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Une chaire de médecine au 15e siècle

Jean-Mathieu Ferrari da Grado (Johannes Matheus de Ferrariis de Gradi)' naquit à Milan dans les dernières années du xiv« siècle. Il était fils de Jean Ferrari qui fut membre du collège des médecins de Milan.

Contrairement à ce qui a été dit par ses biographes, le nom de Grado ne lui venait pas du lieu de sa naissance, il était porté depuis longtemps par une famille dont l'histoire de Milan fait mention au xui° et au xiv^ siècle ^

Un oncle de Jean-Mathieu fut prieur de l'abbaye de Miramondo et mourut en 1400 ^

Son frère Reventinus était notaire ducal et dressa, en

1. Il est aussi désigné sous la forme latine ex Ferrariis ou Ferrarius de Gradibus.

2. Voir l'ouvrage de Fagnano conservé à la Bibliothèque ambrosiennne, L. F. t. H, p 127 et sq.

3. Dans la description de cette abbaye se trouve le passage suivant:

<■ Questo stomma, si vedc spcsso accoppiato coU'iscrizionc F. Julius de Fen-arii.i df Gradi e come sappiano, appartiene a quale illustre l'amiglia De

1450, l'acte complémentaire de la donation de Filippe-Marie Visconti à François Sforza.

Son oncle Antoine fut professeur à la Faculté de médecine de Pavie; il avait succédé à Pierre Rainoldi en 1387.

Enfin son neveu, Jean-Antoine, fut médecin delà duchesse Bone de Savoie, femme du duc Galoas-Marie, il est l'auteur d'un ouvrage sur les Fièvres ' ; Jean-Mathieu Ferrari parle à différentes reprises de ce neveu dans ses ouvrages ^

Les renseignements biographiques que nous donnent les écrivains médicaux modernes sur Ferrari sont généralemeht fort inexacts. Portai, dans son Histoire de l'Anatomie el de la Chirurgie (1770), avait tracé en quelques lignes une vie de Ferrari où l'on relève autant d'erreurs que de mots, et c'est cette biographie que tous les dictionnaires modernes ont copiée ou démarquée.

Mathieu de Gradibus, dit Portai, naquit à Grade, ville du Frioul, près de Milan. 11 était de l'illustre famille des comtes de Ferrare,du nom de sa patrie... Il jouit d'abord d "une grande réputation dans sa patrie, ensuite il fut appelé à Pavie pour y professer la médecine. La duchesse de Mantoue le lit son premier médecin : il jouit de cet avantage pendant plusieurs années et mourut en 1460,

Gomment un Milanais peut-il être né à Grade dans le Frioul ? Le Frioul est-il près de Milan ? Quel rapport y a-t-il entre Ferrari et les comtes de Ferrare et qu'est-ce que la duchesse de Mantoue? Le duché de Mantoue ne fut créé qu'au xvi*^ siècle.

Dechambre a fait mieux encore dans son Diclionnaire encyclopédique des sciences médicales : il a donné deux biographies de Ferrari : il est bon d'ajouter qu'elles ne se ressemblent pas. A l'article Ferrari, celui-ci est né à Grado près de Milan et professe longtemps à Padoue; à Tarticle

Gradiche diede nel principio del 1400 un abate à xMiraniondo e di oui va ricordato il collegio per studcnte cretto a spese da questa famiglia m Pavia nel XV secolo. {Archivio stor. iomb., 1891, p. 129.) . , .. ^ ,

1 Excellentissimi artium et medicinis doclons Antonii Gradu mcdiol, Tractatus insignis de Febribus, signa, causas, et curationes fcbriaui complec-

tens. Venetiis, MDLX. , . ^ • i i- ■• i

2 Utscribitur a clarissimo doctore mag. Joa. Antonio de Fcitmi-h^ de Gradi mihi aflini et velut lilio amantissirno. {Consiha, 76 et pas.)

