme fascinateur. Hais que Ton dégage le fait de la conséquence qu'on en prétendrait tirer par suite d'une idée préconçue, et l'on y trouvera une explication naturelle dans les habitudes de tous nos petits oiseaux qui chaque fois qu'ils aperçoivent un animal dans lequel l'instinct de leur conservation leur révèle un ennemi, cherchent à ne pas le perdre de vue, éveillant et appelant par leurs cris l'assistance de toute la gent vo-
latile du Toisiqage. Ne TOit-on paa les aloueltes, ïmt^ roDoelles, etc., suivre en Iroupes les loiseaux de pilote Mj plus haut des airs? Un chai, un putois, une beleUe, un hibou, 'Une chevêche excitent les cris d'appe) ou à effroi, l'agitation frénétique des petits oiseaux qui ohercheniià^ mettre en fuite Tenneini commun en s'en approchant )o plus possible. Que la stirvenanoe d'une personne fasse fuir le serpent ou envoler Toiseau, et des gens prévenus De manqueront pas de eroire que 9ans la présence de rhomme qui est venu rompre le charme le sacrifice était accompli.
Quant à l'action magnétique attribuée aux serpenta à l'égard du crapaud {bufé vulgêaris), et qui serait telfe que celui-ci, s'en approchant peu à peu quand lesefpent veut l'attirer de son regard, va, lui aosai, s'>eii^oy£[>er dans cette gueule béante..., c'est encore, croyonsrnouç, une autre erreur qui peut, elle aussi, provenir de^ffiita mal observés ou mal interprétés.
Le crapaud, en effet, a dû, comme tous les wirnaux, recevoir de la nature la faculté d'apprécier les^ dangers naturels qu'il lui faut éviter, car lexistence de ^^tte faculté est inhérente à la conservation des individuel etj par conséquent de l'espèce, et cet instinct doit être surtout développé dans les animaux, doués de locomotion, puisque celle-ci doit compliquer à l'infini pour eux les accidents de la vie de relation. Le crapaud doit d6no;^i bas qu'on le suppose placé dans l'échelle des intelligentes animales, comprendre, quand il se trouve inopinément placé en préseuce d'un ophidien dont les animaux de sa race sont la pâture habituelle et comme prédestinai toute l'imminence du péril et rimpossibiUtéa))8QÎuedelQfuirou, de le braver. Qu'il se livre alors ^ des allures jusplilesi désordonnées, que dans le paroxysn^e de la peur il s'avance nnéme au-devant de i'aj^ima] «auquel il est fataicmept
saoriflé, cela peut se comprendre par Texemple de certaâns phénomènes physiologiques qui se produisent dans des organisations d'un ordre bien supérieur à la sienne ; maison conçoit que des esprits amis du merveilleux aient pu rapporter ces faits à cette puissance occulte et surnaturelle pour le mal, qui, dans la plupart des cosmogonies, est considérée comme Tattribut du serpent.
HDITIÈMB, IfEUnÈHB BT DIXIËMB QUBSTIOllS.
Les vipères ont-elles quelques inconvénients pour Jea animaux de basse-cour, poules, dindons, etc.? Blessentelles les cheyaux et autres animaipc domestiques? En résu^tert^l des accidents.?
N6as ne connaissons que les chiens de chasse, parmi nos animaux domestiques, qui soient parfois mordus par les vipères; mais les suites de ces accidents sont rarement funestes lorsque le virus est neutralisé par Talcali volatil, qui agit peut-être alors comme saponifiant. Ce remède est généralement appliqué par les chasseurs qui, d'août eti octobre, ne sortent guère sans porter un flacon d^alcali dans leur carnassière.
ONZIÈMB QUBSTlOIf.
Quel est, approximativement, le nombre de personnea piquées dans le département?
Il est difficile de répondre, mémo approximativement,à cette question. On n'a guère, pour cela, que les données des journaux qui n'indiqueraient pas une moyenne annuelle de plus d'une ou deux personnes ; or , la population de' notre département est de plus de &dO mille âmes, dont la trèsigrande mtgorité des habitants des villes fréquente la campagne dans H belle saison.
BOUZIÈMB QUBSTION.i
Quels sont les accidents déterminés par la piqûre?
Douleurs lancinantes, tuméfoction et engourdissement du membre. L*enfiure se propage soccessivemenit dans les autres parties du corps. Sur le siège m^me m)u mal, il se développe une tumeur qui par degrés devieâi liîide. Les premiers accidents disparus laissent soureût après eux une sorte de jaunisse qui persiste jusqu'à ce queTénergie des forces yitcdi^ ait renouvelé ou puriBé la masse du sang.
