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Une communauté judéo-araméene à Éléphantine

Lorsque vers la fin du mois de novembre dernier j’eus l’honneur d’être invité, de la part du Président et du Bureau de la British Academy , à faire les Schweich Lectures pour l’année 1914 \ je songeai aussitôt, comme sujet à traiter, aux papyrus araméens d’Eléphantine. Nul problème ne me semblait présenter à la fois plus d’actualité, plus d’importance, et plus d’harmonie avec le but de l’institution des Schweich Lectures , que celui qui a été soulevé, au cours de ces dernières années, touchant la communauté des serviteurs du Dieu d’Israël, groupée autour de son temple de 4 Jahô ’, déjà dès le vie siècle avant notre ère, près de la première cataracte du Nil. Les documents inestimables qui nous ont révélé l’existence et l’histoire de cette communauté ont provoqué partout un immense intérêt. Les innombrables articles et publications de tout genre qui leur ont été consacrés forment une 4 littérature ’ si vaste, que j’ai dû renoncer, vu les circonstances anormales au milieu desquelles j’avais à travailler, à réunir les éléments d’un aperçu d’ensemble qui ne fût pas trop insuffisant. Et ce n’est pas seulement par le nombre des publications que cette littérature se distingue. Les plus grandes autorités en matière d’archéologie et d’épigraphie sémitiques l’ont enrichie de leurs travaux; les égyptologues les plus distingués y ont apporté leur contribution. D’autre part on n’a guère vu se produire, en cette occasion, de ces manifestations étrangères à l’esprit de recherche scientifique comme les trouvailles sensationnelles en provoquent souvent, de la part de personnes plus soucieuses de faire du bruit que de servir la vérité.

Dans le titre donné à mes Lectures , j’ai appelé les serviteurs de Jahô à Eléphantine une communaut éjudêo-aramêenne, au lieu de m’en tenir à la formule reçue de 4 communauté juive ’, en usage dans nos documents eux-mêmes, où il est à diverses reprises question de F 4 armée juive ’. En me servant d’une expression nouvelle et plus obscure, je ne me suis pas seulement laissé guider par la considération de la langue dans laquelle les documents sont écrits, ni par celle de l’épithète d ‘‘Araméens donnée couramment dans les papyrus, à côté de celle de Juifs , aux membres de la communauté. J’ai surtout tenu à

1 Les Conférences eurent lieu le 28 janvier, le 1er et le 4 février 1915, à Londres.

PREFACE

marquer dès l’abord ma conviction que le groupe des fidèles de Jahô à Éléphantine ne se composait pas exclusivement de Juifs proprement dits. L’étude des documents m’avait en effet conduit depuis quelque temps déjà à la conclusion, exposée et défendue dans ces Conférences, que 1’ ‘ armée ’ ou communauté soi-disant ‘juive’ était formée, pour une très notable fraction, par des éléments samaritains.

Beaucoup de difficultés auraient été évitées, ou traitées avec plus de réserve, et certaines théories hâtives, qui eussent dû, à la vérité, par leur caractère déconcertant, servir d’avertissement à leurs auteurs eux-mêmes, n’auraient pas été risquées, si l’on avait envisagé plus tôt, au moins à titre d’hypothèse, la donnée d’une situation de ce genre. Il est vrai, d’autre part, que tel problème, déjà très obscur à cause du manque de renseignements précis et par suite de la multiplicité indéfinie des possibilités à considérer en vue d’explications même simplement provisoires ou probables,1 en apparaîtra encore plus compliqué, le champ ouvert aux suppositions et conjectures se trouvant considérablement élargi.

Un livre de M. Edouard Naville ne peut manquer d’être riche en

1 Voir, par exemple, pour la concordance des calendriers égyptien et hébreu (ou éventuellement samaritain, ou babylonien ?) mis en œuvre simultanément dans la datation des contrats d’ Eléphantine, l’article de J. -B. Chabot : Les papyrus araméens d' Eléphantine sont-ils faux? (dans le Journal Asiatique, Paris, 1909 ; pp. 515-22). Voici énumérés, les uns en regard des autres, les noms des douze mois égyptiens et babyloniens (ces derniers adoptés par les Juifs à partir de la captivité) :

Egyptiens.