Graui, le biographe reprend la notice de Portai en l'écourtant.

i\lilgaigne qui s'est renseigné auprès des biographes italiens ' a parlé dé Ferrari avec plus d'exactitude.

C'est vers 1425, que Jean-Mathieu Ferrari vint à Pavie pour y étudier la médecine. Son père l'exerçant depuis de longues années devait désirer que son fils prît une carrière doiU il pourrait lui faciliter l'accès; comme le père de Félix Platler, il devait parler à son fils de la considération dont jouissaient ces docteurs que Pétrarque nous représente « revêtus de robes d'une pourpre cramoisie avec des parements de diverses couleurs, des anneaux étincelants, des éperons dorés. » (Lettre à Boccace.)

Où prit-il ses degrés ? Sans doute à Pavie, car nous savons qu'un décret de Filippe-Marie Visconti obligeait tous les sujets du duché de Milan à prendre leurs grades à Pavie sous peine de 600 florins d'amende".

En 1432, il est nommé professeur de logique à 1 Ijiiiversité h laquelle il restera attaché pendant toute sa vie.

C'est donc à cette époque qu'il faut se placer pour étudier le milieu scientifique dans lequel Ferrari a tenu une des premières places.

l'université de pavie

Le 13 avril 1361, un décret de l'empereur d'Allemagne Charles IV instituait l'Université de Pavie ^

Voulant accorder à Pavie ce que nous avons concédé à d'autres villes, nous avons décidé qu'une Université où seraient enseignés le droit civil et canon, la philosophie, la médecine et les arts libé-

1. Voir au chap. Biblioijraphie : Rienzi, Tiraboschi, Silvalicus, Argelali.

2. Prefatiis doniinus mandat et vult quodnonsitaliquis scolaris predictarum civitatuni el ducatus... volens in aliqua scientia doctrinari vei orudiri qui audeat vcl présumât Ire ad studium, neque filios mittere alibi, qnam ad prediclam civitateni Papiœ sub pœna rebellionis. (17 juillet \ H2. [Mi'w. cf. Doc. p. la SI. de rUniv. di Pavia, t. II, p. 9.])

3. Voici in Anic de la fondation des principales universil.is : Paris 1200, Oxford 1206, Naples 1224, Padoue 1228, Toulouse 1220, Cambrid^r,> 1229, Salftmanque 1239, Monlpellier 128*^). Avignon 1303, lleidelberf,' 1386, Bàle li39, Trêves 14oi, Una l".:i8, Wurzbourg 1582.

raux, serait ouverte à Pavie, et, h cet eflel, nous concédons à cette Université le droit de conférer les grades en toutes les Facultés.

Ces privilèges furent confirmés par uno bulle du pape Boniface IX, en date du 16 novembre 1389

Ce qu'était Pavie à cette époque, une lettre de Pétrarque à Boccace nous le dira :

11 ne vous était pas difficile, en arrivant à Gênes, de faire un détour jusqu'ici Vous auriez vu la ville de Ticinum située sur les bords du Tessin. Les modernes la nomment Papia, ce qui, suivant les grammairiens, signifie admirable... Vous auriez vu une ville d'un air très salubre. Voilà, déjà trois étés que j'y passe. Je ne me souviens pas d'avoir passé nulle part cette saison avec des pluies si peu fréquentes et si peu abondantes, des coups de tonnerre si faibles et si rares, des cbaleurs si peu incommodes, des vents si continus et si doux ; vous auriez vu une ville dont la situation est admirable. Les Liguriens, peuple jadis puissant et de nos jours très puissant, occupent une grande partie de la Gaule cisalpine ; Pavie est au milieu d'eux. L'horizon est, de tous côtés, si dégagé et si libre que je doute que dans une ville située en plaine il soit plus étendu et plus agréable.

