‹ Une cigale au Salon de 1884Chapitre 53 sur 53 · LES EXILES · texte numérisé non relu

LES EXILES

SONNET

Ils sont deux : l'un est vieux, l'autre tout jeune encore;

Assis sur un rocher, ils regardent la mer,

Ils ressemblent sur terre aux damnés de l'enfer ;

Ils vivent dans la nuit et, là-bas, c'est l'Aurore*

Il est loin le pays que leur pensée implore.

Le seul qui dans le monde entier pour eux est cher ;

Il leur est interdit de respirer son air ;

Le plus cuisant chagrin comme un feu les dévore.

Qyand l'enfant vient jouer près du groupe rêveur. Il s'arrête, inquiet, et, bientôt pris de peur. Il s'en va frissonnant le montrer à sa mère.

Elle, comprenant bien ce qui les désespère.

Serre son fils et dit avec des yeux troublés : « Dieu te garde à jamais du sort des exilés ! »

IMPRIMÉ PAR PAUL SCHMIDT S, BVB »moinT

pour LVDOVIC *BtÂSCHE7, É^DITEVU

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