LA MARQUISE, DELPHINE
LA MARQUISE
Allons , prenez courage , et ne yous livrez pins Aux reproches cruels , aux regrets superflus. Contre vous, mon enfant, vous êtes trop sévère 5 Ln instant, j'en conviens, vous parûtes légère, Et le plus tendre amant put se croire offensé j Mais A'ous Taimez encor, et tout est effacé. Hors le crime odieux qu on nomme indifférence, Tous les torts en amour sont pardonnes d'avance.
DELPHINE
Ah ! dans mon triste cœur vous ranimez Tespoir. Pourtant il a juré de ne plus me revoir.
LA MARQUISE
Sans doute, et c'est pourquoi je Tattends dans une heure.
DELPHINE
Vous Tattendez , vraiment?
LA MARQUISE
Pensez-vous qu'il demeure Long-temps sans revenir s'informer de l'effet Qu'a produit son dépit, et savoir ce qu'on fait Pour hâter le moment que son amour redoute? De son retour vers vous , ah î n'ayez aucun doute. Sans même l'éclairer sur ce que vous pensez, Vos yeux , votre pâleur, en diront bien assez Pour ôter de son cœur l'inquiétude affreuse , De vous croire jamais avec un autre heureuse.
Hélas ! il est trop vrai, Merville —
5o UNE aventuj;e de grammoist.
LA MARQUISE
En ce moment, II s'agit beaucoup moins d'apaiser un amant , Que d'amener votre oncle à rompre l'alliance , Qui lui semblait devoir combler votre espérance. C'est à vous , mon amie , à tenter ce succès , Vous aurez dans son cœur facilement accès. Il eut toujours pour vous une tendresse extrême j Parlez-lui de Merville, avouez qu'il vous aime, Qu'un instant de dépit vous éloigna de lui , Mais qu'un sincère amour vous ramène aujourd'hui. Enfin , dites-lui bien , qu'aux regrets condamnée , Vous seriez loin de nous , sans cesse infortunée. Si ce motif touchant sur lui ne gagne rien , Fiez-vous à mon cœur pour trouver un moyen De lui faire, avant peu , retirer sa parole , Pour vous choisir ensuite un mari moins frivole. Mais on vient.,.. C est votre oncle , adieu, comptez sur moi.
DELPHINE
Pour tant d'aimables soins , ah .' combien je vous doi !