Babyloniens.

Egyptiens.

Babyloniens.

Thoth

Tishri

Phamenôth

Nisan

Paophi

Marcheshvan

Pharmuthi

Ijjar

Athyr

Chisleu

Pachons

Siwan

Choiak

Tebeth

Payni

Tammouz

Tybi

Shebat

Epiphi

Ab

Mecliir

Adar

Mesore

Elul

On se rendra compte de l’extrême complication du problème de la concordance de ces calendriers, au cours du ve siècle av. J.-C., à Éléphantine, en considérant le tableau suivant des correspondances établies entre les jours des mois, en différentes années, dans nos papyrus :

D’après Sayce-Cowley A : en 471 (470?) le 18 Elul = le 28 Pachons

B : en 464 C-D : en 459 D’après Sacliau, pap. 28 : en 456 D’après Sayce-Cowley E : en 446

F : en 440 G : en 440 H : en 420 J : en 416 K : en 410

le 18 Chisleu = le 7 Thoth le 21 Chisleu = le 1 Mesore le 7 Chisleu = le 4 Thoth le 3 Chisleu = le 10 Mesore le 14 Ab = le 19 Pachons le 26 (?) Tishri = le 6 Epiphi Elul = Payni le 3 Chisleu = le 12 Thoth le 24 Shebat = le 9 Athyr

PRÉFACE

informations intéressantes et précieuses. Tel est aussi le cas pour les pages qu’il a publiées sous le titre Archéologie biblique.1 Mais la thèse principale soutenue dans cet ouvrage, touchant la langue originale dans laquelle les livres de l’Ancien Testament auraient été composés, n’aura que peu de succès parmi les biblistes. Nous ne pouvons en considérer ici que le côté par où elle entre en contact avec les papyrus d’Éléphantine. A la page 161, M. Naville écrit: ‘Les papyrus d’Éléphantine nous ont appris ces deux faits de la plus haute importance : les Israélites apportèrent en Égypte leur culte ... ; ils y introduisirent aussi leur langue, qui n’était pas l’hébreu, mais l’araméen. Cette langue était en usage parmi les Juifs d’Éléphantine, telle est la découverte qui provoqua une aussi grande surprise que celle des tablettes de Tell el Amarna . . .’ Et plus loin encore (p. 190) : 4 A

l'époque d’Ézéchias, l’araméen s’était déjà répandu en Palestine parmi les personnes cultivées . . . Aussi devons-nous admettre que les Juifs en s’établissant en Égypte apportèrent avec eux l’araméen, la langue qu’ils écrivaient déjà dans leur pays natal, et non seulement la langue écrite, l’idiome littéraire, mais celle dont ils usaient dans la vie de tous les jours, puisque les 4 ostraca’ étaient aussi écrits en araméen.’

L)u moment que l’on suppose que tous les éléments de la communauté d’Éléphantine descendaient d’ancêtres judéens, l’on sera en effet amené assez naturellement à cette conclusion, que déjà avant la captivité de Babylone l’araméen était la langue usuelle à Jérusalem, celle dont les Juifs 4 usaient dans la vie de tous les jours’. Et comme il est certain que les colons militaires, mercenaires de l’Égypte, n’auront pas, généralement, appartenu aux classes supérieures de la société, il faudra entendre la conclusion en ce sens, que l’araméen était, dès avant 586, la langue usuelle de tout le monde à Jérusalem. La distinction entre 4 patois ’ et 4 langue littéraire ’, sur laquelle M. Naville insiste assez souvent, et qui est d’ailleurs parfaitement légitime en soi, ne sera plus d’aucune importance pratique pour l’appréciation des rapports entre 4 le judaïque’ et 4 l’araméen ’ en Judée, vers l’an 600 av. J.-C.

Dans ces conditions, et même abstraction faite des conséquences extrêmes qui découleraient des observations de M. Naville, on comprendrait très bien que les prophètes eussent composé et écrit leurs discours en araméen. On comprendrait aussi que les documents plus anciens de la Bible, supposés écrits primitivement en cunéiformes sur tablettes, eussent été, au jugement de M. Naville, traduits par Ezra en araméen, non pas en hébreu ou juif (p. 200). Mais il y a d’autres choses que l’on ne comprendra plus.