Cette situation de Pavie et les facilités de communication décidèrent Galeas Visconti à en faire le siège de la nouvelle Université. « La plupart des maisons, dit Muralori, étaient inhabitées, et l'on pouvait y avoir à volonté des logements à louer. Le vin et le blé étaient en abondance et à bon marché, le bois en grande quantité. »

Tobie Spinola, étudiant à Pavie, adressant au cardinal François Alciat un poème sur l'Université de Pavie, s'exprime ainsi :

Le Tessin coule si pur et si limpide à travers la ville qu'on peut voir le fond du fleuve.

1 « His omnibus et prœsertim idoneitate dictœ Civitatis Papicusis, quœ ad uuiltipïicanda doctrinœ semina et gemiina salutaria prolucendo iulcr c eteras civitates provincifn Lombardiœ valde congnia et accommodata fore dicitur diUKenti examinatione et pensatis auctoritate apostolica, prœsentmm tenore staluimus et etiam ordinamus ut in dicta civitate Papiensi de celero .sif Studium générale iUudque perpetuis temporibus iuibi vigeat m sacra j.agiua lure canoneo et civili, nec non in medicina et qualibet aha htterar.a hcda

^'''''futlre de François Pétrarque à Jean Boccace, 14 déc. 1365, trad. Victor Develay. Flammarion, 1891.

De hauts remparts entourent la ville, prôls à la défendre contre les plus rudes assauts.

De belles et vastes campagnes richement cultivées, objets d'envie pour l'étranger, s'étendent de tous côtés.

Ni l'Égypte, ni l'Inde n'ont, au dire des voyageurs, un ciel plus doux, une nature plus verdoyante.

Les lièvres, les chevreuils, les sangliers, les faisans, les perdrix abondent sur les marchés ; les truites, les écrevisses, les anguilles dans les rivières.

Il faudrait un Homère pour chanter dignement la beauté, le

charme, la fertilité de ce pays.

L'Université de Pavie a bien soin de faire valoir ses nombreux avantages : les logements à bon marché, les vivres pour rien, les meilleurs professeurs de l'Italie. A côté, d'ailleurs, Bologne, Padoue, et, à l'étranger, Montpellier, Toulouse, vantent également la beauté de la campagne, la salubrité de leur climat, les agréments que leur École réserve aux nouveaux écoliers. Lisez ce 'prospectus-réclame de l'Université de Toulouse :

Ce pays est une terre promise où coulent le lait et le miel, où verdoient les pâturages féconds, où pullulent les arbres fruitiers : uhi Bacchus régnât in vineis, ubi Ceres imperat in arvis. L'air y est supérieur à celui de toute autre région : à Toulouse, on trouve le vin, le pain, la viande, le poisson à bon marché.

L'organisation de la nouvelle Université fut lente et coûteuse. En 1374, année de famine, le Conseil de la Ville ne peut plus supporter les frais qu'entraînent les cours de l'Université, et il délibère pour savoir s'il ne conviendrait pas de les supprimer ou de les réduire. Cependant, grâce à la protection des ducs de Milan, Galeas II et Jean Galeas, l'Université peut traverser ces années d'épreuves. Elle commence à prospérer quand la peste de 1398 la menace dans son développement et dans son existence même. Tout le monde s'enfuit et déserte les leçons. Pour retenir les élèves, un décret du duc transfère à Plaisance les examens et les cours; l'évéquc de Pavie reste chancelier et peut conférer les grades. C'est en 1412 seulement que Filippe-Marie Visconti rétablit solennellement les cours de l'Université à Pavie.

Pendant toute la durée du xv" siècle, on trouve des traces de rivalité entre les deux villes.

Alberto de Ripai ta raconte qu'en 1472 il fut envoyé à Milan auprès du conseil privé du duc pour intercéder en faveur de Plaisance à qui l'Université de Pavie voulait retirer le droit de conférer des grades aux étudiants de Pavie. Ce privilège n'appartenait qu'aux professeurs; or les docteurs de Plaisance n'enseignaient pas, puisqu'il n'y avait pas d'école à Plaisance. A cela, Albert répondait que 35 docteurs placentais pouvaient conférer des grades par privilège d'Innocent IV. 11 demandait, en outre, que le duc ordonnât le transfert de l'Université à Plaisance : il fit devant le conseil ducal un grand discours qu'il npus a conservé'. Sa demande ne fut pas agréée ; il rentra avec un décret qui confirmait les docteurs placentais dans leur ancien privilège, et « tibiis, ut aiunt, in pera compositis, magno cum dolore et tristitia ad suos rediit doctores ».

