ÉPILOGUE
régent un message dont le ton et la fausseté sont caractéristiques.
... « J'ai déjà eu l'honneur, y est il dit, d'in- « former Votre Altesse royale qu'étant encore « dans le vaisseau, Padéry, l'interprète, vint un « soir me trouver pour me dire que le capitaine « lui avait dit que si je ne descendais pas à terre « à Copenhague il ne me donnerait plus d'eau « pour boire, et qu'il laisserait aller le vaisseau « au gré des vents, qu'il ne pouvait passer outre « parce qu'il savait bien que la mer était glacée. « Ce qu'ayant entendu, je me suis débarqué en « cette ville où dès que j'ai été arrivé il m'a fait « écrire à Votre Altesse royale et aux ministres, « lesquelles lettres je n'ai point cachetées de mon « vrai cachet. Ayant reconnu depuis quelques « jours que le capitaine ne lui a point parlé de « cela, je demande en grâce à Votre Altesse « royale de ne lui faire aucune peine. C'est une « menterie de Padéry qui avait envie de me faire « venir ici pour se faire panser d'une maladie « quil a, et pour m'obliger d'envoyer un homme « à moi avec l'ingénieur Lajoue pour chercher « ses papiers et son argent en France. Ce qu'ayant « refusé de faire, il m'a dit avec toute l'insolence « possible que ni lui, ni Lajoue, ne me suivraient « en Perse et il a fait cacher Lajoue dans Gopen- « hague. Me trouvant ici fort embarrassé, n'ayant « point d'interprète, et ne sachant comment me
« tirer d'affaire pour trouver des voitures pour « m'en aller par terre, je lui ai demandé pour- « quoi il ne voulait pas me suivre et me rendre « les services à quoi il est obligé. Il a répondu « que si je voulais lui donner 1000 écus et lui four- « nir des voitures, qu'il m'accompagnerait, et « 1000 francs à l'ingénieur. Sur quoi je lui deman- « dai s'il avait oublié que je lui avais donné « 1.500 francs àChaillot et 100 écus à Lajoue avec « 200 francs au Havre, et que j'étais las de lui en « donner. Sur quoi il m'a répondu que si je ne lui « donnais pas ce qu'il me demandait, ils ne revien- « draient ni l'un ni l'autre. Sur quoi je l'ai me- « nacé de faire savoir à la Cour de quelle façon « il en usait avec moi. Ce qu'ayant eu peur, il a « cru le prévenir en lui écrivant contre moi des « mensonges et des faussetés dont je ne suis pas « capable et qui n'entrent ni dans les sens ni dans « les manières d'un homme comme moi, ni de « mon caractère. Entre lesquelles faussetés il « disait que j'accusais les Français de n'avoir ni « probité, ni honneur, ni parole, que je le faisais « mourir de faim, que j'étais une bête féroce dont « on ne pouvait tirer aucune raison, et cent autres « choses, tant de conséquences et de minuties, dont « je ne veux pas importuner Votre Altesse royale, « lesquelles lettres j'ai surprises et lui ai fait voir « entre mes mains, lui demandant à quel dessein « il les avait remplies de tant de mensonges et