SCÈNE VIL
ROGER
Quelle tournure !
BERTAUDIN , les contrefaisant.
Ah! ah! ah! ah! ah! ah! qu'est-ce à dire?
MARGUERITE
En effet, Vous avez bien, voisin, la plus drôle démine...
TOUS, riant.
Ah! ah! ah! ah! ah! ah!
BERTAUDIN, froidement, ôtant son tablier et son bonnet de coton.
Ah ! je vois ce que c'est :
Ma commère, à l'instant je sors de la cuisine, Où j'e'tais dans mon coup de feu ; Je composais.
MARGUERITE , an Roi et à Roger.
Sachez que mon compère Est en ces lieux bailli , cuisinier et notaire.
LE ROI
Vous êtes du pays le factotum ?
BERTAUDIN , avec dignité.
Un peu ; Je cumule. Messieurs, veuillez enfin m'apprendre
Ce que vous désirez de moi.
Vous êtes , m'a-t-ondit, de la suite du Roi?
LE ROI
A cet honneur nous ne pouvons pre'tendre.
BERTAUDIN.
Comment?
LE ROI
Mais nous osons attendre D'exercer nos talens une permission.
BERTAUDIN.
Eh quoi! vous re'clamez , Messieurs, protection, Et vous riez de celui qui la donne !
Excusez-nous.
BERTAUDIN.
Que je pardonne A vos ris indécens ! c'est bien ! Messieurs, c'est bien ! Ah ! vous n'êtes donc pas des seigneurs d'importance?
LE ROI
Non, nous faisons des vers.
BERTAUDIN, a p»rt.
Ce sont des gens de rien ; Faisons-leur sentir ma puissance.
(Haut.)
Ah ! ces Messieurs sont railleurs , je le voi.
( Il prend un air magistral. )
Vous êtes étrangers, j'ai droit de surveillance; Vous allez m'a t tendre chez moi.
ROGER
Mais...
BERTAUDIN.
Jusques au moment d'avoir votre audience.
ROGER
Cependant...
Cependant !.. entrez donc , s'il vous plaît.
LE ROI , bas a Roger.
Essayons de l'obéissance :
Je ne suis pas fâche' de savoir ce que c'est.
(Le Roi et Roger entrent chez Bertaudin , escortés de quelques paysans. )