SCÈNE XV
ANNIBAL, RÉDOVA.
RÉDOVA, redescendant la scène. Voyons-la donc, cette bien heureuse lettre !
ANNIBAL, la lui donnant. Le fait est qu'elle arrive joliment à propos!... { Tirant de sa poche un2:>etit briquet à bougies, et en allumant une. ) Mais il fait trop obscur. . . Tu ne pourras pas lire?... Attends que j'allume...
RÉDOVA. En effet, c'est difficile...
ANNIBAL, éclairant. Vois donc, Rédova,je tiens la chandelle... Pas à ce vilain papillon noir de Chalumeau!...
RÉDOVA. Ne remue donc pas, que je puisse lire!... [Soudainement.) Ah! mon Dieu!
ANNIBAL. Quoi donc ?
RÉDOVA . Cette écriture ?. . .
ANNIBAL. Eh bien?...
RÉDOVA. Je la reconnais!... Oui, cette lettre... perdue !... et qui m'avait été remise par ma mère!..,
ANNIBAL. Pour les 6,000 francs?...
RÉDOVA. C'était de la même main !...
ANNIBAL, la j^renant. k\\\ mon Dieu!...
Attends donc!... {Ramassant l'une des saisies remises par Chalumeau.) Ce n'est pas tout . . Vois ! . . . Et cet acte aussi ! . . .
RÉDOVA. Quoi !.. . Tout cela ?...
ANNIBAL. Portraits, même numéro!...
C'est du Chalumeau !. ..
RÉDOVA, accablée. Ah ! pourvu qu'il ne renie pas!. .. ( Traversant *. ) Car cette lettre!... ce titre!.. . je ne l'ai plus!...
ANNIBAL, avecrageen s' éloignant à droite. Ah ! cristi!... cristi!... Et pas moyen de le forcer ! . . .
RÉDOVA. Mon Dieu ! non.
On frappe au fond trois petits coups lents. — Moment de silence.
RÉDOVA. On frappe!...
ANNIBAL. Hein ! qu'est-ce quipeutvenir?.. .
REDOVA. Qui est là?
CBALUMEAU, en dehors ; petite voix. Moi, Chalumeau...
ANNIBAL. Chalumeau! (Soudainement.) Pour me souffler ma femme! Soufflons la lumière!...
RÉDOVA. Que vas-tu faire?
ANNIBAL, revenant à elle ; à voix basse. Tais-toi ; nous entrons en pleine Gazette des tribunaux !
CHALUMEAU, en dehors. Eh bien, cruelle?
ANNIBAL, à Rédova. Tu ne l'es plus... tu es sensible à ses charmes... à ses charmants charmes...
RÉDOVA. Je crois te comprendre...
ANNIBAL. Dis comme moi. . . je suis ton souffleur. {Soufflant.) Ouvrez!,..
• Rédova, Annibal.
RÉDOVA, Ouvrez!
Chalumeau entre. — Le théâtre est dans l'obscurité. — Toute la scène suivante à voii basse.
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