ACTE II, SCEXE VIT
LA MARgUîSE.
Mais vous la pressez trop , son cœur est combattu P.irtous ies seiitlnuiits (ju'un tel pi oje» inspire. Eiie a trop à penser pour avoir rien à dire.
MERVILLE
Eh! mais, en pareil cas le si-ence n'pond.
LA MARQUISE a\ ec impatience à Merville,
Vraiment , par sa bonté voire avis me ronlond. Mais poui' nous le donner atlendez qu on l'exige.
LE MXRQUIS.
Non , en parlant ainsi francbement il m'oblige. Car malgré son sang-froid , je craignais en secret Que de ce mariage il n'eût quelque regret.
DELPHINE avec vivacité.
Vous étiez sur ce point dans une erreur bien grande.
LA MARQUISE
Mais vous en dites là , plus qu on ne vous demande.
DELPHINE
Non , madame , et je veux dans ce même moment,
Décider démon sort irrévocablement.
Puisqu à former ces nœuds ici chacun m'engage,
J'aurais tort de vouloir différer davantage j
Ainsi mon oncle peut disposer de ma main ,
Et pour vous plaire à tous , s'il le faut dès demain ,
J'épouserai celui que son choix me destine.
(A part.)
Je l'ai bien mérité , malheureuse Delphine ! (Elle sort en pleurant.)
LE MARQUIS
Eh bien!...
MERVILLE , àlaMarqnise.
Vous Fentendez , je suis au désespoir, Et je vous jure ici de ne pins la revoir, (iisort.)
LA MARQUISE
Ces menaces d'amants ne sont pas fort à craindre; Mais allons consoler des deux le plus à plaindre.
(Elle passe dans l'appartement de Delphine.)