‹ Une ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inéditsChapitre 121 sur 133 · I. A. E. Perse, t. 3, f0> 451 sqq · texte numérisé non relu

I. A. E. Perse, t. 3, f0> 451 sqq

sur les cœurs ce qu'il fait sur les roses naissantes, très grand, très élevé et très puissant empereur de Paris, de Normandie, de Bretagne, Aquitaine, Gascogne, Poitou, Saintonge, Limousin, Bordeaux, Grenoble, Provence, Périgord, Angoulême, Toulouse, Anjou, le Maine, Touraine, Pays chartrain, Nivernais, Lyonnais, Picardie, Calais, Champagne, Dunkerque, Valence, Cambrai, Artois et autres États, que la splendeur de votre amitié et de votre sagesse rend très puissants.

Nous avons reçu dans ce temps une lettre du très sublime et éclatant empereur, remplie des fleurs de l'amour, qui nous a comblé de joie, et par l'odeur de laquelle nous avons connu qu'elle venait de sa part et combien sincère était son amitié qui en a été le pinceau.

Micael qui était venu par ordre de l'empereur en qualité d'ambassadeur, ayant reçu dans le grand et puissant empire de Perse des marques d'amitié et obtenu ce qu'il souhaitait en faveur des négociants, sujets de ce grand empereur, on leur a accordé la permission de venir en Perse et pour cela on a signé le traité de l'union et on Ta donné afin que les marchands puissent venir négocier sans difficultés et on a été d'accord que les négociants persans auront aussi la permission d'aller en France, selon ce dont on est convenu et qui doit être exécuté, le tout ayant été approuvé et ayant plu à votre esprit pur comme loi et semblable à un miroir éclatant comme le soleil.

Pour ce qui regarde les pouvoirs qu'on a donnés aux Pères francs d'instruire les Arméniens, comme il est marqué dans un article des capitulations, les prêtres et les religieux arméniens ont demandé qu'ils ne se mêlassent pas parmi eux et ainsi ont obtenu un commandement contradictoire à l'article marqué ci-dessus.

Afin que le grand empereur soit instruit de tout, il est nécessaire qu'il sache qu'il est inscrit dans le traité qu'il ne se fera rien qui soit contraire à la loi de notre Prophète, qu'à la vérité les évêques et les Pères francs pourront, dans leurs maisons, faire leurs prières à leur manière et tout ce qui est marqué dans les capitulations, mais à la condition qu'ils ne feront rien contre ce qui est écrit par les douze Imans. Le grand empereur dont l'esprit est si éclairé n'ignore pas? sans doute, que les Arméniens étant nos tributaires, sont obligés de payer à notre trésor un tribut afin de pouvoir conserver leur religion en paix sans être inquiétés. Or, l'instruction que les Pères leur font, par force, tendant à la destruction de leur religion, et cela étant contraire à la nôtre, nous qui sommes descendants de Moustafa et de Mourteza Ali dont nous produisons les fruits comme la branche fait de l'arbre, sommes obligés de la soutenir : le grand empereur ne doit pas croire que peu de chose soit capable de rompre une amitié soutenue sur quatre colonnes inébranlables, et il doit être, au contraire, persuadé que tant qu'il ne commencera point de son côté, nous ne le ferons jamais du nôtre. Il y a longtemps que Micael est retourné près du miroir éclatant de la bonté même pour faire ratifier les conventions.

Puisqu'il n'y a plus aucun empêchement et que les chemins sont ouverts, l'empereur étant si puissant, notre esprit éclairé comme la chimie faisant réflexion sur ce que les négociants ont retardé jusqu'à présent à se rendre à notre glorieuse Porte, a pensé que Votre Majesté n'était pas informée de ce qui se passait.G'est pourquoi nous avons ordonné au beglerbeg, ou gouverneur de Ghoukourissat, de choisir une personne de confiance qui pût apporter sûrement la let-

tre d'amitié selon nos ordres, qui pût aussi faire augmenter cette amitié et accomplir tout ce qui est marqué ci-dessus. Nous nous reposons sur son savoir, nous approuvons tout ce qu'il dira et nous lui avons commandé de faire tout ce qui convient à la grandeur des deux empereurs et de le conclure. Nous serons content de tout ce qu'il aura fait et tout ce qu'il aura fait sera bien fait. Après que cette personne se sera acquittée de tout ce qui lui a été ordonné elle s'en retournera à notre heureuse Porte. Si on marquait ce que l'amitié inspire d'écrire dans la sincérité on ne finirait jamais surtout entre les empereurs.

Que le Seigneur Dieu conserve toujours votre empire et votre gloire, et qu'il les augmente aussi bien que vos jours et, selon son bon plaisir, vous donne une fin heureuse.

Lettre du khan d'Érivan au marquis de Torcy '.

Vous dont l'esprit est un or pur, très élevé dans votre ministère, le levain de la bonté même, le miroir éclatant, très renommé vizir azam ou grand vizir, l'appui de la dignité la plus qualifiée de tous les ministres de l'Europe, chargé des affaires de l'empereur, vizir azam ou grand vizir, qui aimez la grandeur de votre empereur, que Dieu vous donne une fin heureuse.

Micael, nommé en français Michel, vint il y a quelques années ici par ordre de l'empereur et fut notre hôte avec le nom d'ambassadeur. Étant arrivé à la Porte heureuse, élevée jusqu'aux cieux, et de laquelle

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