A. E. Perse, t. 3, f
2. Parmentier, Archives de Nevers, ou Inventaire historique des titres de ta Ville, Paris 1842, 2 vol. in-8, t. II, p. 221.
ville, ils se présentèrent ensuite à Son Excellence que M. Arvillon de Saint-Baudière, maire ancien perpétuel, harangua. Des présents consistant en livres de bougie blanche, orange, citrons et autres fruits furent offerts au Persan et, après avoir écouté les remerciements de l'ambassadeur, le maire et les échevins se retirèrent reconduits par Saint-Olon jusqu'à la porte de la rue. Le gentilhomme du roi se vit donner, pour sa part, douze perdrix, un levraut et trois douzaines de bouteilles de vin. Par ordre de la municipalité, des violons et des hautbois passèrent la journée et une partie de la nuit à charmer les oreilles de l'ambassadeur, et les sergents du quartier assemblés montèrent la garde à la porte de la maison de M. de Bèze du Ghollet.
Sans chercher à s'attarder davantage, Mehemet Riza Beg quitta Nevers le dimanche 20 janvier, et après avoir traversé La Charité, Caunes, Neuville, Briare, Montargis et Nemours, il atteignit Melun à la lueur de falots le 25 janvier \ Les officiers de la ville et la milice bourgeoise qui étaient allés à sa rencontre sur la route de Fontainebleau, à la Croix Saint-Jacques, l'escortèrent jusqu'à l'abbaye de Saint-Père où il s'arrêta. Porteur d'un bâton de commandement, tout comme un maréchal de France, l'ambassadeur
1. G. Leroy, Histoire de Melun, Melun 1887, 1 vol. in-4, p. 390.
était entouré de ses gens marchant en file indienne. Après le souper, les dames furent admises à le voir et il parut enchanté de leur empressement. Il les pria de danser, les fit déchausser et asseoir à ses côtés sur un tapis, « en tailleur » ou « en singe ». Il ne cessa naturellement de fumer aussi longtemps que durèrent la représentation et le bal. La soirée se prolongea jusqu'à deux heures du matin et Ton remarqua les attentions dont furent l'objet les plus jolies personnes. Mesdemoiselles Bavault et Madelon Besnard, fille du greffier de l'hôtel de ville, partagèrent ses faveurs. Le Persan n'avait pas échappé aux compliments et harangues du gouverneur, du corps de la ville et des magistrats de l'élection, mais il les écouta sans impatience et avec une figure assez aimable. Lorsque, le lendemain, il reprit la route de Paris, il fut salué par les compagnies bourgeoises de nouveau assemblées sous les armes. Son court séjour à Melun lui laissa donc d'agréables souvenirs, et la réponse du marquis de Torcy à sa lettre datée de Lyon, qui lui fut remise avant son départ, contribua à le bien disposer.
Écrit dans le style usité en de telles occurrences, le message du secrétaire d'État des Affaires étrangères devait flatter en effet sa vanité parles louanges qu'il lui prodiguait *.