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UNE CÉRÉMONIE DE MARIAGE AD TONKIN

c’est de donner un an d âge à leur enfant à partir du moment de sa naissance et de tenir compte, pour le dénombrement de ses années, non pas du jour où il est venu au monde, mais du premier de l’an du calendrier chinois. Voici un exemple : un enfant naît le 51 janvier; si ce jour-là même vous demandez à sa mère l’àge qu’il a, elle vous répondra un an. Le jour de l’an annamite tombant dans les environs du 15 février, retournez après cette date (vers le 17 par exemple) dans la même famille et demandez de nouveau l’âge de l’enfant : on vous répondra cette fois qu’il a deux ans, tandis qu en réalité il ne compte guère plus de quinze jours. C’est pourquoi il ne faut tenir qu’un compte approximatif des renseignements que fournit un Annamite sur son âge et sur celui de ses enfants.

Les Tonkinois ont une autre coutume, tout aussi singulière que la première et qui est pour les Européens une cause d’embarras : c’est celle de changer deux ou trois fois de noms au moins. L’enfant mâle est seul inscrit sur le registre de la commune, et encore lorsqu’il a atteint l’âge viril et qu il peut en être tenu compte pour les corvées ou pour les charges militaires; jusque-là, il n’existe pas pour la société. Les parents, dès qu’il commence à marcher, lui donnent un nom provisoire qu’on appelle le têntuc ou nom vulgaire. La coutume est de choisir ce nom dans le calendrier chinois parmi les caractères servant à désigner les degrés du cycle décimal ou du cycle duodénaire qui constituent ce calendrier; on donne ce nom aux filles comme aux garçons. 11 y a par exemple : Niaa-lYgo (le petit buffle), Niau-Mui (la petite chèvre) ; ou encore Niau-Ti (le petit rat), Mau-Dan (la petite poule), etc., etc. Très souvent on désigne dans l’intimité les enfants par leur numéro d’ordre.

Les filles conservent ordinairement le nom provisoire jusqu’au mariage, a moins qu’elles n’aient reçu de leurs familles un surnom en rapport avec les événements qui se sont passés à la fin de leur première enfance. Quant aux garçons, dès qu’ils ont atteint l’âge de puberté, on leur donne un second nom, le ten-goi ou appellatif. Ce nom est choisi soigneusement parmi les caractères de l’écriture chinoise, selon les aptitudes du jeune homme ou selon les sentiments que ses parents nourrissent à son endroit. Ainsi on l’appelle Lmh ou « spirituel », Hoa qui veut dire « concorde », etc., etc.

On ajoute souvent au ten-goi deux noms fictifs dont le premier est pris parmi les noms des huit ou neuf grandes familles du royaume et dont le second n’est autre que les deux litres r an et vu (lettres et armes) qui indiquent la noblesse du pays. Ainsi on dira N guym-vu-Linh , Lé-vanlloa , etc.

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