‹ Une Algérie nouvelleChapitre 5 sur 75 · II. — Lettre où je soumets au ministre mon avis · texte numérisé non relu

II. — Lettre où je soumets au ministre mon avis

sur (( V Algérie nouvelle ».

\ Port-Say, 28 décembre 1908.

Monsieur le Ministre,

Je vous adresse la « coupure » ci-jointe du journal V Echo d'Oran. Elle vous montrera l’importance que les Algériens donnent à la colonisation de ce que je dis (( l’Algérie, nouvelle ». Ne pas confondre avec une nouvelle Algérie car beaucoup viendront dans ces régions pour y fuir l’ancienne Algérie.

J’ai vu ici des gens qui avaient cru faire fortune avec quinze hectares de vigne près d’Oran. Ils n’y peuvent même plus vivre. Et il leur est par ailleurs impossible de trouver dans leur département des lots de bonne terre en assez grande étendue pour y gagner leur vie en faisant des céréales. Ces colons désabusés, qui ont payé de leurs deniers et de leur temps l’expérience de la colonisation viennent ici chercher des terres soit pour les acheter, soit pour les cultiver à l’européenne en association

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avec les indigènes. Votre œuvre de transformation du Maroc orieulal (car il faut que ce soit la vôtre et non celle des bureaux arabes) trouvera donc en Algérie, en Oranie, les ouvriers nécessaires, et en aussi grand nombre qu’on pourra les désirer. Il serait à souhaiter que l’effort des capitalistes, égaré sur Tanger et Casablanca, (et vous savez mieux que personne tout ce que cette erreur coûte au pays!) se portât maintenant sur le Maroc oriental où nous n’avons à craindre ni complications internationales ni résistances marocaines... si nous n’en cherchons point.

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