ÉPILOGUE
« moi, mais que c'était Padéry qui lui avait fait « faire et qui lui avait aussi fait écrire contre moi. « Ils sont résolus tous deux, par ce moyen dont je « me suis servi, de me suivre. Je pars demain qui « est le 11 du mois, tout seul, espérant qu'ils ne « me tromperont point et qu'ils viendront me « joindre. Je demande avec toute l'instance pos- « sible à Votre Altesse royale la grâce de me « faire savoir si elle aura fait attention à ce que « j'ai l'honneur de lui demander. C'est dans cette « espérance que je m'attends d'en trouver la ré- « ponse à Pétersbourg en Moscovie où je vais me « rendre le plus tôt qu'il me sera possible. Je la « prie de vouloir excuser si cette lettre n'est pas « construite dans les termes de grandeur qui lui « sont dus, mais c'est une personne qui ne les « sait point et qui n'est pas assez bon interprète « pour pouvoir traduire les termes dont je me « sers dans leur véritable sens. J'attends tout de « la justice de Votre Altesse royale '. »
Cette lettre porte la date du 10 octobre 1715 ; le lendemain, Mehemet Riza Beg, ayant réussi à se procurer un bateau, abandonnait Padéry à Copenhague avec une partie de ses gens, lassés des avanies qui leur étaient faites. Mme d'Epinay et l'ingénieur Lajoue, moins fortunés, suivaient, comme des captifs, la marche fort peu triomphale de l'extraordinaire Persan.