1 En sous-titre: V Ancien Testament a-t-il été écrit en hébreu ? (traduit de l’anglais par A. Segond).

PRÉFACE

On ne comprendra guère, par exemple, pourquoi la Loi, traduite désormais en araméen par Ezra et lue publiquement en cette langue (Néh. viii), avait besoin, d’après M. Naville, d’être retraduite et expliquée au peuple, qui est censé cette fois n’avoir compris que le 4 judaïque ’ ou hébreu, et cela vers l’an 440, un siècle après la fin de la captivité de Babylone (p. 196). L’araméen, qui aurait fait de si rapides progrès en Judée, grâce à 1’ 4 invasion assyrienne’, depuis Ezéchias jusqu’à l’époque de l’émigration des colons d’Eléphantine (p. 190), devait avoir évolué à rebours avec une rapidité non moins grande depuis l’émigration pour Eléphantine jusqu’à Ezra, malgré l’intervalle passé en exil au milieu d’un peuple parlant araméen.

On ne comprendra pas davantage comment le 4 judaïque ’ ou hébreu, qui, à l’époque d’Ezra, n’aurait été encore toujours qu’un patois inutilisable comme langue écrite, serait tout à coup, et après une diffusion de plus en plus étendue et profonde de l’araméen, devenu une langue littéraire comme celle que nous admirons dans notre Bible, à l’époque où se fit la traduction des livres sacrés en cette langue, savoir à l’époque de l’ère chrétienne (p. SI 7), alors que l’hébreu n’existait plus même comme patois.

On ne comprendra plus comment, après avoir eu besoin à l’époque d’Ezra d’un targum hébreu pour l’intelligence du texte araméen, les Juifs en vinrent bientôt après à avoir besoin de targums araméens pour comprendre le texte hébreu. Pourquoi ne s’en serait-on pas tenu au texte araméen ? Et ce texte araméen, qu’est-il devenu ?

L’idée étrange que les documents de l’Ancien Testament auraient reçu leur forme hébraïque à une seule et même époque, et à un moment où l’hébreu avait cessé d’être une langue populaire, méconnaît les preuves multiples et manifestes de l’originalité puissante du style de leurs auteurs, en même temps que du développement historique et vivant de la langue dont ils nous offrent les jalons. Il n’est pas possible d’admettre un seul instant que l’hébreu littéraire d’Osée et d’Isaïe soit du même temps et du même milieu que celui de la Mishna, ou même de l’Ecclésiaste.

Le point de départ de toute l’exposition de M. Naville est une affirmation équivoque et qui manque de base solide. Ce que nous savons des relations entre les Assyriens et les Juifs à l’époque d’Ezéchias ne prouve en aucune façon qu’à cette époque 4 l’araméen s’était déjà répandu en Palestine parmi les personnes cultivées’. A supposer que le message envoyé par Sennachérib à Ézéchias (2 Rois xix. 14) fût en araméen — ce qui n’est pas certain, puisque le Rabsaqe assyrien parlait hébreu (2 Rois xviii. 26) — tout ce qu’on en pourrait conclure, c’est que Sennachérib avait pensé à bon droit qu’Ézéchias