TRBIZIÈMB QUBSTlOïf., , .,
Ces piqûres sont-elles mortelles ? et dans quélleîd proportions ?
On a cité quelques cas de mort dans nos contrées, mais il parait quils ont élé loigours très rares. Cette année une jeune paysanne de Tarrondissement de Cholet a succombé en moins de 24 heures. On ignore Teâpèce du serpent.
L'opinion de nos paysans est que les F. prester et ehersèa sont les plus venimeuses : il est au moins eertain^e bien qu'elles soient indubitablement les plus agiles pour fuir le danger, elles sont néanmoins les plus disposées à le braver et à se retourner contre la personne qui les pout*suU, prêtes à s'élancer pour la mordre, ce qui pourrait indiquer qu'elles possèdent des moyens de défense et de destraction plus éneigiques que ceux doqt peut foire usage la vipère commune; plus disposée à se cacher qu'à se dtfendre contre l'agresseur.
L'<m est généralement persuadé que. les blessulses île sont mortelles qu'autant que le venin ^nt introduit dans les gros vaisseaux se trouve jeté aiosi ioatanteoémeot
dans le torrent de la circulation et ramené en quantité notable vers le cœur. Dans le cas oootraire rat>sorplîon par les capillaires étant lente et successive, le venin paraîtrait s*altérer par son séjourdans les tissus sous euttanéSt eë qui tendrait à localiser ses effets. C'est ce qui expliquerait les bons résultais qu'on aurait toti^ours ob* .tCMfius, fttraîtrait-il, d'ude ligature même peu prolongée, dtt jnômbre mordu, laquelle alors circonscrirait la sphère 4*aetion du mal.
QUÂT0RZ1ËMB QUBSTIOIf.
Quand elles ne sont pas mortelles ces piqûres laissentelles des lésions ou des maladies chroniques ?
Voir ci'dessus' réponse i la 12« question.
, QimiZI&ME QUESTION.
' Y a-t-il des conditions de saison, d'Age, de sexe, de tenfpérameot ou autres qui loQuent sur la gravité des accidents?
Il ii'tnste pas d'observations asees précises pour pouvoir répondre autrement que par des probabilités.
Les probabilités d'une gravité plus grande dans les accidents paraissent résulter :
• i< De là jeunesse de la victime, de la petitesse de sa taille et de la faiblesse relative du système sanguin ;
!}» De ce que la morsure a lien à une époque où les vi p^s à raison de l'élévation de la température et d'un excès d'électricité dans l'atmosphère , sont dans un état d'exaltation et ont une vigueur plus grande, ce (fû doit influer à la fois sur la quantité et sur l'élaboration de la sécrélMttdoittnia;
d^" De ce que ranimai se trouve dans une saison où la nourriture est plus abondante;
4« De ce qu*il s*est écoulé plus de temps depuis qu*il a fait usage de ses crochets à venin.
La quantité de venin est d*ailleursassez considérable. J'ai vu une vipère preiterde grande taille à laquelle je tendais la canne de mon filet à insectes, tandis qu*un de mes amis, noire confirme M. Victorin LaréveUière, la retenait en lui appuyant une gaule sur Tépine dorsale, se redresser, renverser en arrière ses deux mandibules sous un angle de 170'' environ , les appuyer sur ma canne et lais^r couler alors deux grosses gouttes de venin d*un jaune doré d*abord, puis livide, représentant chacune le volume d'une sphère de 6 millim. de diamètre environ.
Nous ferons observer que les dents du reptile ne laissé* rent aucune empreinte sur la canne qui était d'un bois dur, ce qui tendrait à foire croire, contrairement à Topinion admise pour le jeu de ces organes, que l'émission du venin par le canal excréteur des crochets ne serait pas seulement l'effet mécanique d'une pression opérée par la résistance des parois sur la vésicule à venin lorsqu'il y a plaie pén^rante, mais bien Une sorte d'éjaeulation volontaire ou involontaire, provenant de l'érétisme des crochets lorsque l'animal leur fait appel pour combattre.
8BIZIÈVB QUBSTIOlf.
Les accidents résultant de piqûres faites à l'homme ou aux animaux qui n'entraînent pas la mort se dissipentils naturellement ou veulent-ils un traitement ?
Pas d'observations suffisantes pour pouvoir répondre ; les personnes piquées étant toiqours soumises à un traitonent quelconque.
DlX-SBPTliHB aUBSTION.
Quels traitements sont en usage ? eu est-il de plus géaéralemeat préférés ?
La ligature est ordinairement opérée tout d*abord quand le siège du mal la rend praticable. Puis ensuite on a recours aux scarifications pour appliquer Talcali yolatil immédiatement sur la plaie et ensuite des compresses d'eau alcaline.
