LES EXILES
SONNET
Ils sont deux : l'un est vieux, l'autre tout jeune encore;
Assis sur un rocher, ils regardent la mer,
Ils ressemblent sur terre aux damnés de l'enfer ;
Ils vivent dans la nuit et, là-bas, c'est l'Aurore*
Il est loin le pays que leur pensée implore.
Le seul qui dans le monde entier pour eux est cher ;
Il leur est interdit de respirer son air ;
Le plus cuisant chagrin comme un feu les dévore.
Qyand l'enfant vient jouer près du groupe rêveur. Il s'arrête, inquiet, et, bientôt pris de peur. Il s'en va frissonnant le montrer à sa mère.
Elle, comprenant bien ce qui les désespère.
Serre son fils et dit avec des yeux troublés : « Dieu te garde à jamais du sort des exilés ! »
IMPRIMÉ PAR PAUL SCHMIDT S, BVB »moinT
pour LVDOVIC *BtÂSCHE7, É^DITEVU