PRÉFACE

et ses ministres étaient capables de lire raraméen. Lorsque de leur côté les ministres d’Ezéchias prient l’envoyé de Sennachérib de parler en araméen (loc. cit.), 6 parce que, eux , ils comprennent cette langue et 4 de ne pas leur parler en juif aux oreilles du peuple qui se trouve sur le mur’, 1° ils constatent que l’envoyé assyrien parle en ‘judaïque’, qui devait donc être autre chose qu’un obscur patois ; 2° ils supposent que l’envoyé assyrien est naturellement à même de parler araméen, ce que l’envoyé aurait donc pu faire sans peine ; 3° ils jugent bon, quant à eux-mêmes, de lui faire remarquer avec insistance, et comme une chose dont il pouvait ne pas se douter, qu’eux ils ‘ comprennent ’ cette langue, qui n’est donc pas censée s’être déjà répandue à Jérusalem ; 4° ils signifient très clairement qu'en effet le peuple assemblé sur le mur ne la comprend pas. Y a-t-il la moindre raison de soupçonner que sur le mur il n’y avait que des représentants de la populace, ou des classes les plus inférieures de la société, ne parlant et n’entendant que le 4 patois ’ de Jérusalem ou de la banlieue et n’ayant aucune connaissance de la langue littéraire en usage ? Du récit du deuxième livre des Rois on conclura qu’à l’époque d’Ezéchias, vers l’an 700 av. J.-C., l’araméen ne s’était pas encore répandu en Judée, même parmi les personnes cultivées, et qu’il s’en fallait de beaucoup. Isaïe ne se sera pas exprimé et n’aura pas écrit ses discours en araméen pour un public qui ne l’aurait pas compris. Sa langue littéraire était, non pas sans doute ce que M. Naville appelle parfois 4 l’hébreu carré ’, ce qui signifie une forme en effet plus récente de l’écriture, mais ‘le juif’, la langue de Canaan (Is. xix. 18), que le Rabsaqe assyrien avait jugé valoir la peine et trouvé le moyen d’apprendre et dont il éprouvait le besoin de se servir pour être entendu. La ressemblance même entre l’araméen et l’hébreu offre une donnée de plus contre la thèse de M. Naville. Cette ressemblance est telle que si l’araméen avait été la langue littéraire à Jérusalem à l’époque d’Ezéchias, tout le monde y aurait 4 compris ’ cette langue, tout comme le public de Genève comprenait le français littéraire à l’époque où fut composé le chant national en patois local (Naville, p. 16). Le fait qu’en général on ne 4 comprenait ’ pas même l’araméen à Jérusalem, au temps d’Ezéchias, prouve qu’il n’y était pas la langue écrite.

Il est inutile d’ajouter que rien ne nous autorise à supposer que d’Isaïe à Jérémie une modification sensible se soit introduite à cet égard dans les usages littéraires du peuple juif ; ou que Jérémie se soit livré au singulier caprice d’écrire lui-même dans une langue en usage parmi ces conquérants dont il prédisait à son auditoire de Jérusalem qu’il ne les comprendrait point (v. 15).

Si les papyrus et ostraka que nous a légués la communauté

PRÉFACE

d’Eléphantine sont tous araméens, il faudra expliquer ce fait remarquable, et que M. Naville a bien fait de mettre vivement en lumière, par d’autres considérations que celle qui consiste à faire de l’araméen la langue usuelle des Juifs dès avant la captivité de Babylone.

Déjà dans la première de mes Conférences le lecteur verra que ce problème concernant la langue se pose à la fois pour bien d’autres particularités caractéristiques, d’ordre social et civil, et même d’ordre littéraire, que les papyrus nous ont révélées au sujet de la communauté d’Eléphantine, et qui toutes accusent des affinités, au moins indirectes, avec la Babylonie. Ce sont des Samaritains, représentants d’une population semi-babylonienne, qui apportèrent avec eux l’araméen dans la Haute-Egypte.

La seconde Conférence est consacrée spécialement au temple de Jahô à Eléphantine. L’examen des circonstances dans lesquelles le sanctuaire fut détruit, puis surtout l’étude des rapports à établir entre cette institution et les lois du Pentateuque, touchent à des problèmes d’histoire et d’exégèse critique très intéressants. En considérant l’attitude de dédain absolu que le grand prêtre et le clergé de Jérusalem opposèrent à la requête des 4 frères ’ d’Eléphantine en un temps d’extrême détresse, le lecteur sera amené à reconnaître qu’il devait y avoir entre Jérusalem et Eléphantine d’autres sujets de griefs et motifs d’antipathie que la seule existence du temple de Jahô près de la frontière éthiopienne. Les prêtres de Jérusalem ne traitèrent pas, plus tard, le temple de Léontopolis avec tant de dureté. Ici encore la présence des éléments samaritains au sein de la colonie pourra paraître à plus d’un une donnée digne de retenir l’attention.

