‹ Une aventure de Charles V; ou, La rosière par ordonnance; comédie en un acte, en vers libresChapitre 46 sur 48 · SCÈNE XXIX ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIX ET DERNIÈRE

TOUT LE MONDE

Toil

J'en fais le village arbitre.

Si j'avais eu vingt ans, j'aurais le prix , je croi ; Il me manque deux ans, mais avec un tel titre

(montrant son papier. )

Je suis sage de par le Roi.

TOUT LE MONDE

Elle est sage... de par le Roi !

LE ROI , à Rose.

Je suis loin d'approuver une pareille ruse.

(A part.)

Ses dix-huit ans sont pourtant une excuse.

ROSE, au Roi , timidement.

A recevoir le prix je ne puis aspirer , Si votre bouche ne l'assure.

Parlez, Sire, dois-je espe'rer

(Montrant plus timidement le papier.)

Que vous ferez honneur à votre signature '

BERTACDIN.

A son discours je n'entends pas un mot. Ah î çà , que veut-elle donc dire?

LE ROI

Plus tard , bailli , l'on pourra vous instruire.

( A Rose. )

Puisque votre âge est votre seul défaut , Mon enfant , vous aurez la rose ; Mais peut-être il pourra vous manquer quelquechose.

ROSE

Quoi donc?

LE ROI

Le mari.

ROSE , allant prendre le Lias de Bélanger.

Non , j'ai tout ce qu'il me f; Aux réglemens parfois je sais être docile.

LE ROI

L'espiègle ! Mais , dites-moi :

Comment avez-vous su quej'e'tais votre Roi?

ROSE

Cela n'e'tait pas difficile.

Tantôt...

LE ROI

Eh bien?

ROSE

Je vous suivais de loin ; De vos bienfaits je fus te'moin :

De nos pauvres ici vous visitiez l'asile ; Moi, je vous contemplais e'tant au milieu d'eux.

LE ROI

Oui, je soulageais leur souffrance.

Je vous vis faire des heureux...

J'ai deviné le roi de France.

Page 1