‹ Une cause célèbre; drame en six partiesChapitre 63 sur 102 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, CHAMBORAN.

CHAMBORAN

11 te le défend par ma voix, Adrienne,

ADRIENNE

Que dis-tu?

CHAMBORAN

Ce qu’il m’a chargé de te répéter, car j’ai pu le revoir, et quand je lui ai dit : pauvre ami, le ciel a été sans miséricorde pour toi! Le ciel, m’a-t-il répondu, le ciel vient de me payer presque toutes les larmes que l’injuste sentence des hommes m’a fait répandre... Au lieu de me faire retrouver misérable et pauvre l’enfant que j’avais laissée sans soutien, sans asile, c’est une belle et radieuse jeune fille qu’il m’a rendue... Je la voyais, pendant ma dure captivité, errante et mendiant son pain et je la retrouve entourée de luxe, de soins et de tendresse? Tu vois bien que si c’est Dieu qui m’a envoyé mes souffrances, je dois encore le bénir ; il m’a rendu plus qu’il ne m’a pris.

ADRIENNE

Ah ! mon père ! il oublie toutes les douleurs de sa vie

et ne voit plus que les joies qui ont accompagné la mienne.

y ALENTINE.

Eh bien, peux-tu penser encore qu’il approuve ces amers reproches que tu t’adressais à toi-même ?

> CHAMBORAN

Non, qu’elle ne s’accuse pas, m’a-t-il dit, chère fille bien-aimée !... Ce n’est pas elle qui a causé ma perte, ce sont les hommes qui l’ont forcée de déposer contre moi, c’est cette loi cruelle qui, outrageant la nature, permet que l’enfant témoigne contre son père.

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