VOYAGE A WEYBRIDGE
Visite à IVey bridge, au tombeau du Roi. Juin 1851.
Au mois de juin ] 851 , les séances publiques de TAssemblée législative ayant été suspendues pendant quatre jours , j'en profitai pour faire une courte apparition en Angleterre y dans le double but de visiter l'exposition industrielle de Londres , dans le Palais de Cristal, et de faire un pèlerinage à Claremont et à Weybridge. J'avais prévenu la Famille royale de mon désir d'aller rendre ce dernier devoir aux mânes du roi Louis-Philippe : on avait agréé mon vœu.
Le dimanche 8 juin, jour de la Pentecôte,
j'arrivai à Claremont à onze heures. La Reine et sa famille venaient de se rendre à la chapelle du château : je m'y rendis également et j'assistai à la messe de la Reine. L'office était célébré par M. l'abbé Guelle , qui apporte dans ses fonctions d'Aumônier d'une Cour malheureuse, une dignité, une modestie, un dévouement au-dessus de tous les éloges. Je fus particulièrement touché de l'instruction, car ce n'était point un prône, qu'il adressa à son auguste auditoire. En sortant de la chapelle, la Reine me dit que, sans m'avoir vu, elle s'était aperçue de mon arrivée , à une petite toux qui m'était habituelle. — On se rendit immédiatement dans la salle à manger. Après le déjeuner, auquel assistaient tous les membres de la Famille royale , y compris tous les petits-enfants, on s'est promené une heure dans le parc. J'étais à côté de la Reine, qui daigna m' entretenir durant tout le cours de cette promenade, sérieuse, mais pleine de douceur et d'affabilité. En passant devant un petit lac au bord du-
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quel était amarré un bateau avec des instruments de pèche : C'est la marine de Joinvillej me dit la Reine en souriant; c'est là qu'il vient passer ses moments de mélancolie
La Reine m'exprime le regret de ne pouvoir aller à Weybridge. J'aurais voulu , dit-elle tristement , y aller prier avec vous. Mais c'est une trop grande fête, je ne veux manquer aucun ofiBce ; et je désire conduire le Comte de Paris et son frère à une instruction qui leur est particulièrement destinée. Dumas vous conduira. — Sa Majesté me permit de baiser sa main en prenant congé d'elle. Elle monta en voiture avec M. le duc et madame la duchesse de Nemours ; les enfants suivaient , ils partirent pour aller à l'église catholique de Claremont.
Un instant après je montai en voiture avec le général Dumas , et nous allâmes à Weybridge.
Le Roi , par son testament , avait exprimé le vœu que son corps fût déposé à Dreux; mais les circonstances politiques n'ayant pas permis d'accomplir cette partie de ses volontés dernières , il a fallu lui chercher un asile en Angleterre , et il repose à Weybridge.
Là est un tout petit castel sans apparence extérieure , avec un parc de fort peu d'étendue. La dame qui en est propriétaire est catholique; et, près de l'habitation , elle avait fait construire une chapelle fort simple, mais d'assez bon goût. C'est dans cet oratoire, avec quelques travaux d'appropriation exécutés aux frais de la famille d'Orléans, qu'on a disposé dans un demi- souterrain un sanctuaire au fond duquel est placé le tombeau contenant les restes mortels du Roi Louis-Philippe!...
Nous trouvâmes sur les lieux l'excellent M. Nepveu,