ET QUE FAIRE
Que faire ^
Trois choses.
La répression de Vanarchie naissante. Je ne reviendrai pas sur ce qui a été indiqué sur ce point.
La mise en ordre de la guerre par rapport à une idée, à une idée active, à une idée dynamique, déjà reçue dans la faveur de l'opinion : la possession du Rhin français, possession en toute propriété de la Sarre, et, comme l'a indiqué M. Babelon, protectorat sur le reste.
L'association du combattant, puis de tout le pays, aux bénéfices de la victoire, par la constitution de la part de prise du Poilu et, en attendant que le front boche soit brisé, l'octroi de hautes primes aux corps d'élite qui reviennent d'un coup de main victorieux.
Notre journal, notre public pourra paraître peu de chose numériquement dans la masse énorme du public national français. Tout de même il a cette qualité, de voir juste, et, dès qu'il se sent dans le vrai, de passer à l'acte. A peine ai-je proposé à nos amis la constitution d'une Caisse nationale de primes militaires devant servir d'amorce à la Part du poilu, qu'ils m'ont déjà envoyé plu^ de deux mille francs, exactement deux mille dix francs.
Le Rhin est une idée. Tout le monde y vient. Nous étions seuls, voilà deux ans, avec Barrés et quelques autres, à montrer cette antique pente des directions de l'État français. L'instinct national y court maintenant
comme un fleuve, tant il a compris que l'on ne pouvait multiplier indéfiniment de si lourds sacrifices sans en concevoir avec précision le but et le prix, sans fixer ce but et ce prix dans la zone des nécessités éternelles de la patrie et des convoitises constantes de notre race.
L'idée des prises et des primes militaires fait une fortune officielle brillante. Nous en trouvons une nouvelle preuve dans l'accueil favorable fait par le gouvernement à la proposition de M. André Lefèvre. Cette proposition avait pour objet d'allouer des récompenses à ceux qui auront capturé ou détruit des sous-marins ennemis.
Nous sommes loin de nous plaindre de voir l'utile désir de réforme commencer par l'armée de mer. Nous en sommes ravis.