SCENE XVII
j.es mêmes, BERTAUDIN^ au milieu d'un groupe de jeunes tilles qui parlent toutes à la fois.
BERTAUDIN.
Boni... on y fera droit.... silence!
Silence ! chut ! . . .
LUCETTE
Taisons-nous.
BERTAUDUN.
l'ai voulu , comme il est d'usage , Vous donner ici rendez-vous.
Je dois proclamer la plus sage ; Mais comment choisir entre vous ?...
(Ici , murmure.)
Vous murmurez... point de rancune :
D'être rosière ici personne n'a le droit ;
36 UNE AVElNTURE DE CHARLES V,
Mais , à quelque prix que ce soit , Il faut que parmi vous j'en puisse trouver une.
TOUTES, h la fois.
Ce sera moi.
J'étais irrésolu.
(Montrant Marguerite.)
Du conseil du canton ayant pris l'assistance , Pour m'arranger avec ma conscience,
Ecoutez ce que j'ai conclu.
Aux grands maux , un remède extrême :
En présentant notre rosière au Roi,
Il faut dire , d'après la loi ,
« Sire, c'est la sagesse même. »
Or , puis-je faire un tel serment
Sansblesser mon propre système?...
Oui, sans doute; voici comment :
Quand je dis, Elle est sage, et qu'enfin je l'assure,
Je n'ajoute pas depuis quand.
\ oyez où peut mener cette adroite tournure. Oui , maintenant l'honneur du canton est sauvé
Par ce biais que j'ai trouve'.
JULIENNE
La rose enfin sera donne'e?
BERTAUDIN.
Oui; mais par un serment vous allez m'assurer Que vous serez au moins sages une journée. Est-ce trop long?
LLCETTE , après avoir délibéré avec les autres jeunes lilles.
Cela peut se jurer.
TODTES.
iSous jurons...
BERTAUDIN.
Il me faut encore une assurance.
JULIEX.NE.
Encor ? quoi vous doutez de nous ?