Un garçon jardinier de la garenne St-Nicolas près d'Angers, ayant été un matin mordu à la jambe par une vipère, fui transporté à la pharmacie de M. Guitet d'Angers, qui pansa ainsi la piqûre et lui fit prendre en outre de demi-heure en demi-heure de Teau où on laissait tomber quelques gouttes d'alcali : 6 gouttes par verre..On le plaça dans un lit et le soir même il put regagner à pied sa demeure distante de près d'un kilomètre. Peu de jours après, tous les accidents de tuméfaction et dlnflammation avaient disparu.
Il paraîtrait aussi qu'on aurait employé avec succès ia ligature avec les sudorifiques et le repos absolu dans un lit tenu bien chaud.
On lit dans la Faune de Maine H Loire que des observations faites dans la partie sud du département, vers la fin du xviiP siècle, il résulterait que le lait bu une ou deux heures au plus avant ou après la morsure, en favorisant (ce sont les termes de l'auteur) l'infiltration du venin ou la coagulation du sang, rendait toute guérison impossible...
Quoique l'on ne puisse plus admettre l'explication basée sur la coagulation du sang, préjugé dont des expériences directes ont fait justice, on pourrait néanmoins comprendre les dangers que présente l'absorption du lait pris
en quantité notable, poisquUl est désormais acqifis à la science que Taction du venin est celle d*un puissant sédatif qui, par la circulation, vient attaquer les centres nerveux, et que le lait prédisposant certaines organisations à une débilitation momentanée, à un afifaiblisseraient d*énergie dans les fonctidns vitales, il rendrait ainsi plus certaine laction propre au venin.
n pourrait donc y avoir quelque intérêt à prémunir contre Tusage du lait les personnes qui seraient tentées d'y recourir parce qu'elles ont pu Tentendre préconiser dans certains cas d'empoisonnement par les voies digestives , et il paraîtrait au contraire rationnel de revenir à recommander, pour le traitement des accidents consécutifs de la morsure, la médication ancienne nHdntenant à peu près abandoenée, à Taide des sUmulants les plus énergiques administrés à Tintérieur. Celse, en efifet, regardait }e vin généreux comme Tantidote général contre le venin des serpents, et après lui, on a usé paiement avec succès des élixirs, de Teau de Luce, etc. Si à Cayenne on emploie la décoction des racines do tulipier, ce n*est qtt*en la faisant macérer dans le tafla qu'on donne en boisson. Enfin, quand Bernard de Jussieu, au milieu du siècle dernier, eut pour la première fois recours à Falcali volatil, il ne se borna pas, comme beaucoup sont maintenant pcstiés à le faire, à en bassiner la plaie, et à vouloir combattre ainsi le mal localement; mais il fit prendre à son malade 6 gouttes d'alcali dans un verre d*eau, et lorsque une heure après le malade tomba en défaillance, il ne le rappela k la vie qu'en lui faisant avaler une égale dose d*alcaU, qu'il ne discontinua plus à lui administrer, mais à la dose réduite de 2 gouttes, et cela trois fois par jour, jusqu'à goérison complète qui exigea huit jours de ce traitement (Voir Mémoires de V Académie des sciences, année 1747).
Lcd^efibts incontestables obtenus ainsi par Talcool , le vin, Teau de Lace, l'atcali, prouvent assez que ces agents, de nature si diverse, agissent surtout alors comme stimulants, ce qui implique aussi que le venin agit au contraire comme sédatif, ainsi que la science américaine Ta récemment démontré (1).
DIX-HUITIÈMB BT DIX-NBUVIÈKB QUBSTIOIfS.
Y a-t-il des animaux réputés pour être ennemis et destructeurs de ce reptile? Que pensez-vous comme tels des chiens terriers^ du hérisson, du cochon et de la cigogne ?
La cigogne n'habite pas en Anjou non plus que dans le reste de Touest de la France.
Le héron gris (ardea cinerea) n'y est guère répandu et tend de plus en plus à s*en éloigner, à mesure que les grands chênes où il nichait disparaissent des clôtures de nos métairies. Le héron pourpré {ardea purpurea) qui s'y trouve et y niche plus fréquemment y est rare. D'ailleurs la multiplication de tous ces échassiers ne pourrait être encouragée sans grand dommage pour la pisciculture. J'ai vu une cigogne dépeupler en quelques semaines un cours d'eau très poissonneux au jardin botanique.