Pour venir en aide aux jeunes gens de Plaisance privés de l'enseignement universitaire, le cardinal Castiglione fonda, dans le courant du xV siècle, un collège qui recevrait vingt-quatre étudiants placentais.

En revenant à Pavie, les professeurs se sont fait confirmer leurs privilèges et exemption de toutes charges personnelles. Ils ont obtenu l'augmentation de leurs traitements. Ils ont stipulé que trois cents maisons seraient réservées aux professeurs et aux étudiants. Le loyer de celles dont la valeur est inférieure à 500 florins devra être de 5 p. 100; pour celles qui dépassent ce prix, il sera de 4 p. 100. La commune aura dans ses greniers une réserve de 300 sacs de froment qui devront être vendus au prix maximum d'un florin le sac ; la livre de viande ne devra pas coûter plus de 16 deniers.

Les Pavesans consentent à tout, et ce sera leur continuel

1 Et ne longo sermoae doniinationes vestras tœdio afficiam, videretur. Patres optimi, ut postenquam Givitus Papioî tam loago tempore studio fuit inipinguata et urbi Placentina reparationf indiget quam n.axunc studiuni générale resideas Papiœ ad nos transnùtlcretur quoniam schoL'u;cs 1 api^ BononiiB et Ferrariœ studcntes desideraverunt, desiderantqiie ib. slndmm firmari tanquam in mcdio itinere, sit constituta, annona ^^^f^^l^^'^l" cœtcris gratissinia et postea volât qui vêtit Papiam et ibi P»^-'<^'-'f pro modico recipiat impensa, et nullam cis molestiaui aiferemus quam 1 apienses avaritia ducti afferunt maximani.

souci de défendre le privilège qui leur a été concédé et de mériter les bonnes grâces du Prince.

Mais les épidémies, l'interruption des cours qui a en été la conséquence, la concurrcncedes universités italiennes, de Padoue entre autres, qui attire à elle les étudiants du centre de l'Europe, ont porté atteinte à la prospérité de

l'Université. , ^

Aux habitants de Pavic, qui sollicitent sa protection , le duc Filippe-Marie répond par l'assurance de ses bons sentiments; il rend des édits par lesquels il proclame la liberté la plus grande et l'hospitalité la plus généreuse pour les étudiants. Mais l'argent manque; il faut que la ville avance au comte de Pavie 1 200 florins pour payer les professeurs, et ceux-ci, adressant au duc leurs félicitations à l'occasion de la prise de Monza, ajoutent qu'ils cesseront leurs cours s'ils ne sont pas payés :

Prsedicli doctores dispositi sunt non légère aliquo modo quod erit maxime oprobrio et scandali hujus almœ et antiquissimse civitalis vestrœ in qua annis quinquagentis fuitSludium générale.

Les Archives de Milan nous ont conservé la trace d'une curieuse affaire qui montre à quels procédés l'Université avait recours lorsqu'elle manquait d'argent.

