I. — M. Revoit à Algésiras
La séance d’ouverture a été consacrée à un solennel abattage de tout ce qui s’était essayé antérieurement. On a fait place nette. On a proclamé, avant toute discussion, les quatre grands principes ; intégrité de l'empire, souveraineté indépendante du sultan, porte ouverte, internationalisation des finances et des travaux publics... Passons, l’éponge sur le passé. M. Revoil, pris en sandwich entre les déclarations du duc d’Almodovar et celles de M. de Radowitz, ne pouvait que s’incliner. Il l’a fait avec décision, avec bonne grâce, avec esprit.
L’opération, pour douloureuse qu'elle fut, était nécessaire. G. Hanotaux.
Journal, 19 janvier 1906.
IL — V accord franco-allemand.
Le gouvernement de la République française et le gouvernement impérial allemand, animés d’un égal désir de faciliter l’exécution de Pacte d’ Algésiras sont convenus de préciser la portée qu’ils attachent à ses clauses, en vue d’éviter toute cause de malentendu' entre eux dans l’avenir.
En conséquence.
Le gouvernement de la République française entièrement attaché au maintien de Pintégrité et de l’indépendance de l’empire chérifien résolu à j sauvegarder l’égalité
OconomiquL*, et par suite à ne pas y entraver les intérêts commerciaux et industriels allemands ;
El le gouvernement impérial allemand ne poursuivant que des intérêts économiques au Maroc, reconnaissant d’autre part «pie les intérêts politiques particuliers de la France y sont étroitement liés à la consolidation de l’ordre et de la paix intérieurs, et décidé à ne pas entraver ces intérêts ;
Déclarent qu'ils ne poursuivront et n’encourageront aucune mesure de nature à créer en leur faveur ou en faveur d'une puissance quelconque un privilège économique, et qu’ils chercheront à associer leurs nationaux dans les affaires dont ceux-ci pourraient obtenir l’entreprise.