‹ Une chaire de médecine au 15e siècleChapitre 98 sur 126 · XLIV. Des corps étrangers de la bouche et de la gorge · texte numérisé non relu

XLIV. Des corps étrangers de la bouche et de la gorge

roïdcesl blanche, non douloureuse, pendante ; surtout si elle a un mince pédicule; qu'on la saisisse avec de petites tenailles, et qu'on l'amène au dehors. Alors, avec des ciseaux rougis au feu, qu'on sectionne le polype jusqu'à la racine, puis qu'on place dans le nez une mèche (licinium) trempée dans un li- ([uide styptique, ou qu'on se serve d'un cautère pour arrêter l'hémorragie et former une croûte. Dans la suite on agira peu à peu sur cette croûte avec des remèdes humides. Avicenne veut qu'on fasse l'opération avec un couteau (cw^/eZZo) arrondi du bout et avec un rasoir; mais il ne me parait pas pratique d'opérer à l'intérieur du nez avec un rasoir. — Si le polype n'est pas entièrement enlevé ; bien plus, si la voie est obstruée entre le palais et les narines, comme on ne peut arriver jusque-là avec des instruments, il faut' recourir à un autre artifice. On prendra des crins de queue de cheval, on les réunira en im seul fil et l'on y fera quelques nœuds. On placera ledit fil sur une aiguille de plomb et par le colatoire (arrière-cavité des fosses nasales), on le fera passer à l'intérieur des narines. Alors, par un mouvement de va-et-vient dans lu bouche et les narines, on usera le polype, lequel se détachera, comme si l'on opérait avec le fer. Et cette opération sera utile dous un cas de polype siégeant sur le chemin allant du colatoire à l'orificenasal. — Quelquefois la matière charnue se multiplie à ce point qu'elle adhère au palais. J'ai vu pour ma part à Pavie une personne chez laquelle cette matière blanche avait pris de telles proportions autour du palais, que la langue ne pouvait absolument pas remonter dans la bouche. iDans un cas semblable, il me semble qu'une opération avec le rasoir comme le veut Avicenne est nécessaire, et il la faut faire complète, c'est-à-dire enlever toute la matière charnue. S'il en restait quelque chose après l'incision, on emploierait des caustiques, mais cela est facile à dire, la pratique est plus malaisée. »

XXXIX. Selon Sérapion, lorsqu'une dent est malade, il faut verser dans la cavité une matière corrosive pour détruire la partie cariée. Ceci fait, on doit remplir la dent, d'or ou de cire avec du sel.

D'après Avicenne et Mesue, un excellent moyen de faire tomber les dents d'elles-mêmes est de les oindre de graisse de grenouille verte.

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