1. Serciiissimo domino duci Mediolani et inclitissimo principi comiti nostro Papie Veroneque domino, etc.

Hujus vetustissimc urbis vestre Serenissime dux et inclitissime princeps noster, longeve Logunbardorum regum sedis, liic pro maiori parte quiescientium, hic priscis corum regum nostrisque teniporibus Sludium générale perfloruit hos oratores videlicet dominum Simonem Speltam de Becaria, Luchenum de Astulfis, Andriolum de Guargaliis. et Blaxium deOctonibus viros siquideni élégantes, nobiles et prudentes ad Serenitatem vestram, pro republica omnibus anteponcnda, comodorum suorum oblitos, duximus destinandos quorum relatibus, rempubllcam et studium predictum pariter concernentibus vivarum vocum oraculis Serenitati vestre predicte reservandis parte nostrum et totius comunitatis vestre Papie fidem indubiam bénigne impartiri dignetur, lUustrissima ducalis dignatio sepedicta, quam ut optât et optamus féliciter conscrvet allissiinus. Datum Papie die xxv Augusti MCCCGXII.

Ejusdem ducalis dominationis fidèles servitores prescidentcs utilitate et negociis comnnis vestri PapiiB et tola comunitas cum recomandatione.

In simili forma Dominrc Ducissœ Mediolani mutatis mutandis et adjectis ubi oportunum fuit pro benevolentia sua captanda adjiciendas. Datum ut supra.

(Extrait des minutes originales des actes de la commune de Pavie conservées dans les archives de l'Université.)

Lo recteur des Juristes écrit au duc de Milan le 27 octobre 1447

Très Illustre Prince et très Cher Seigneur,

Nous avons dû souvent et particulièrement en ces derniers temps, pour payer les traitements arriérés, nous adresser au juif; cela nous donnait une très grande commodité et nous clait fort utile : mais voici que maintenant le juif refuse de nous faire un prêt. Il en résulte une grande gêne pour la ville, pour les éludes et pour toute l'Université. Et comme cet Hébreu cause un grand dommage à notre Université nous avons décidé que nous supplierions Votre Excellence de prendre des mesures pour obliger l'Hébreu à nous faire un prêt comme il en a l'habitude, car autrement si nous n'avons pas d'argent à notre disposition cela nous sera très préjudiciable. Nous en prions Votre Excellence à qui nous nous recommandons.

Severus,

Recteur do la Faculté do droit do l'Univorsité de Pavio.

Quand les honoraires des professeurs ne sont pas payés, c'est le désordre dans l'Université. Le duc de Milan, à la suite de nouvelles menaces des lecteurs leur adresse ses observations : « Ce que vous faites, leur dit-il dans une lettre du 27 août 1449, ne fait ni profit ni honneur à l'Université et me cause, à moi, honte et préjudice. »

Quelques années plus tard les professeurs réclament quatre termes de leur traitement, et n'obtenant rien, ils décident de suspendre leurs cours jusqu'au paiement intégral de ce qui leur est dû. L'Université est fermée, les étudiants font grand bruit dans la ville. Le référendaire de Pavie, Jean-Nicolas Rezonzi, en informe le cardinal Ascanio Sforza, oncle du duc de Milan.

Le cardinal réunit les professeurs et les supplie de reprendre leurs leçons; Rezonzi leur paiera immédiatement deux quartiers, le troisième dans quelques jours, le dernier dans un mois : en gage de cette promesse le référendaire donne ses biens personnels. Au jour dit, l'argent n'arrivant pas, les professeurs lui font sommation d'avoir à s'acquitter et se mettent en grève. Deux ou trois professeurs seuls

s'oiïrcnl « de boiiissima volia' »; il faut s'exécuter : sur es instances de Rezonzi et, grâce aux juifs probablement, les professeurs sont payés et reprennent leurs cours.

Pendant les trente-cinq années du gouvernement de Filippe-Marie Visconli, l'Université eut environ trois cents professeurs : 492 pour le droit, 72 pour la médecine et la chirurgie-, 50 pour la littérature et la philosophie, 24 pour la théologie, 9 pour la physique et les mathématiques.

