LV. Des palpitations de cœur
faisant absorber par le patient des bouillons gras, puis prenant une éponge grosse comme une bouchée alimentaire, ils la trempent dans l'huile et l'attachent par un fil. Ceci fait ils la font déglutir par le malade. L'arête s'accroche à l'éponge, et le fil est alors tiré avec force. D'autres emploient une ligue sèche et agissent comme précédemment. Mais ceci ne me plaît pas, parce qu'en tirant avec violence l'arête peut blesser l'œsophage en plusieurs endroits... Si donc le corps étranger est trop bas situé pour qu'on puisse le saisir, on agira de façon à le faire progresser vers l'estomac plutôt qu'en haut... Un instrument peut encore être employé. Il est en plomb et ressemble à un filet, car il a des trous extérieurement pour que dans sa descente il puisse mieux accrocher l'arête ou tel autre objet. Il est recourbé sur une assez grande longueur, à seule fin que le chirargien puisse le faire pénétrer dans l'œsophage. Et si cet instrument était creux, cela serait mieux, car la respiration serait moins gênée lorsqu'il serait dans la gorge. — Les chirurgiens ont l'habitude de prendre un cierge, de le faire infuser dans du miel, puis l'ayant recourbé ils le font passer dans l'œsophage deux ou trois fois en le retirant brusquement. »
XLVII. Long chapitre sur les angines qui sont différenciées suivant que l'affection porte sur les muscles antérieurs, postérieurs, externes ou internes de la gorge {gutlur). « La forme la plus dangereuse est celle qui est consécutive à un apostème des muscles de l'épiglotte et de la trachée. C'est celle qu'on appelle proprement esquinancie. Elle survient brusquement et tue rapidement. » Contre cette forme il faut recourir comme le veut Avicenne, et lorsque tous les moyens ont échoué, à la trachéotomie.
Ce chapitre traite aussi de toutes les suflocations. Il y est parlé de l'asphyxie par l'eau et par le charbon. « Cet accident survient surtout avec le bois de cerre, et chez ceux qui travaillent la nuit dans une chambre où est allumé un feu de charbon. Si la chambre est bien close il sont suffoqués. C'est ce qui arriva de mon temps à deux domestiques d'un apothicaire milanais qui en moururent. »
LI. Chapitre important, où il est dit, entre autres choses, que la pleurésie se translorme souvent en phtisie. La ponction est décrite suivant les procédés d Avicenne et de Rhazès. Dans la pleurésie purulente il y a lieu de faire une incision avec un cultello, d'évacuer lentement le liquide, et de laver plusieurs fois la cavité pleurale. A remarquer aussi que la pleurésie et la péri-pneumonie étaient souvent confondues. (Voir Consultations.)
RUBniUUE ou TABLE DE LA SECONDi: l'AHTIE UU COMMENTAIRE TEXTUEL DU NEUVIÈME LIVRE A ALMANSOH CONTENANT TROIS TRAITÉS, DONT LE PREMIER EST LE TROISIÈME DE TOUT l'oUVRAGE. Il CONTIENT VINGT ET UN CDAriTRES SUR LES MALADIES DES MEMBRES NATURELS.