‹ Une colonie féodale en Amérique (volume 2)Chapitre 33 sur 45 · ET NOTES SPÉCIALES · texte numérisé non relu

ET NOTES SPÉCIALES

I^ené'S^rn^^i'*^ et Anne Blou.

Augustini^^^^'^ ^^ ^IV^^^ ^^"^"sou. \

Antoine Godèï^ot Marie Bourq :

Marie. \

Paschalin, orpheline

Charles Arsenaut et'^F^nÇoiso Mirande : Charles. ^v

Jacques Oudy et Cécile Bl(5*^ • Claude, Cécile.

François Lahauve et Madeleine Blou# François.

Jean-Baptiste Veco et Marie Chiasson.

Michel Bourq et Marie Cormier.

Jean-Baptiste Chiasson et Madeleine Boudrot.

Germain Girouard et Marie Douce t : Germain, Marie-Madeleine.

Jean-Jacques Nuirat et Marie Bourgeois : Cécile.

Moi, soussigné, missionnaire de Beaubassin, certifie que ce présent recensement est véritable.

Ce 28 août 1714.

Félix Pain, Récollet, missionnaire de Beaubassin.

Acadiens a Boulogne-sur-Mer y 1758.

Le bulletin de la Société académique de Boulogne pour 1869, mentionne qu'un navire chargé de Canadiens a été poussé par la tempête dans le port de Boulogne, le 26 décembre 1758.

L'inventaire sommaire des archives communales de Boulogne contient, en huit ou dix endroits, des mentions relatives aux Canadiens venus de l'île Saint- Jean, le 26 décembre 1759, au nombre

de 179. Plusieurs étaient morts avant le débarquement; et quelques actes de décès ont été inscrits pendant leur séjour.

Un {ïrand nombre/ partirent le 22 novembre 1764 pour Gayenno, ou ils arrivèrent^' bon port en 49 jours; ils en revinrent les années suivantes, apms'^la mort de plusieurs d'entre eux, et furent répartis dans les poj^fs où existaient des dépôts d'Acadiens. Quelques-uns, cepend^i^f^ étaient restés à BoulopjUe, car un d'entre eux, Firmin ■^^9§^n^ devenu capitaine de navire, s'y maria en 1785.

^e tout, communiqué par le docteur Haniy.)

La Baronnie de Pobomkoup (Pubnico). — Les d' Entremont '.

Le sieur Philippe Mius d'Entremont, que Ton dit ori{»inaire de Normandie, vint de France avec La Tour, en 1651, avec une bande de soldats et d'engagés au service dudit La Tour, et dont il était le chef sous le titre de major; c'est avec l'aide de cette petite troupe que La Tour s'empara de tous les biens et possessions de d'Aulnay, après sa mort.

Pour récompenser le sieur d'Entremont de ses services, La Tour lui concéda, le 17 juillet 1653, le fief de Pobomcoup (aujourd'hui Pubnico)^ situé au sud de la presqu'île de l'Acadie, à titre de baronnie, suivant l'acte dont voici la copie textuelle :

« Fut présant et comparu personnellement : Haut et puissant « seigneur, Charles de Saint-Etienne, seigneur de La Tour, che- « vallier des ordres du Roy, et son lieutenant général dans toute « l'intendue des terres, illes et côtes de l'Acadie, payis de Nou- « velle-France, et propriétaire du lieux dit Vieux Logis, autni- « ment Pipegueniclie, suivant et conformément à la concession «i qu'il en a eu, daté du quinsièmc janvier mil six cent trente-six :

« , le reçu et volontairement a reconnue et confessé avoir

« par ces présents, baillé et délaissé à perpétuité à titre de baron- « nage et tief noble, ayant justice haute, moyenne; et basse rcle- « vaut directement dudit lieu nommé le Vi(nix Logis, en ladite «■ côte d'Acadie, comme fief dominant :

K A noble homme, Philippe Mieus, écuyer, sieur d'Entremont, «< et damoiselle Magdeleine, sa femme, et noble homme, Pierre « Ferrand et damoiselle Mathurine Sicard (ou Picard)^ sa femme, « à ce présent et acceptant pour eux, leurs hoirs et ayent cause ; en

' Voir AppendiXf V^ série, pièce X, et 3« série, pièce V,

« vertu du pouvoir a nous donné par Sa Majesté et au désire de « ses lettres patants, en datte du vin{i[t cinq février mil six cent cin- « quante, et, comme aussi en considération du mérite particulier « des dits sieurs d'Entremont et Ferrand et des bons et fidèles K services qu'ils nous ont personnellement randus.