A la mort du duc Filippe-Marie, les Milanais proclamèrent leur indépendance, se constituèrent en République et invitèrent les habitants de Pavie à se joindre à eux. Ceuxci répondirent en offrant à François Sforza le titre de comte de Pavie s'il s'engageait à confirmer les privilèges de l'Université. Une déclaration solennelle du duc, en date du

1 Lettre de J. N. Rezonzi, référendaire de l'Université de Pavie, à la duchesse Blanche Sforza Visconti (Arch. de l'État de Milan, Studi : Universita Pavia : Professori : Mazzo 43T). . i u

« 111"" et ex-"* domina dna mi singularissima. Questi docton legenti hanno prestabililo ordino fra loro, de non légère se non hanno prima lo pagamento intègre, de quatro paghe li reslano de l'anno proxime pasato, de che Iho facto intendere al Illustre et M-"" Monsig- Ascanio, la Sign"' del quale molto se adoperata in exortali et farli omni persuasione per fare che Içgeno, et lo a a presentia de sua R"'" Sig" me li sono offerto de farli dare al présente da questo thesoro li danari de due paghe et un altra infrà pochi di et la quarta ad tardius oLto di del mese di februario proximo futuro, perche lo pagamento del mese de décembre, non se po farc per li danarii se non ala fine del mese présente per la suportatione hanno di luno mese in altro et acio essi doctori fusseno certi, non li fusse date parole in pagamento. Per rispetto de la commission hebbe de resercili due paghe lanno proximo pasato, la quale de présente me stato rcvocata et scripto li faza respondcre del tuto me ho voluto obligare verso loro per servicio publico cum ipoteca se tuti li miei beni pro premisisattendendis, in priesentia del prefato R-"" Mons". Tandem non lisonno valse persuasione de Sua R"" Sig"* la quale se ritrovatra de mnlia volia ne sua promissione, che da heri in qua non hanno voluto légère precipue li prLncipali : hanno ben lezutoli institutarii, et Domine Pedrino Grasso quale se otferto de bonissima volia me pare in questo caso, habieno commisso grand' errore. Questo scrivo pcrmia excavatione a iavostra Ex"« la quala per lettere del prcfato R""" Mon" sera informata piu ad plénum. Datum Papiœ die XI januarii 1417.

<« Fidel», scrv et obedien. M" Johannes Nicola de Rezonziis ibid. Referendarius. »

2. Pendant que l'enseignement de la médecine florissait en Italie, il n'était pas organisé officiellement à Paris : jusqu'en 150o il fut laissé à la volonté de chaque docteur régent. Les cours se faisaient clicz les professeurs ou dans les collèges libres; à Wurzbourg, on comptait, en 1586, trois chaires dont une de cliirurgic. A Leipsig, d'après Puschniann, il y eut rarement, à cette époque, plus de quatre à six étudiants en médecine. De 11)92 à 1520, Erfurt ne délivra que 5 diplômes de doctorat en médecine contre 120 en théologie et 20 en droit.

18 septembre 144-7, acceptait l'ofl're des Pavesans et ratifiait leur demande ^

Pendant que Pavie se mettait ainsi sous la protection de François Sforza, les Milanais réduits à leurs propres ressources s'occupaient sans tarder, au milieu des difficultés d'assurer leur indépendance, de la création d'une Université. Nous connaissons par V Histoire des médecins jnilanais les noms des professeurs qui en firent partie en 1448.

Mais la chute de la République de Milan en 1450 entraîna la fermeture de la nouvelle Université, Pavie resta le seul centre universitaire de la Lombardie, et jamais les Sforza n'oublièrent l'appui qu'ils avaient trouvé auprès des Pavesans. Comtes de Pavie, ils se plurent à fixer leur résidence à Pavie ou dans les environs, à s'intéresser à la prospérité de la ville, et chaque fois que le bruit courait d'un transfert ils s'empressaient de rassurer leurs fidèles sujets.

