‹ Une bonne réputation, comédie en un acte, en proseChapitre 30 sur 52 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

Hein ?

MARTEAU

J\ous demande.

BOURDET

Non... non... mais il n'y a jamais de mal à prendre

des précautions.

MARTEAU, à part,

V'ià la première fois qu'il y pense !...

BOURDET

Ton fusil de chasse est-il en état ? toujours chargé ?

MARTEAU

Au gros sel.

BOURDET

Tu y mettras des balles.

MARTRAU.

Et en avoir?

BOURDET

Tu en achèteras... non... je ne veux pas qu'on sache... tu en feras... il y a en bas un moule à balles, et avec du vieux plomb... la gouttière qu'on a remplacée dernièrement...

MARTEAU

C'est dit.

A quelle heure te couches-tu ?

MARTEAU

D'ordinaire avec le soleil.

BOURDET

Paresseux ! A l'avenir, tu ne te mettras au lit qu'à minuit...

MARTEAU

A ménuit !

BOURDET

Au plus tôt.

MARTEAU

Mais, m'sieur, j'vas m'périr... avant un mois j*irai à mon enterrement.

BOURDET

Tu diras à ton frère Thomas de venir le remplacer pendant ton sommeil... je veux toujours avoir du monde sur pied... et arme aux bras.

MARTEAU

Quoi qu'tôut ça veut dire ? Enfin, on vous obéira.

BOURDET

Tu ne déménageras pas mes livres du pavillon...

Non, m'sieur.

BOURDET

Au contraire, tu y reporteras mon lit... j'y coucherai ce soir.

MARTEAU

Oui, m'sieur*

BOURDET

' Tu vas prendre ta bêche et tu creuseras un trou, un grand trou, Irès-profond, sous la fenêtre.

MARTEAU

Oui, m'sieur.

BOURDET

El U\ ne le diras à personne.

MARTEAU

Non. m'sieur.

BOURDET

Tu vas m'aider à poriiM* ce coffre d.uis le pavillon...

martk.au.

Ah! j'vois... c'est pour c'colfre fort.

Page 1