« Avon donnés et octroyé, donnons et octroyons par ses pré- « scnts, aux dits sieurs d'Entremont et Ferrant et à leurs ditte « femmes, par éj^ale participation, l'étandue d'une lieux de ler^e « sur quatre de profondeur, au lieu dite Pombkoup, pour en jouir « par les dits impétriens, leurs successeurs et ayant cause, en toutes « propriété, justice et seigneurie à perpétuité, aux dits titres de « baronnage, fief noble, relevant du dite lieu, le Vieux Logis; « moyannant et à la charge du à l'hommage, et d'un fjuchipohy « (ou mchipohy) de castor, avec deux bouquets, aux jours et fêtes « de Saint Jean Baptiste, pour chacun an et au coutume de la pré- " vauté et vicomte de Paris,

« Jouirons aussi les dits sieurs d'Entremont et Ferrant, leurs « hoirs, successeurs et ayant droit et cause a perpétuité des chasses. « A condition d'habiter et fait valoirc les dites lieux a eux accordé, « et en laissant^ le dite seigneur de La Tour es dits noms ajourdy « saisy et mis en possession les dits sieurs d'Entremont et Fer- " rant et leurs dites femmes, des dites terres, fief et baronnage de u Pombkoup, promettant et obligeant chacun au droit soy renoncent.

« Fait passé au fort du Port Royalle, le 17 jour de juillet 1653, u en présence de témoin cy après; ont signé :

« Charles de Saint-Étie^^ne ; Emanuel Le Borgne ; de Saint- « Mas; Philippe Mïeus d'Entremo^^t; Pierre Ferrant; Magdeleine « Helis; Mathurine Sigard (ou Picard); La Verdure. «

Nous devons la connaissance de cet acte important à M. Hilaire d'Entremont, demeurant a Pubnico, qui l'avait retrouvé dans les circonstances suivantes : il avait à diverses reprises, de concert avec plusieurs autres membres de la famille d'Entremont, entrepris des recherches pour retrouver en France les traces des diverses branches de leur famille qui furent transportées à Cherbourg en 1759, à la suite de la grande proscription des Acadiens.

Ils arrivèrent ainsi à entrer en relation avec un sieur Granger, demeurant à Cherbourg, descendant d'une famille acadienne apparentée aux d'Entremont; il leur apprit qu'il avait entre les mains,

ï Lisez : Et ce faisant ^ le dit seigneur ^ etc., aujourd'hui a saisy et rnis en possession, etc., etc.

une lia.sse do papiers qui avaient été laissés a son père par un des dernieis d'Entremont qni avaient véeii à Clierl)our,;if ; il eut l'ohli- }l|ean(M^ de les leur faii-e parvctiii-, (^t c'est parmi ces ])aj)iers qu'était l'acte (Ji'i{;inal de la concession sei,;|neuria]<! du fief de P(d)(in)C(uip.

Cet acte fut aussitôt copié par M. llilaire d'Enlreruout, ((ui eu remit plusieurs cojiies, et une, entre? autres, au. Moniteur iiciulien, qui l'imprima en 1882. Lui-même avait conservé l'ori^^inal entre les mains; malheureusement, il l'a perdu depuis lors, par suite d(^ la communication qu'il en fit à plusieurs ])ersonn(\s.

J'ai lu la copie qu'il en avait (gardée, en présence de plusieurs membres de la famille d'Entremont, entre autres : François-Jacques d'Entremont, aj^é de quatre-vin{jt-sept ans, et son fils Matliurin, né^TOciant et armateur à Pubnico, et aussi en présence de Pierre d'Entremont, âjijé de soixantc-liuit ans, jufi|e de paix à Pubni(;o, lesquels m'ont déclaré, ainsi que toutes les autres personnes présentes, avoir eu connaissances de la pièc(^ envoyée de France par M. Gran{Ter, laquelle était parfaitement conforme à la copie que je venais de leur lire.

Alors j'en dressai rnoi-mcme une copie conforme, que j'ai comnumiquée au sieur Placide Gaudet, rédacteur du Moniteur Acadien a Sliediak, qui a reconnu avoir eu entre les mains le document envoyé de France quelques années auparavant, qui paraissait présenter tous les caractères de Pautlienticité, et que la copie présentée par moi était parfaitement semblable à cette* pièce ori- [jinale. Telle est l'origine du document pu])lié ci-dessus. Le tout passé au commencement d'août 1888.

Le sieur Philippe Mius d'Entremont s'installa donc en 1653 avec sa femme, Madeleine Mélie, dans sa nouvelle sei^pieurie, où il demeurait lors du recensement de 1771, avec tous ses enfants, dont l'aîné, Jacques, avait dix-sept ans ; (;e dernier était donc né en 1754 ou 1755, c'est-à-dire après la concession accordée en 1753.

