THERME, LE CHEVALIER
LE CHEVALIER
Oui, j'en dois convenir, ta ne m'as pas trompé.
D'un sentiment profond son cœur est occupé ;
El si tu me sers bien , la sensible marquise ,
Au gré de mes désirs , sera bientôt soumise.
Sais-tu qu'elle est charmante, et que de ses beaux yeux,
De ses traits séduisants, je suis presque amoureux?
Mais je l'empêcherai de me tourner la tête.
THERME
El comment?
LE CHEVALIER
En faisant au plus tôt sa conquête.
Va , dès qu'on lui ravit le bonheur d'espérer, L'amant le plus épris cesse de délirer. Le bonheur seul rend sage.
THERME
Ah î l'on doit vous en croire , Car chez vous la raison vient avec la victoire.
LE CHEVALIER
C'est bon ; de celle-ci songeons à profiter. As-tu là le billet que je viens de dicter?
THERME
Oui , monsieur, j'en ai fait une belle copie, Voulez-vous la signer ?
LE CHEVALIER
Je n'en ai nulle envie , L'auteur de cet avis doit rester inconnu.
Oq, si non. ... tu m'entends ! (il le menace du geste.)
THERME
Fort bien , c'est convenu.
Lorsque He l'ortliofifraphe on n'a pas Thabilude, De serabiahies t crits dernandenl de Télude. Je vais me [ire encor pour plus de sûreté. (Il lit)
«A monsieur, monsieur le capitaine des gardes de son )) aitesse madame Royale.»
L'adresse me paraît fort bien en vérité !
LE CHEVALIER
Poursuis.
THERME lit.
« Monsieur le capitaine est averti que par suite d'une que- )> relie survenue ce soir entre le marquis de Sénante et le cbe- » valier de Matta , ces messieurs se sont donné rendez-vous » demain matin sur les remparts. »
LE CHEVALIER, à paît.
Je vois d ici l'effet de celte lettre.
THERME , rêvant.
Demain sur les remparts.
ISe va p.is la remettre Toi-même, il faut qu'un autre ait soin de ia porter.
THERME, téranl toujours.
Oui, monsieur....;
LE CHFVALIER.
Allons , pars.
THERME
Mais...
LE CHEVALIER
Qui peut t'arréter?
THFRME.
Je veux être pendu si i'enteiuls cjuelque chose A ces contes en l'air que voire esprit snpp'^se. Car jamais le Marquis et monsieur de Matta