TROISIÈME PARTIE
LA CHANOINESSE
Ta voudrais rester auprès d’ Adrienne, n’est-ce pas?
Oh ! oui, madame.
LA CHANOINESSE, haut.
Adrienne, veux-tu que je te laisse Valentinepour quelques jours?
ADRIENNE
Oh! oui, madame.
LA CHANOINESSE
Eh! bien, garde-la, je te la reprendrai quand tu seras mariée.
ADRIENNE
Ah! madame...
Pendant ces derniers mots, le sergent est entré par le fond à gauche : Joseph, rentré avec lui, lui désigne Raoul.
LE DUC
Qu’y a-t-il?
LE SERGENT
Je viens prévenir M. le lieutenant de l’arrivée du convoi qu’il attendait.
LA CHANOINESSE
Quel convoi ?
RAOUL
Des galériens qui sont envoyés à Toulon et que je suis
Chargé de conduire. (La chanoinesse va regarder au fond avec les jeunes filles. Raoul, au sergent.) Faites continuer la marche, je vous rejoindrai.
LE SERGENT
Pardon, mon lieutenant, la chaleur est accablante, je demande pour nos hommes quelques instants de repos et aussi pour... les autres.
LA CHANOINESSE, au fond.
Voyez, voyez... les voilà tous couchés sur la route, en plein soleil.
ADRIENNE
Cela fait peine à voir.
V ALENT1NE.
Et pas un arbre pour les abriter.
LA CHANOINESSE
Des arbres!.,, mais en voilà de superbes : que ces malheureux entrent ici et s’y reposent pendant quelques instants.
LE DUC
Comment... vous livrez mon parc à ces misérables
LA CHANOINESSE
Ils soutirent, général! et d’ailleurs les soldats qui les escortent méritent bien quelques égards.
ADRIENNE
Oh! mon père ne demande pas mieux...
LE DUC, cédant.
Allons, Raoul, donnons des ordres.
Ils sortent.
LA CHANOINESSE, à Valentine en lui donnant sa bourse.
Tiens, prends cette bourse, je ne sais pas ce qu’il y a dedans, mais c’est lourd... et cela me gène...
VALENTIN E
Je comprends!... Merci, madame.
ADRIENNE
Une bourse!... j’ai aussi la mienne.