La troisième Conférence traite d’abord de 4 Jahô ’, le nom sous lequel le Dieu d’Israël était connu à Eléphantine. Elle expose ensuite une appréciation relative aux autres divinités dont le culte y était associé, dans une certaine mesure, à celui de Jahô. L’influence de l’élément samaritain nous apparaîtra à cette occasion avec une précision toute particulière.

Il est inutile d’entrer ici dans plus de détails touchant l’objet de notre étude. Le sommaire analytique en fournira au lecteur un aperçu complet.

Cambridge, le 25 mars , 1915.

SOMMAIRE ANALYTIQUE

LECTURE I . pp. 1

Les collections de papyrus araméens d’Éléphantine publies par Sayce- Cowley et par Sachau, p. 1 ss. — Époque et milieu d’origine des documents, 3. — Communauté judéo-araméenne d’Eléphantine-Syène, noms hébreux des membres, 3 ; — culte et temple de Jahô depuis avant Cambyse, 3 s, — Importance d’Éléphantine au point de vue commercial, 4 ; — religieux, 5 ; — militaire, 5 s. — Les Judéo-Araméens font partie d’une colonie de mercenaires étrangers, 6, — dont les documents font connaître l’organisation militaire, 6-8, — judiciaire et administrative, 8-9. — Organisation propre de la communauté judéo-araméenne, 10-11 ; — situation économique et occupations des membres, 11 s. — Analyse des actes Savce- Cowley, 12-14. — Traits caractéristiques des contrats, 14-15.

En regard de la communauté d’Éiéphantine, il n’est pas exact tout d’abord que la communauté de Jérusalem après l’exil fut reconstituée au milieu du ve siècle av. J.-C. par l’introduction du f Code sacerdotal’, 15 ss. — Silence du C. S. sur les mariages mixtes, 16. — Indices de l’importance pratique ou de l’actualité du Deutéronome après l’exil, 17 ; l’autel national, 17. — La Pâque à Éléphantine en l’an 419, 17 s. — Le C. S. avant l’exil : Ézéchiel, 19 ; — le lieu du culte d’après le C. S. , 19 ; — les dîmes, 19 ; — autonomie nationale d’après le C. S., Urîm et Tummîm, 20.

Accentuation du particularisme traditionnel après l’exil, un effet des circonstances historiques, 20 ; — lutte contre l’élément étranger sous Zerubbabel, 21, — plus tard, notamment sous Nébémie, 21 s. ; — double œuvre de Nébémie, les mariages mixtes, 22. — Lecture de la Loi (Néh. viii), 22 s. — Réforme d’Ezra, 23.

Usages de la communauté d' Éléphantine : prêts à intérêt, 24. — Mélange avec les païens, mariages mixtes, 24 s. — Affinités avec la Babylonie, noms babyloniens, 25 ; — forme et style des contrats, 25 s. ; — droit matrimonial, 26-28 ; — ■ situation juridique de la femme, 28 s. ; — langue et écriture, 29 s

Emploi exclusif de la langue araméenne, 30-32.

Documents d’ordre littéraire : version araméenne de l’inscription de Béhistoun, 32. — Texte araméen du livre de la Sagesse d’Ahiqar, 32 ss. : — donnée traditionnelle de ce livre, sa diffusion dans l’antiquité, 33 ; — allusions dans le livre de Tobie, 34 ; — parties conservées dans les papyrus d’Éléphantine, 34 s. ; — époque de la composition, notoriété dans le monde grec et origine babylonienne du livre, 35-36 ; — particularités du texte d’Éléphantine, 36-37.

SOMMAIRE ANALYTIQUE

LECTURE II . . . . pp. 38-66

Signes et causes de dispositions hostiles entre Égyptiens et Judéo- Araméens, 88. — Vénalité des fonctionnaires perses, 38 s. — Attitude suspecte de certains Juifs influents en Égypte, 39-40. — Catastrophe de l’an 17 de Darius II : le temple de Jahô détruit, 40. — Lettre de Jedonja à Bagohi, 40-43. — Notes sur quelques points de détail: Bagohi et Jehohanan, 43; — les fils de Sin-uballit, 43 s.; — ’Awstan, frère de 'Anani, 44.

Les événements de l’an 17 de Darius : absence du satrape Arsam, 44 s.

