DES MIINES DE FER EN ANJOU
AU Xlle SIÈCLE.
A Monsieur Menière, membre de la Société Académique,
Monsieur,
Dans le 8« volume des Mémoire^ de notre Société je lis à la p. 113 : « Nous avons déjà dit qu*il ne nous était resté » aucun document écrite quelque peu ancien, qui pût nous n éclairer sur Tépoque et Torigine de ces exploitations de » fer oUgiste, etc. »
J*ai trouvé, non sur Torigine, mais sur Tépoque où ces fabrications existaient encore^ un document que je m*empresse de vous faire connaître dans le désir de vous être agréable.
C'est rextrait de la 118* charte du cartulaire de la Ro6, cartulaire que j*ai eu le bonheur de sauver de Toubli et peut-èlre d'une entière destruction. Je l'ai fait connaître dans le temps à M. Marchegay, conservateur des archives de Maine et Loire, et j'ai eu la patience de le copier en entier ; voici ce que j'y trouve :
« In memoria ab omnibus teneatur quod Raginaldus de » Iriaco dédit Ecclesiae Stae Mariœ de Rota quidquid juris » tam in Taulia (tallia, tailles, services, etc.) quam in aliis » rébus ipse habebat inilla terra quaevocatur de Escrene-
» riis (ancienne forêt des Ecrennes attenante à la forêt de » Lourzais entre Pouancé et Craon) et dédit cosdumam » (droit, coutume) ferri qnod Canonict supradictae Eccle- » sîae possent babere de suis fabrids, tali pacte ut ipse et » pater suus Gaufridus et mater sua et uxor ipsius et hère- » des in bénéficie fraternitalis ejusdem Ecclesiae recipe- « rentur. Videntibus et audieutibus .... Michaele oft- » baie, etc. »
« Qu'il demeure dans la mémoire de tous que Raginald de » Iré a donné à Téglise de S'« Marie de la Roë, tous les droits » tant sur les tailles, que sur lesautreschosesqu*il possédait » sur la terre nommée des Ecrennes, et qu'il a donné Tu- » sage du fer que les chanoines de la susdite église peu- 4 vent extraire de ses forges, par un tel contrat que hii- • même, et son père Gaufridus, et sa mère et sa propre 0 épouse et ses héritiers soient consentants au bénéfice de » fraternité de la même église. En présence des témoins » . . . . Michel Abbé. »
Cet abbé Michel, le huitième depuis Robert d'Arbrissel, fondateur de Tabbaye de la Roë, vivait en 1150 et même en
On a trouvé et on trouve encore près de S^-Saturnie qui n'est pas loin de là, des amas de scories résultat évident du travail de ces forges. On s'en est servi pour macadamiser une partie du chemin vicinal de S'-Saturnin à la grande roule de Pouancé. Près de là existent des sources ferrugineuses que la médecine a signalées.
Je désire. Monsieur, que ces renseignements vous soient utiles et vous prouvent mon désir de vous être agréable.
Veuillez recevoir l'expression de mes sentiments très distingués.
Db Bodabd.
La Jacopière, 7 février 1861.