SCÈNE I
CLÉRAMBEAU, AUNE, entrant virement.
A lins , causant avec son père.
C'est donc une lettre de mon parrain , M. de Saim-Geran?
CLÉRAMBEAU.
Oui, ma Tille... cent fois, oui... Son domestique vient de me l'apporter.
ALINE
Et vous ne me l'avez pas montrée!.. Ce sont donc de mauvaises nouvelles?
CLERAMBEAU.
Plût au ciel!
ALINE
Comment cela?
CLERAMBEAU.
Comment! comment!.. C’est que lorsque j'ai fait une promesse, je la tiens, et j'avais promis que je vous marierais... si ton cousin...
ALINE
Obtenait la croix d'honneur.., (Avec joie.) Eh bien?
cléhambeau , avec humeur.
Eh bien ! il est nommé...
ALINE
Est-il possible? Et cela vous fiche?
CLÉRAUBEAU.
Non; mais je croyais... j’espérais que ce serait plus difficile... Avec ce diable de Saim-Geran , on ne peut jamais compter sur un obstacle ! Il est sa caution, il répond de tout... Je lui avais parlé en l'air des articles, il les a rédigés... il a prévenu le notaire et le peu d'amis que nous avons à Paris... et il veut que l’on signe le contrat dès ce soir, attendu qu'après-demain il part., il s’embarque pour la Martinique.
ALINE
Il faut alors se bâter... Il a raison, ça ne peut pas se passer sans lui.
CLÉRAMBEAU.
Certainement, mais tout cela va trop vite...
J'aime à être heureux à mon aise ; et quand on ne me prévient pas d'avance... quand je suis pressé... je ne m'y reconnais plus; rien ne sera prêt.
ALINE
Parce que vous ne le voulez pas , mon papa!
et ce n’est pas bien... Je ne vous dis pas cela pour vous gronder... niais quand on fait les choses même malgré soi.il faut les faire de bonne grâce. Qu'est-ce que vousavezà reprochera mon cousin ?
clébamueau, avec humeur.
Ce que j’ai ?..
N’est-cc pas nn homme d’honneur... un homme (le talent que tout le monde estime ?
CLÉRAMBEAU, avec colère.
Ce que j’ai?..
ALINE
Est-ce que ce n’est pas le fils de votre frère bien-aimé... celai que vous avez élevé?., le seul parent qui vous reste ?.. Est -ce que pour vous et pour moi il ne se jetterait pas an feu?
CLÉRAMBEAU, hors <le lui.
Ce que j’ai?., c’est que tu l’aimes trop.
ALINE
C'est votre faute... c’est vous qui en êtes cause! parce que vous n'étes pas juste enverslui. Alors en revanche et pour le dédommager...
ainsi, prenez-y garde, il nclientqu'à vous que cela augmente... Tandis qu’au contraire, si vous lui faisiez bou accueil et un peu d’amitié...
CLÉRAUBEAU.
Tu crois?
UN DOMESTIQUE, annonçant.
M. d'Albret.
ALINE, il demi-voix.
Le voici. Allez au-devaut lui... tendez-ioi h main et embrasscz-le...
CLÉRAUBEAU , avec embarras et a demi-voix.
Quoi? tu veux que...
ALINE , de même.
A moins qne vous n’aimiez mieux que...
CLÉRAUBEAU , vivement.
Non , non... (Courant au-devant d'Emmerle qui entre.) Mon ami , mon cher neveu...