Il fut nommé procureur royal à Port-Royal, dans les années qui précédèrent le recensement de 1686, sur lequel il fijjure. Ce fut dans le cours de ces années que ses deux fils aînés, Jacques et Abraliam, épousèrent les deux filles de La Tour, et acquirent ainsi des parts dans la seijTueurie de Port-Royal. En 1686 et en 1693, nous voyons qu'ils demeuraient à Pobomconp avec ({uelques serviteurs et tenanciers.

Quant à Philippe Mius d'Entremont, il mourut en 1700, afjé de quatre-vin{Tt- dix-neuf ans, laissant trois fils : Jacques de Pobomcoup, Abraliam de Pleimaret, Philippe d'Azit. Les deux aînés restèrent sur le tenement de Pobomkoup; le troisième paraît s'être

séparé d'eux; cette brandie d'Azit, qui a laissé un assez mauvais renom, semble n'avoir jamais véca en {jrande intimité avec les autres.

Cotte baronnie, puisque le titre est formol sur ce point, forma toujours un petit fief a part, très-différent sous tous les rapports des autres seif^ncuries , elle avait ses tenanciers propres, qui ne sortaient point de la seigneurie; ceux de Port-Royal, qui étaient les plus proches, ne s'allièrent avec eux que fort tard. Les tenanciers de Pomblvou s'alliaient avec les seigneurs; on faisait plus de cliasse et de pêclie que de culture, et l'existence y tenait davantage du clan que de la féodalité ordinaire.

La population s'y développa paisiblement avec ses habitudes propres, et en 1755, au moment de la proscription, il y avait à Pobomkoiip même environ 40 familles ou 200 habitants, dont une douzaine de familles d'Entremont; 30 a 40 personnes furent enlevées en 1756 et emmenés à Boston; plus de 120 furent pris en 1758 et conduits à Halifax, et de là a Cherbourg. Ces derniers se sont éteints ou dispersés en France, mais les premiers sont revenus de Boston à Pobomlvoup après la paix, et leurs descendants, fort nombreux, y existent encore aujourd'hui.

On remarquera ici, avec étonnement, la forte tradition, conservée, du lien féorlal : à Boston comme à Cherbourg, les familles des vassaux restèrent groupées, dans leur exil, autour des familles seigneuriales et ont partagé leur sort jusqu'au bout. Après la paix, ceux de Boston construisirent tous ensemble un navire et revinrent tous ensemble à Pobomkoup. Il y avait à leur tète trois familles d'Entremont, qui sont représentées aujourd'hui par plus de deux cents familles ; dans la seule paroisse de Pobomkoup (Pubnico), cette lignée des anciens barons forme la moitié de la population, qui était en 1881 de 1,626 habitants.

Les Acadiens en Louisiane.

En avril 1784, l'ambassadeur d'Espagne à Paris s'est entendu avec le gouvernement français pour faire passer à la Nouvelle- Orléans les Acadiens réfugiés en France; il y en a déjà à Nantes tout prêts à s'embarquer. (Note trouvée aux Archives de la Marine,)

Arrivages d' Acadiens en Louisiane.

Quatre familles Acadiennes, formant vingt personnes, arrivèrent

de New- York à la Nouvelle-Orléans on février 1764. [Lettre iV Abhadie^ du 6 ain^il 1764.)

En février 1765, il passa 193 Acadiens à la Louisiane, lesquels étant venus d'xVcadi(î ;\ Saint-Douiinjrue, ont été envoyés aux Opelousas, avec secours desu])sistance. [Lettre de Foucaut, du "^^ février 1765.) n est encore arrivé 80 Acadiens envoyés aux Opelousas. (Lettre de Foucaut^ du 4 mai 1765.) De nouveau en mai, 48 familles acadiennes, faisant 290 personnes, dirifjées sur les Opelousas. (teA/7-e du 13 mai 1765.)

Ces quatre arrivages forment 583 personnes, mais il a été omis, sans doute, un autre arrivage de 67 Acadiens, car Gayarré (Histoire de la Louisiane, p. 122) assure que du l'*'* janvier au 13 mai 1765 il arriva 650 Acadiens. D'autre part, nous avons trouvé, dans les notes de Moreau de Saint-Mery, que 418 Acadiens étant arrivés de New- York à Saint-Domingue en 1764, une partie fut établie au Môle, mais que 231 d'entre eux préférèrent aller en Louisiane, où ils se rendirent.

