V A LE N T I N E
Adrienne, essuie tes larmes et calme-toi, je t’en conjure.
ADRIENNE
Tu veux que je rue calme, que je cesse de pleurer ! Efface alors le souvenir de ma pensée et le désespoir de mon âme!... Que je me calme! Mais songes-y donc, Valentine, tandis que je vivais heureuse, au mili u de la richesse et du luxe, entourée des soins les plus touchants, de l’affection la plus tendre, il traînait, lui, mon père, son existence misérable et honteuse, parmi les plus vils criminels, courbé sous le poids de ses lourdes chaînes et de sa honte plus pesante encore: D’autres ont été victimes comme lui de l’erreur des juges : ceux-là n’accusent que le destin et leurs pensées se reposent avec amour sur leur famille, sur leurs enfants... mais lui, plus misérable cent fois, c’est sa fille qui l’a jeté dans cet abîme! Et il me pardonnait tout à l’heure, et ses mains tremblantes