Breteuil, Mémoires
n'incommodait pas Son Excellence ou ses compagnons accroupis sur les tapis. Les Français, par contre, assis sur des chaises et par conséquent plus élevés, en soutiraient terriblement.
Ces diverses transformations n'avaient pas coûté cher au trésor royal. Mais la dépense fut plus considérable lorsqu'il s'agit des bains de l'ambassadeur.
L'usage des bains était universel et fréquent en Perse, plus encore qu'en toute autre partie de l'Orient. Les Persans allaient au bain pour trois raisons : religion, santé et netteté, dit Chardin l : « La religion prescrit à tout homme souillé de « se laver le corps entier et il y a des supersti- « tieux qui vont au bain plusieurs fois par jour. « A l'égard de la santé, il faut convenir que le « bain est fort 'nécessaire pour dissiper toutes « les impuretés des humeurs qui prennent cours « par les pores de la peau que le bain tient « ouverts. Il faut aller souvent au bain pour « entretenir cette évaporation, car quand elle « est empêchée, comme il arrive lorsque les « pores sont rétrécis et bouchés, il vient d'in- « supportables démangeaisons, lesquelles on ne « peut mieux représenter que par l'engourdisse- « ment du pied ou de la main. Le remède prompt « et assuré pour cela est le bain, et si un Persan