Quant aux rapaces nocturnes et aux petites espèces diurnes, cresserelles , éperviers, busards, que leurs kmgs tarses semblent avoir préparés pour cette chasse, ils détruisent certainement beaucoup d^ophidiens, mais poursuivent-'ils les vipères comme les couleuvres, c'est ce que je n'ai pu encore constater par la nature des débris (extrémité de la queue) que j'ai observés depuis plusieurs années au-dessous d'un nid de cresserelle.
Quant aux mammifères , les chiens terriers ne chasse-
(i) Voir l'appendice qui suit notre travail.
bituelle, pour se metlreà paroonrir les buissons, les^i^Bos^ les fourrés épais, les bordures des taillis, fouillaat de tous côtés et explorant sans interruption avec son boutoir, dpué, paraîtrai t-il, d*un odorat très fin, tous tes tas de feuilles et les autres débris de végétaux sous lesctuels les reptiles restent blottis sur le sol p^idant les nuits de la belle saison. Il procède à ses recherches avec une activité et une agilité si peu en rapport avec ses habitudes diurnes qu*il est arrivé souvent que, victime inutile d*UDe méprise trop facile, il est tombé alors sous le plomb du chasseur attardé dans les halliers des garennes.
L*opportunité de sa multiplication pour Topposer à celle des vipères a été d^ailleurs directement constatée. Nous avons lu en effet dans un recueil scientifique dont le titre et la date échappent également à notre mémoire, le fait suivant qui nous fhippa. Un pépiniériste de Lyon acheta un vaste enclos dont la culture avait été presque complètement abandonnée par suite de Ténorme quantité de vipères dont il était infesté. Il y fit porter un certain nombre de hérissons et dans Tespace d'une année tous les rep^ tiles furent détruits.
Enfin devons-nous Ajouter, pour compléter le tableau des rapports que la nature a pu vouloir établir entre ce mammifère et les ophidiens venimeux, que pendant ces mois de basse température où tous les reptiles disparaissent pour se retirer au creux des vieux arbres, dans les fissures des rochers, etc., et s'y endormi^ d'un sommeil léthargique, le hérisson dont l'intervention eût été alors complètement inutile dans le but que nous suf^iosons à son existence, tombe aussi lui en léthargie, disparaissant de la scène des êtres animés pour n'y reparattrelque lorsque le réveil de la nature sous les chaudes haleines du printemps vient y rappeler les reptiles et leurs dangers !
RÉrORBi iVX «HmiUNS RKUTiVIg A U TORTIIK V^
(Emifi ewropta , Duméril.)
Le départemeiit de Maine et Loire, non plus que les autres de rOnest de la France, ne possède aucun cbél^oien. On a cependant cité quelques captures fàiles à de très longs intervalles d*individus de Vemy$ europea : Tune, qui remonte à plus de 80 ans, dans un étang dépendant de la ricbe abbaye de St -Nicolas, où cet animal avait pu être transporté; Tautre plus authentique et plus récente, près de Saumur, mais dans la Loire où cette tortue avait pu descendre, par un des afiQuents du fleuve, des parties du plateau central de la France qu*elie habite. Elle pourrait être d^ailleurs facilement acclimatée ici. Un individu femelle apporté du Nivernais a vécu pendant plus de dix ans dans les eaux vives du jardin botanique, où il a pondu; et un naturaliste de notre ville en a conservé plusieurs pendant un grand nombre d^années dans une pièce d^eau.
Cette espèce vivrait d*autant plus aisëment dans les eaux courantes ou dormantes de TAiyou, qu'elles ont pour lit un sol argileux qui se couvre de plantes aquatiques: Chara, ceraiaphyUum, poiamagekm, sagitlaria. Bu* lomiM, etc., etc., to^jours abondamment peuplées de mollusques gastéropodes des genres paludina et lymnea^ nourriture de prédilection pour la tortue d*eau douce.
Notre climat tempéré paraissant d'ailleurs lui conveair également, ce serait de la part de la Société d'acclimatation une entreprise qui aurait chance de réussir et qui rentrerait parfaitement dans le but de son institution, que de provoquer Tintroduclion de cet animal qui doterait nos contrées d'un aliment nouveau, salubre, très nourrissant, et qui pourrait devenir abondant. Il y aurait pour
elle d*autant plus de mérites à le faire, que Ton utiliserait pour augmeoier la masse de la nourriture animale -des cours d'eau jusqu*ici entièrement improductifs, parce que pour être utilement empoissonnés, ils sont trop peu considérables ou sont sii^ets à des chômages périodiques, lesquels n*emp6cheraient pas un animal amphyble, Goroii\e FEmyde, d*y pouvoir vivre eft prospérer.
T.-C. Béeâud,
SecréUire géoéral de lu Sedétë acadénkitie.
(Lu & la séance do 4 février 1860).