‹ Une cigale au Salon de 1884Chapitre 43 sur 53 · LÀ MORT DE MATHO · texte numérisé non relu

LÀ MORT DE MATHO

On entend dans Cartfaage un aboiement de joie; Le peuple en fête tient Famant de Salammbô, Enchaîné, l'œil sanglant on lui livre Mathô, Et chacun veut avoir un lambeau de la proie.

Les pierres et les coups pleuvent sur son parcours ; L'encens qu'on voit fumer au coin des carrefours Se change sous ses pas en des tisons de flammes ; En vain, on chercherait la pitié dans les âmes. Le nègre avec un fouet lui déchire la peau ; L'enûtnt dans ce concert féroce fait merveille; La femme au doux r^ard^ à la bouche vermeille, Dont le cœur si souvent plus que le cœur est beau, S'approche et grimaçant dans une ardeur cruelle Enfonce dans sa chair la pointe d'un fuseau ; Le sang coule et Mathô, tout nnsselant, chancelle.

EMMANUEL BENNER

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