— Situation embrouillée qu’ArSain trouva à son retour : les serviteurs de Jahô s’étaient vengés, 45 ss. ; — récriminations de la part des Égyptiens,

46; — les Judéo-Araméens se défendent; papyrus Euting, 46s. — Les gens d’Éléphantine ne demandent pas à Bagohi l’autorisation directe de bâtir, 47 s. ; — ils demandent et avaient demandé dès l’abord des lettres de recommandation, 48; — ces lettres devaient leur servir à prouver la légitimité de leur temple, 49. — Réponse orale de Bagohi, 49 ; — restriction mise par Bagohi à son avis favorable, 50. — Les Judéo-Araméens semblent avoir, en vain, offert d’accepter la solution proposée, 50 s. — Nouvelles persécutions? 51.

Le nom NYOK désigne un temple proprement dit, 52 ; — étymologie et signification précise du nom, 52 s. — Conjectures sur la disposition architecturale du temple de Jahô, 53 s.

Problème soulevé par le culte célébré à Eléphantine au point de vue des institutions de l’Ancien Testament, 54. — Diverses solutions proposées,

55 s. — Les gens d’Éléphantine ne se conduisent pas en schismatiques, 55.

— 11 est inexact que leur temple n’était pas un lieu de sacrifices, 56 ; — ou que la législation sur l’unité de sanctuaire n’était pas encore censée obligatoire, 56. — Ce n’est pas une solution satisfaisante de prétendre que le temple datait d’avant 622, date de la réforme de Josias, 56 ss. ; — car bien que le temple puisse avoir été bâti quelque temps avant Cambyse, 56,

— on ne peut pas reculer son origine si loin dans le passé, 57 ; — et d’ailleurs il s’agissait en 410-407 av. J.-C. de sa reconstruction, 57. — De plus, il n’est pas exact que la législation sur l’unité de sanctuaire date de la réforme de Josias : les lois du Pentateuque sur ce sujet, 57-59. — La législation f sacerdotale ’ était connue à Éléphantine, 59. — Les lois sur l’unité de sanctuaire n’avaient en vue que le pays de Canaan, 60 s. — Mais les sacrifices en terre païenne étaient irréguliers pour une autre raison,

61 s. — Cette observation explique l’attitude des divers partis qui entrent en scène à l’occasion des affaires d’Éléphantine, 63. — Le temple de Léontopolis, 63-66.

LECTURE III . pp. 67-85

Le nom divin irT* n’est pas à lire Jahvu , 67 s., — mais Jahou , ou plus probablement Jahô , 68. — Jaô, nom du Dieu des Juifs d’après les anciens,

68 s. — Les noms Jahou, Ja, en usage aussi chez d’autres peuples, 69. — Jahou, Jah (Ja) ne sont pas des formes écourtées du tétragrammaton,

69 s., — mais celui-ci est un développement artificiel de Jahou, 70; — non pas comme une forme nominale au pluriel, 70, — mais comme une forme artificielle de l’imparfait du v. n\“b 70 ss. — Ex. iii. 13 ss., 71 s. —

Le nom Jahvèh, à raison de son caractère purement officiel et littéraire, finit par tomber en désuétude, 72 s.

SOMMAIRE ANALYTIQUE

A côté de Jalio d’autres dieux étaient honorés à Eléphantine, 73 semais pas au même titre, ni de la même manière que Jahô, 75. — Asim- Béthel et ' Anatli-Béthel associés à Jahô, 75 s. — fBaals’ et ‘ Astarôth ’ inconnus à Eléphantine, 77. • — Les dieux que les Judéo-Araméens honoraient à côté de Jahô sont inconnus dans l’antiquité hébraïque, 77 ss. — 'Anath (et la e Reine du ciel’), 77 s. ; — Béthel et Haram, 78; — Asm (Asima), 79. — Les dieux en question sont d’origine syro-babylonienne, 80 s. — Leur culte fut apporté à Éléphantine par les ancêtres d’une partie de la colonie, 81. — Origine samaritaine d’un grand nombre de colons, 82-85.

UNE COMMUNAUTÉ J U DÉ O- Ail AM ÉE N N E

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