A. E. Perse, t. 4, fos 288 sqq
lières qu'il a reçues dans notre empire, combien la gloire de votre nom et celle de votre trône nous sont connues. Nous ne doutons pas aussi qu'il n'en rende un compte fidèle à Votre Majesté, et comme il est instruit des raisons indispensables qui nous ont engagé à lui faire proposer les articles qui ont été réglés avec lui pour lever les difficultés qui s'opposaient encore à l'exécution du traité signé par le sieur Michel en 1708 et que nous avons ratifié depuis, nous nous remettons au compte qu'il vous en rendra, persuadé que vous approuverez ces articles, puisqu'ils ont uniquement pour objet l'accomplissement du traité et l'utilité réciproque de nos sujets et des vôtres; nous assurerons en même temps Votre Majesté que son ambassadeur n'a pas moins fait paraître de lumière et de zèle pour son service dans le séjour qu'il a fait auprès de nous qu'il avait témoigné de prudence et de courage pour surmonter les obstacles qui s'opposaient à son passage. Ainsi nous ne doutons pas qu'étant de retour auprès d'EUe, il ne reçoive les marques de satisfaction qu'il a méritées, et afin de mieux faire connaître à Votre Majesté le désir que nous avons d'accomplir les engagements que nous avons pris avec Elle, nous envoyons avec son ambassadeur un consul instruit et capable en attendant que nous en fassions passer d'autres encore dans les lieux de votre empire où nos sujets feront leur commerce, et nous n'oublierons rien pour les porter à le fortifier de plus en plus lorsque l'établissement en sera fait. Nous avons aussi permis aux ingénieurs et architectes qui voudront suivre votre ambassadeur de faire avec lui le voyage de Perse. Il nous a fait d'autres propositions dont il vous rendra compte, et comme il est nécessaire, pour les exécuter, d'avoir une parfaite connaissance et des moyens qu'il
faut employer et du pays, que la prudence ne permet pas de s'engager dans aucune entreprise dont on ne puisse sortir avec honneur, nous voulons avant toutes choses être informé des mesures qu'il nous conviendra de prendre pour réussir suivant le désir et l'intérêt de Votre Majesté, notre gloire et la sienne. Nous chargerons donc l'ambassadeur que nous enverrons auprès d'Elle de nous rapporter un détail exact de tout ce que nous voulons savoir pour notre parfait éclaircissement.
Au reste nous sommes persuadé que Votre Majesté sera d'autant plus disposée à protéger comme Elle nous l'a promis les missionnaires établis dans son empire et ceux qui y passeront encore, que nous pouvons l'assurer que la doctrine sainte qu'ils enseignent obligent ceux qui la reçoivent à l'obéissance et à la fidélité la plus parfaite envers leurs souverains. Ainsi nous nous assurons aussi que vous leur accorderez toute la faveur qu'ils peuvent attendre de notre puissante recommandation. Nous souhaitons que le règne de Votre Majesté soit long et heureux, nous intéressant sensiblement à ses prospérités et priant Dieu qu'il veuille augmenter sa gloire avec fin bien heureuse.
Écrit en notre Palais impérial de Versailles, le 22 août 1715.
Signé : Louis.
N° il.
Deuxième lettre de Louis XIV au roi de Perse l.
Versailles, le 22 août 1715.
Très haut, très excellent, très puissant, très magnanime et invincible Prince, mon très cher et bon ami,