‹ Une commune normande sous l'Ancien régimeChapitre 63 sur 101 · XI. — Petits-Jils de de Chambor · texte numérisé non relu

XI. — Petits-Jils de de Chambor

Les deux fils de François Michel de Vieilles furent :

i° Alexandre-Bertin Michel, né au Bois-Panthou ou h la Haie-Saint-Sylvestre, le 4 septembre 1794;

20 Alphonse Michel, né à Vieilles ou Beaumont vers i8o3.

Lors d’un tirage de lots judiciaires, devant le notaire de Grosley, le 28 mars 1814, il échut à l’aîné la terre de Vieilles (moins quelques parties) et au jeune la terre de la Haie, et quelques immeubles à Vieilles.

Alexandre-Bertin Michel de Vieilles épousa (à Beaumont), le 11 janvier 1816, Mlle Rose Picard, fille de Louis-Auguste, et de Mme Louise-Hélène Chambellan.

Il mourut à Vieilles, le 7 mars 1818, à 23 ans, laissant une fille unique qui est devenue Mm“ de Sacy.

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Ce jeune homme, emporté ainsi à la fleur de l’àge, fut très regretté.

Je crois avoir entendu dire, étant tout enfant, qu’il avait servi dans les Gardes d’honneur, cette création arbitraire (i) desderniers temps du despotisme impérial.

Il fut qualifié ainsi :

Dans son acte de mariage, « propriétaire » ;

Dans l’acte de naissance de sa fille, « propriétaire, ancien officier de cavalerie » *,

Dans son acte de décès, « ex-gendarme de la Garde Royale, chevalier de la Légion d’honneur ».

ün lit en effet, dans l’ouvrage du lieutenantcolonel de Titeux, la Maison militaire du Roi (1814 à i83o, deux grands volumes in-folio, illustrés, au tome II. p. 283), le nom de M. de Vieilles inscrit comme gendarme, premier escadron, première brigade ; états nominatifs de 1814-1815.

Les gardes du corps ont laissé leur légende. «Le « sombre oubli dont parle le poète ne les a pas at- « teints » (colonel de Titeux, t. I, p. 81 ). Longtemps on a parlé de leurs querelles avec les officiers à demi-solde du premier Empire au café Montan-

(1) Voir Journal des Bourgeois d'Evreux , 1814, p. 214; Taine, Régime moderne, t. I, pp. 1 12, 208 et 388, n. 1.

sier, depuis devenu le théâtre du Palais-Royal. Il y eut souvent entre les deux partis des conflits, des duels, et un jour, dans une bagarre, les jeunes Gardes du corps brisèrent les glaces du café. Il en résulta quelques couplets (1) qui ont été reproduits en partie par Jules Claretie (le Temps , du 24 octobre 1884).

Mlle Mars s’en mêla.Sifflée un jour par plusieurs jeunes gens à cause de ses sentiments impérialistes, elle dit devant la rampe : « Qu’ont donc de commun ces Messieurs avec Mars ? » ( Correspondant du 2 5 janvier 1889, p . 345.)

Après l’épigramme, écoutons la justice, sous la plume du général Thoumas (le Temps , i3 janvier 1891) :

« Il ne dépendit pas des Gardes du corps de ;< Louis XVIII et de Charles X d’être la première « troupe du monde sur les champs de bataille, « mais ils s’illustrèrent, lors de la révolution de « Juillet, par la fidélité qu’ils montrèrent, en accom-

(1) « ... Vos imposantes masses

« Ont bien prouvé qu’à votre élan guerrier « Rien ne résiste... et pas même les glaces « Du café Montansier.

« ... Nous avons vu leur glaive meurtrier « Conduit par vous, renverser jusqu'aux glaces « Du café Montansier. »

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« pagnant jusques dans le port de Cherbourg le roi » Charles X partant pour l'exil. Je ne sache rien « de plus honorable que l’attitude gardée pendant « le voyage par les quatre compagnies des Gardes « du corps, et par la compagnie des Gardes des « chasses. »

Le 23 ou le 24 août i83o, au matin, passa par Vieilles et par Beaumont, après avoir suivi la route qui traversait alors la forêt, un fort détachement de gendarmes des chasses , graves, mornes, montés surdes chevaux noirs, couverts de poussière, revenant de conduire Charles X à Cherbourg (1). Ils franchirent le gué de la Bave à l’endroit où se trouve aujourd’hui le pont de Vieilles. Nous y courûmes pour les voir.

Un officier se détacha de la colonne, et demanda à mon père : — « Saint-Léger est-il chez lui? » Douze ans plus tard, comme je rappelais ce fait, à un déjeuner chez de Beaussacq, maire de Boissyle-Sec (Eure-et-Loir), près Verneuil, mon hôte me dit: — « J’étais cet officier. »

Sans le savoir, les gendarmes avaient traversé la terre de leur ancien camarade, AI. de Vieilles, à

(r) Ils arrivèrent à Evreux le 24 août. [Journal des Bourgeois d’Evreux, p. 374.)

cent mètres de distance de sa veuve et de sa fille. Le sombre oubli avait accompli son œuvre, que nous retrouverons sous plus d’une forme.

Par ces souvenirs, j’ai voulu rappeler la mémoire de M. de Vieilles, et suivre les bons habitants qui l’avaient honoré.

Le Moniteur universel du 16 octobre 1889 donnait une notice matrimoniale intéressant Vieilles, mais contenant une omission et une erreur de degré :

Omission du nom de M. de Vieilles, Garde du corps de Louis XVIII, bisaïeul du marié ;

Erreur de degré, à l’égard de « l’ancien officier « des Gardes du corps de Charles X »(i), aiieul des deux époux , présenté à tort seulement comme père.

Alphonse Michel de Vieilles, second fils de François, habitait la Haie-Saint-Sylvestre. Il épousa M1 11® deTintigny. Parle décès de son frère aîné, il était devenu chef de nom.

Il est mort sans postérité, dans sa quatre-vingthuitième année, à Saint-Germain-en-Laye, le i 3 janvier 1891 .

Sa succession n’est pas venue aux enfants et pe-

1) Le chevalier Alexandre Martial de Guillebon, décédé

au château de Vaux (Oise), le 9 juin 1861.

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tits-enfants de Mm° de Sacy, sa nièce, dont il avait suivi et protégé l’enfance comme subrogé tuteur.

MlleRose-Palmire-Alexandrine Michel de Vieilles, née en ce lieu le 5 février 1817, fille unique du Garde du corps de Louis XVIII, épousa le 20 juillet i835,à Beaumont, Adolphe-Victor de Sacy, receveur de l’enregistrement, d’une famille de Moreuil (Somme).

Peu de temps après, Mra* de Vieilles, mère de Mme de Sacy, se remaria avec Charles-Auguste Pollard, ancien receveur de l’enregistrement demeurant à Beaumontel.

Mme de Sacy est morte à Amiens le 1 5 août 1871, laissant un fils. Adrien de Sacy, et une fille, Mme de Guillebon, à laquelle échut la terre de Vieilles.

Mme de Guillebon est décédée au château de Vaux, commune de la Fretoy (Oise), le 1 1 avril 1881. Par le partage de sa succession devant Me Rendu, notaire à Liancourt, le 18 mai 1888, la terre de Vieilles est échue à son fils aîné, Alexandre-Marie- Antoine de Guillebon.

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