EN NOVEMBRE
Elle, se dit qu'elle est comme une feuille morte
Qu'un coup de vent emporte ; Qu'elle ne verra plus venir les floraisons ; Ses yeux font mal à voir; oh! llnstant est critique,
Pour la pauvre phtisique ; L'automne et ses brouillards déchirent ses poumons.
Sur le mol oreiller, qu'elle est pâle sa tête !
On sent que la pauvrette N'a plus que peu de sang dans son débile corps. C'est la lampe qui n'a plus d'huile; il est à craindre
De la voir tout à coup s'éteindre :
Grand'mère ira bientôt pleurer aux champs des morts.
Anxieuse, elle est là, près de l'enfant souffrante;
Elle la sent mourante ; Pour ne pas la troubler, retenant ses sanglots. « Pourquoi ne pas la prendre, elle, vieille et ridée
Comme une fleur fanée.
Mort, au lieu de choisir le bourgeon frais éclos? »
DE COMBELLES