‹ Une campagne laïqueChapitre 18 sur 27 · PREFACE XXIX · texte numérisé non relu

PREFACE XXIX

ment confessionnelles,* laissera encore, durant un certain nombre d'années, renseignement primaire qu'elle a retiré aux congrégations non reconnues. Je le prendrai dans rinstitut religieux le plus fréquent en écoles, le plus abondant en élèves que possède notre pays, si riche en œuvres monacales. Ce n'est rien, ce n'est qu'un mot. Mais il vaut qu'on le rapporte avec toute l'exactitude possible. Voici :

Dans 1 ^automne de 1895, me trouvant à Saint-Emilion, j'allai visiter la maison de madame Bouquey. Cette dame, on le sait, cacha pendant un mois, dans une galerie souterraine, sept Girondins proscrits. Son dévouement la perdit et ne les sauva pas. Elle fut guillotinée à Bordeaux. Valady, Salle, Guadet et Barbaroux périrent à la même place. Buzot et Pétion se donnèrent la mort dans un champ de seigle où leurs corps furent retrouvés à demi dévorés. Louvet seul échappa. Quand je vins, il y a sept ans, à la vieille maison Bouquey, basse, sous son toit de tuiles, et qui regarde tristement les buis et les ifs d'un maigre jardin clos, les frères ignorantins y tenaient une école. Elle était déserte en ces jours de vacances. Le supérieur me reçut.

C'était un petit vieillard à rœil vif, à la parole claire et brève. Il nie conduisit obligeamment dans le logis dont les dispositions n^ont guère été changées depuis le départ de madame Bouquey. Une des chambres a gardé sa cheminée du dix-huitième siècle, où l'on voit, sur le bandeau de marbre blanc, dans un cadre de perles, le B des Bouquey. Le Frère supérieur me dit qu'il avait beaucoup entendu parler de cette dame, et que môme uti avocat de Bordeaux lui avait donné un livre où il était question dolle. Nous descendîmes dans une galerie de calcaire dont les parois blanches s'éclairaient d'un jour livide.

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