LE VOYAGE
Ne sont-elles qu'un rêve
Toutes ces molles plaines Qui s'inclinent et se relèvent
Autour des villes lointaines?
Ai-je rêvé ces sources vives Et ces tranquilles rivières Où se reposent la lumière Et les nuées qui me poursuivent?
Les ai-je donc rêvés tous ces grands paysages Qui m'ont tant fait battre le cœur A l'horizon de nos villages Dont les pavés cachent des fleurs?
24(i Marguerite Gillot
Mais faul-il oublier les rêves Qui n'ont que l'ombre pour amie, Ceux qu'un brusqne réveil achève?
Et ce soir, suis-je endormie Pour me croire si loin, dans un si beau voyage
Quand je me sais au coin du feu?
Derrière les carreaux l'habituel paysage Porte sous un ciel noir le deuil noir du ciel bleu, Et voici le coussin que chaque soir j'apporte, Mon chien vient s'v coucher. Il garde la maison. Que ne garde-t-il pas mon cœur qu'un rêve emporte
Sans apparence de raison?
Où vais-je?où vais-je ainsi?... Sans m'en aller, où vais-je, Est-ce donc loi, mon cœur, qui t'éloignes de moi?
Quel est l'espoir qui te protège?...
Hélas, si tu me fuis, que puis-je contre toi?