‹ Une année `a FlorenceChapitre 8 sur 148 · DEUXIÈME SYSTÈME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SYSTÈME

Celui-ci est de Sainlc-Foix, et, s'il n'a pas le mérite de la vraisemblance, il a au moins celui de l'originalité. Sainte- Foix, comme on le sait, était un homme de beaucoup d'imagination, qui n'aimait pas les bavaroises, et qui trouvait mauvais que les autres les aimassent. Il en résultait qu'il déjeunait ordinairement avec, des côtelettes et du vin de Champagne, et qu'il avait le tort d'écrire l'histoire après avuir déjeuné.

I n jour Sainte-Foix lut dans l'histoire de Ilun.e, que le duc de Montmoulll n'avait point élé exécuté comme on l'avait dit, mais qu'un de ses partisans qui lui ressemblait fort, ce qui cependant n'était pas facile à rencontrer, avait consenti a mourir i sa place, tandis que le fils naturel de Charles H, chez lequel on avait respecte le sang royal, tout illégitime

IMPRESSIONS DE VOYAGE.— UNE ANMÉE A FLORENCE

qu'il fût, avait été transféré secrètement en France pour y subir une prison perpétuelle.

A ce passage, Sainte-Foix, toujours en quête du romanesque, ouvrit de grands yeux et découvrit un petit volume anonyme el apocryphe intitulé : Amours de Chartes II et de Jacques II, rois d'Angleterre. Dans ce petit volume il était dit: << La nuit d'après la prétendue exécution du duc de Montmouth, le roi, accompagné de trois hommes, vint luimême le tirer de la tour. On lui couvrit la tète d'une espèce de capuchon, et le roi et les trois hommes entrèrent avec lui dans le carrosse. »

Un autre témoignage, bien plus important que celui du colonel Hellon, dans la bouche duquel l'auteur du petit volume met ce récit, était encore invoqué parSainte-Foix. Ce témoignage était celui du père Saunders, confesseur de Jacques II. En effet, le père Tournemine étant allé, avec le père Saunders, rendre visite à la duchesse de Montmouth, après la mort de cet ex-roi, il échappa à la duchesse de dire : » Quant à moi, je ne pardonnerai jamais au roi Jacques d'avoir laissé exécuter le duc de Montmouth, au mépris du serment qu'il avait fait sur l'hostie, près du lit de mort de Charles II, qui lui avait recommandé de ne jamais ôter la vie à son frère naturel, même en cas de révolte, n Mais à ces mots, le père Saunders interrompit la duchesse en lui disant : « Madame la duchesse, le roi Jacques a tenu son serment. »

Selon Sainte-Foix, l'homme au masque de fer ne serait donc autre que le duc de Montmouth, sauvé de l'échafaud par Jacques II, à qui Louis XIV aurait prêté presqu'en même temps les îles Sainte-Marguerite pour son frère, et Saint- Germain pour lui.

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