‹ Une campagne laïqueChapitre 3 sur 27 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

partout répandus, les jésuites, dont l'avocat Pasquier di-« sait, au temps d'Henri IV, qu'ils ne tendaient qu'à la désolation de TEtat, les jésuites, « premiers boute-feux » de nos troubles. Qu'ils aient dirigé les entreprises des antisémites au début de l'Affaire, ce n'est guère douteux. On les surprend ensuite nouant des intrigues dans les bureaux de la Guerre pour sauver ces désespérés, qui suaient le sang à étouffer la vérité. Aussi bien les jésuites y avaient-ils un intérêt sacré. Ils comptaient sur l'Affaire pour réparer le crime de l'Assemblée constituante, et fondaient cette espérance sur la trahison d'un juif, qu'elle déterminerait la France indignée et épouvantée à retirer les droits civils aux juifs et aux protestants et à rétablir ainsi dans ses lois l'unité d'obédience au profit des catholiques romains. Il semble qu'ils aient pris moins de soin qu'à l'ordinaire de se cacher. C'est peut-être que le Père Du Lac ise montra peu capable de dissimulation, ou bien qu'ils se croyaient trop sûrs de réussir, ayant, pour cette fois, dans leurs intérêts leurs ennemis eux-mêmes, une foule de libres-penseurs et de républicains.

L'ordre de saint Dominique, institué pour combattre l'hérésie, se retrouvafidèle à sa mission première. Sesprédicateurs tonnèrent avec un éclat formidable, et non toutefois sans précaution. Ils commençaient à être contents de la République et ils attendaient de grands biens du ministère Méline: Un frère prêcheur, le PèreMaumus, le dit expressément dans son livre sur Les Cniholiques et les Libertés politiques : « La politique du cabinet sera, si elle triomphe, infiniment plus avantageuse à l'Eglise que ne le serait un retour à l'ancien régime. »

Cependant, d'un plus robuste effort que le Gesù et que les Frères prêcheurs les Assomptionnistes travaillaient à la

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