‹ Une cause célèbre; drame en six partiesChapitre 4 sur 102 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

CHAMBORAN

Mais, tranquillisez-vous, il lui en reste un autre. Ça ne sera rien, ça ne sera rien.

MARTHE

Si ce sont là vos bonnes nouvelles!

MADELEINE

Mais lui! mon mari?...

CHAMBORAN

Jean Renaud!... frais comme une rose et brave comme un lion. Les balles ne le touchent jamais. Quand elles pleuvent autour de lui, il les attrape au vol et les met dans sa poche.

MADELEINE

Ah! quelle joie vous me donnez!... Mais dites-nous donc comment il se fait?...

CHAMBORAN

Que je tombe ici au milieu de la nuit? Un hasard... Nous escortons depuis ce matin un convoi de munitions et, juste, c’était notre chemin de passer par Mortagne.

MADELEINE

C’est bien heureux!...

CHAMBORAN

Quand j’ai aperçu notre vieux clocher qui brillait au clair de la lune, ça m’a fait battre le cœur. Halte! ai-je crié à mes hommes, je vous donne cinq minutes pour vous reposer à la belle etoile, moi, pendant ce temps-là, je vais serrer la main aux amis et connaissances et je commence par vous, madame Renaud.

MADELEINE

C’est bien à VOUS d’avoir pensé... (Lui prenant son fusil.) Mais reposez-vous un peu.

Ce n’est pas de refus, car il y a encore une bonne étape avant d’arriver au camp.

madeleine.

Qu’est-ce que je pourrais bien vous offrir? (Allant au buffet.) Un bon verre de vin?

Cil A M BOR AN.

Accepté. (Madeleine lui verse.) A la santé des absents!

Et vos pauvres soldats qui sont à la belle étoile?

CHAMBORAN

Bah! le serein ne leur fait pas peur, et c’est à qui leur apportera de quoi se réchauffer.

LOUISE

Eh bien ! sergent, avec votre permission, nous allons faire comme les autres.

CHAMBORAN, les reconduisant.

Allez, allez, mes braves femmes, et ne vous désolez pas des petits malheurs de la guerre, des bras, des jambes et des nez emportés, ça ne sera rien, je vous dis, ça ne sera rien !...

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