Passons maintenant a 1766. Dans le mois de février 1766, dit Gayarré, 216 Acadiens arrivèrent en Louisiane et furent placés de La côte des Allemands à Eatonrouge, le long du fleuve. Puis dans une lettre d'Aubry, de 1766, il annonce que le 30 septembre il est arrivé 200 Acadiens venant d'Halifax, sur un bateau anglais, et assez malades à la suite d'une longue traversée; on les plaça aussi sur le fleuve.

A cliaque instant, du reste, la correspondance officielle annonce qu'il arrive journellement des Acadiens, tantôt des cotes du Nord, tantôt des Antilles; plusieurs demandent à aller aux Opelousas.

Au moment où Ulloa vint prendre possession de la Louisiane pour l'Espagne, en 1766, il arriva à diverses reprises 23 familles acadiennes, qui furent même assez mal accueillies par lui.

Quand on récapitule toutes ces données et que l'on tient compte de beaucoup d'arrivages isolés, on calcule qu'il arriva en Louisiane environ 1,500 réfugiés Acadiens, de 1764 à 1767. Les arrivages ensuite se ralentirent; ils ne vinrent plus que par petits groupes isolés, soit de Saint-Domingue, soit des Antilles. On en voit peu de traces précises dans les documents ; mais Moreau Saint-Mery nous apprend que presque tous ceux qui restaient encore dans le quartier du Mole, a Saint-Domingue, se rendirent eu Louisiane vers 1777; nous estimons qu'il put en partir ainsi deux ou trois cents.

Il y a donc lieu de penser qu*en 1780 il était arrivé en Louisiane à peu près 1,800 réfugiés Acadiens, et que leur nombre

total, (grossi par les naissances, atteignit alors 2,600 âmes. Ils étaient rassemblés en deux groupes principaux : sur le Mississipi, paroisse Saint-Jean-Baptiste, et à soixante lieues au sud, dans le quartier des Attakapas et des Opelousas, et de là, par extension, sur le Bayou la Fourche, En 1769, on comptait dans ces quartiers : 409 habitants aux Attakapas, 267 à Lafourche et quelques centaines à Saint- Jean- Baptiste, sans compter les Acadiens qui avaient pu rester à la Nouvelle-Orléans.

En 1785, au moment où commençait à arriver la seconde immigration venant de France, il fut fait un recensement qui attribue aux Attakapas et aux Opelousas 2,281 habitants, et à la Fourche,

Indication des manuscrits de Belle-Ile en Mer^ et d'autres documents qui seront publiés ultérieurement ,

Dans le cours de cet ouvrage, chapitre xvi, page 216, j'ai men-^ tionné les déclarations des Acadiens réfugiés à Relie-Ile en Mer^ en 1767; mais au moment où je termine ce volume, M. Gasgrain et moi avons reçu copie d'une partie de ce manuscrit, qui sera publié dans la Revue du Canada, à Québec : il contient plusieurs relations curieuses^ dont voici le résumé succinct :

1° Indications précieuses sur l'origine de plusieurs familles du recensement de 1671 : les Mélanson sont certainement d'origine écossaise; Oranger était né à Plymouth; Trahan, Hébert, Landry, Girouard, Martin, Aucoin, vinrent de France avec leurs femmes ; Terriau, Boudrot, Richard, sont cités comme étant venus de France, mais sans autre mention ; Babin et sa femme, Daniel Le Blanc, Bourg et Jean Daigre sont désignés comme venus de France, mais après le traité de Bréda.

%^ Déclaration très-intéressante de Joseph Le Blanc, dit Le Maigre, dont la vie si accidentée (Appendix, 4® série. — 6® docu-' ment) se termina à Belle-Ile. Il avait épousé la fille de Bourg, dit Belle-Humeur, le notaire, qui mourut dans un âge très-avancé à Richibouctou, en 1760.

3^ Détails nombreux sur la captivité et le séjour des Acadiens en Angleterre.

De peur de surcharger cet appendice, nous avons été obligés d'ajourner ou d'écourter plusieurs documents que nous avions cependant mentionnés : ainsi avions-nous annoncé, page i79, une analyse critique des recensements acadiens; — page 147, le

mémoire de l'abbé de l'Isle-Dieu; — pa{ife 192, le rapjoort de la visite épiscopale de 1803; — pî^fî^ 221, les états d'Acadiens cantonnés dans divers ports de France, de 1705 à 1780; — pa^jes 283 et 191, détails sur la paroisse de Clicticanip <^t sur la baronnie de Pobonikoup ; — enfin les traditions et récits recueillis dans diverses familles acadiennes^ et les reproductioiis des registrcvs du Poitou sur les Acadiens, etc., etc. Toutes ces pièces restent momentanément en souffrance, mais nous pensons y remédier en les produisant dans la Revue du Canada, pul)liée à Québec sous les auspices de l'université Laval.

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