LA GLOIRE
Il a lutté pendant toute son existence.
Artiste, il a produit et prodigué son cœur ; Il n'avait jamais pu trouver sa récompense.
Il avait devant lui tout un monde moqueur ; Son âme s'épanchait dans un flot d'harmonie ; Nul ne prenait souci de son rude labeur.
Il est mort. Maintenant il aura du génie.
La Renommée accourt baiser son pâle front.
Ses paupières, toujours grossies par l'insomnie.
11 le louera, celui qui lui faisait affront.
« Pourquoi. s'est-il éteint si tôt dans sa carrière? »
Dira-t-on, quand, partout, ses œuvres charmeront.
En vain il a voulu sa place à la lumière; Malgré tous ses efforts, il restait dans la nuit; L'appelant, il voyait passer la foule fière.
Elle vient le louer quand son âme s'enfuit !
Sur son corps, chaud encor, la gloire s'est placée;
Elle embrasse son front : soudain, flambeau qui luit,
Sur la terre Ton sent rayonner sa pensée.