Cependant l'Université ne retrouve plus la protection éclairée des premiers Visconti. Déjà Filippe-Marie s'était montré protecteur moins habile et moins généreux que Jean Galéas: François Sforza, lui, soldat plus que savant, est trop occupé du soin de défendre sa principauté pour s'intéresser à la culture des lettres et des sciences. 11 se borne à en exprimer ses regrets. « L'année prochaine, écrit-il le 23 octobre 1448, nous pourrons plus à l'aise donner toute notre attention aux choses de l'État, nous pourrons plus aisément nous dévouer au développement, au progrès de l'Université car c'est notre intention et notre désir. »

1. 18 septembre 1447. — Infrascripta sunt Capitula quœ supplicant Cives Papiai, sibi concedi et coufirniari ac irrevocabiliter observari debere per IIlust. Dominum D. Frauciscuni Sfortiam Yicecomitem, etc. [omissis).

Item teneatiir prtefatus 111. Doininus nianutenere, ac tenere in hac Paplensi Civitate studium générale, prout hactenus solitum est. ac curare toto ejus posse, et sub flde, et verbo magnaluin quod non liât, nec teneatur aliquod aliud Studiunn générale in aliqua alia Civitate, seu terra ex Civilatibus et terris qum solebant teneri per quondam 111. D. Nostruni Ducem Mediolani pru:'.terquam in hac Civitate Papiae. Et quod solutio fiat mensuatun |; 1/ Doctoribus legenlibus in hoc studio et aliis pro ipso Studio opportunis de intrata ordinaria datiorum dict* Civitatis. ejusque Coniitalus qua; remansura est prrelibatio III. D. nostro. Et quod nuUa fiet retentio Doctoribus dicti Studii in futurum saliariatis, quod etiam Doctoribus hactemis ad legcnduni m dicte Studio deputatis satisfacero teneatur i)raelibatus Dominus noster de co quod restant habere debere pro corum salariis. Et hoc de denanis debitis ' olim Caméra Ducali a morte quondam Doniini Ducis rétro.

De temps à autre les bruits de transfert circulent.

En 1474, Galeas Marie est obligé de rassurer les Pave-

sans. w ' <

Chers et amis, leur écrit-il, on nous dit que le bruit s est répandu que non. voulions transférer à Parme notre Université de Paviè Nous ne savons pas d'où vient cela, sinon de gens ignorants et mal intentionnés, car nous n'avons jamais pense a ce h^n^emS Comment le pourrions-nous? Puisque nous aimons no re ville plus que tout autre, nous lui PO^tons «ne aiîect on particulière, nous y faisons notre résidence habituelle nou^ notre épouse et nos fils. Aussi avons-nous décidé de vous ecrue pour vins déclarer que notre intention n'est pas de restreindre îes honneurs et privilèges de votre ville, ni de vous priver d une Université qui est si profitable et si honorable, mais, bien au contraire, de la mainlenir, de la protéger en tout ce qui nous sera possible. Faites connaître notre bonne disposition aux recteurs de l'Université, aux étudiants, au collège, citoyens et peuple.

Ludovic le More en arrivant au pouvoir suivait la tradition de ses prédécesseurs et, par un décret du 14 janvier 1496 il confirmait et étendait les privilèges des jurisconsultes et des médecins de Pavie et les exemptait de tous les impôts extraordinaires'.

Les rois de France et d'Espagne, le Sénat de Milan continuèrent à soutenir les privilèges honorifiques concédés aux élèves et aux professeurs de l'Université; mais la guerre avilit épuise toutes les ressources.

André Alciat écrivait à Francesco Galvi en décembre 1522.

Marliani qui préside le Sénat, et s'intéresse à l'Université de Pavie, aurait désiré me donner une chaire avec un beau traitement, mais cela n'a pas été possible en raison du complet manque d'argent dans le trésor ducal.

Et en février 1323 :

Je n'ai pas voulu professer dans cette Université, car présentement l'argent qu'on doit aux professeurs sert à payer l'armée : le duc ne peut leur donner que de bonnes paroles'-'.

\ A quibuscumque r.ollectis talleis taxis praîstitis, mutuis, etc., etmm tempore guerno et peslis, reservatis scmper daliis ordiaarus ad quorum solutioneni et conlributionem teneri volumus

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