‹ Une campagne laïqueChapitre 1 sur 27 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

En 1897, une affaire, qui touchait Farinée dans ses bureaux et ses conseils de guerre, émut le pays. Pour Tardeur des passions qu'elle souleva, elle jne peut être comparée qu'à celle de la bulle UnigenituSy survenue cent soixante-quatorze ans auparavant et qui fut aussi, j'ai plaisir à le dire, une querelle des Français sur le juste et l'injuste. L'affaire de 1897, sortie d'un jugement secret, avait cela de dangereux, que le mystère dont elle était environnée favorisait le mensonge. A son origine, on trouve les antisémites, qui travaillaient depuis quelque temps la France paisible. Et, qu'il se soit rencontré, par Jes temps calmes, chez un peuple aimable et tolérant, des hommes pour réveiller les vieilles haines de races et fomenter des guerres de religion, ce serait un sujet d etonnement, si Ton ne savait d'où venaient ces hommes et si Ton ne reconnaissait en eux des missionnaires de TÉglise romaine. Aux antisémites se joignit bientôt un parti nombreux, le parti noir, qui, dans les salons, dans les faubourgs, dans les campagnes, semait des bruits sinistres, soufflait des nouvelles alarmantes, parlait de complot et de trahison, inquiétait le peuple dans son patriotisme, le troublait dans

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