‹ Une ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inéditsChapitre 93 sur 133 · A. E. Perse, t. 4, f · texte numérisé non relu

A. E. Perse, t. 4, f

2. L'expression signifie : désigner. Elle provient de ce que Ton « marquait » à la craie la porte des logements retenus pour le service du roi.

Persans, obtint, comme seule compensation, d'être à l'avenir exempt du logement des gardes du corps de Sa Majesté. L'indemnité fut oubliée car le roi et les ministres avaient changé.

Si l'on en juge, à vrai dire, par l'état où Son Excellence et ses gens laissèrent l'hôtel de la rue de Tournon, on peut croire que Lhomme eut fort à faire pour rendre sa maison habitable après le départ des Persans. Un contemporain, Jean Buvat l, ne note-t-il pas dans son journal que l'ambassadeur du Portugal, succédant à Mehemet Riza Beg dans l'hôtel de la rue de Tournon, fit des difficultés pour y rester « à cause de la puanteur « insupportable que Son Excellence y avait lais- « sée ainsi que ses gens, par leur malpropreté et « leurs superstitions ridicules. Gomme ces infidè- « les, ajoute Jean Buvat, avaient scrupule de « s'exposer dans les lieux communs de cet hôtel, « quoique très propres et très commodes pour « cet usage, ils jetaient leurs ordures dans un « tonneau qui s'en était trouvé rempli dans un « coin de la maison 2. »

1. Jean Buvat, né à Châlons ou dans les environs, le 4 juillet 1660. Écrivain à la bibliothèque du roi. Il se trouva mêlé comme copiste à la conspiration de Cellamare et la lit échouer en avertissant l'abbé Dubois et le régent. Il mourut le 30 avril 1729. Son Journal est curieux car il nous fait connaître les nouvelles des rues de Paris,

2. Journal de la Régence (1715-1723), par Jean Buvat, écrivain de la bibliothèque du roi, publié par Emile Gampardon, Paris 1885, 2 vol. in-8, tome 1, p. 38.

Il paraît que cet inconvénient ne gênait guère Mehemet Riza Beg puisque cet ambassadeur quitta, avec une vive répugnance et un profond chagrin, un hôtel si mal odorant. L'abbé Gaudereau mandait encore le 11 août à Torcy 1 qu'il ne lui paraissait pas aisé de déterminer le Persan à se retirer quelques jours dans une autre maison et « à l'empêcher de regarder comme « une injure la sortie de l'hôtel pour y faire place « à l'ambassadeur du Portugal. Le secrétaire « d'État n'était pas d'humeur à accepter des al- « garades et il ripostait aussitôt à Gaudereau : « Employez tous vos soins pour empêcher les « mauvaises difficultés que cet ambassadeur « pourrait faire, dont on se lasse à la fin, et je « serais fâché qu'étant sur le point de terminer « son ambassade, il reçût quelque désagrément « après tant de peines prises pour lui épargner << ceux que ses prétentions et son humeur au- « raient pu lui attirer en tout autre pays qu'en « France. Au surplus, écrivait le marquis de « Torcy, je ne sais pas pourquoi on a parlé à « l'ambassadeur de Perse de faire place à l'am- « bassadeur du Portugal ; ils n'ont rien de corn- « mun l'un avec l'autre, et quoiqu'il soit vrai que « l'ambassadeur du Portugal doive loger diman- « che prochain à l'hôtel des ambassadeurs, c'est

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