FONDATIONS RELIGIEUSES
Ces fondations de messes et services furent nombreuses.
Il existe, dans les Archives départementales, à Evreux, un cartulaire delà Fabrique, contenant des copies collationnées, ou vidimus, de 71 actes passés aux tabellionages de Vieilles et de Beaumont, et reportés sur ce cartulaire, de 1497 a 1 5 2 1 . La plus ancienne fondation (elle ne figure pas au registre ; on en a parlé par tradition dans la sentence de 1718 ci-après), était celle faite le 18 décembre 1 368 par Maître Jean-Marie, comme il a été dit sous Saint-Martin.
On trouve, au trentième feuillet, un acte passé le 20 avril 1490, devant Errault et Touzé, tabellions à Vieilles, pour Monseigneur le comte d’Harcourt, par lequel Jacquette, veuve de Thomas Adam, certainement mon ascendante, donne cinq sols de rente à prendre sur une acre et demie de terre assise à Vieilles, à la croix Me Renault, à la charge d’une messe de requiem. Cet acte est revêtu de la formule exécutoire du garde des sceaux des « obligations des vicontés d'Harcourt « et d’Elbeuf ».
D’autres donnent : Nouvel, 6 sols de rente pour 2 haultes messes (i382) ; Lemarié, io sols de rente foncière pour 3 messes et i libéra (1397) ; Vve Vigo, 6 sols pour deux haultes messes (1397) ; Godet, 3 sols de rente pour 3 messes basses (1413); Gondart, 1 sol de rente sur un pré pour 1 messe (1485); Jean de Boislévêque, 10 sols de rente pour 2 messes basses (i52o), etc., etc.
Beaucoup de noms appartiennent à des familles éteintes ou dispersées, et aujourd'hui inconnues.
Par une première sentence en date du 4 mai 1679, l’official d’Evreux statua sur 91 fondations, dont plusieurs furent maintenues et d’autres réduites.
Une fondation de Guillaume Chambellan, du 3o mars 1 5 1 6 (Tabellionage de Vieilles), fut de 26 messes, réduite à 16, puis à 9 ; celle de la veuve Thomas Adam fut jointe à celle de Jeanne Desmonts (1 messe pour les deux).
Le 21 juillet 1713, nouvelle sentence de l’official d’Evreux, statuant sur requête présentée par le curé Blanfuné, le vicaire Lesselin et les paroissiens exposant que, pour quantité de messes, il n’y a plus de fonds; que, pour d’autres, la rétribution est insuffisante, l’honoraire n’ayant été
NOTRE-DAME DE VIEILLES
prévu par les fondateurs qu'à 3, 4 ou 5 sols, tandis que, d'après la règle, il est payé au prêtre id sols pour les haultes messes, et 10 sols pour les basses ; que la Fabrique est en perte, et qu’il y a lieu à réduction.
Cette sentence passe en revue 77 fondations dont :
36 qui subsistaient encore sur les 71 copiées au cartulaire 36
Et 41 autres indépendantes 41
On remarque parmi les 41 fondations : une de Madeleine Nérée, veuve de Jean Adam, de 1 2 basses messes, sur une acre de labour produisant 10 livres de rente (Tabellionage de Beaumont, 2Q juin 1618) ;
Une de Jean Adam, fils Jean, pour lui et ses amis, — 14 livres de rente pour les services (Tabellionage de Beaumont, 7 novembre 1 588) ;
Une autre de Toussaint Godet, 2 services, 3 hautes messes, avec force détails, cierges ardents , cérémonies, processions, « plus le jour de Pâques, « issue des vêpres, sera sonnée la grosse cloche, « et un instant après sera sonné un carillon , etc. »
On a oublié, dans la sentence, la date et le lieu de la fondation.
Par cette sentence de 1713, furent supprimées les fondations dont le revenu ne subsistait plus, savoir: celles de la veuve Thomas Adam, Jean de Boislévèque, Jean-Marie, curé de Saint-Martin, la veuve de Jean Adam. Beaucoup d’autres furent réduites. — Celle de Jehan Adam (de 1 588), fut fixée à 4 haultes messes, avec vigile et recommandation, etc. (1). Il fut accordé, pour chaque haulte messe, au prêtre célébrant, i5 sols; au vicaire, pour son assistance, 3 sols ; au clerc, 1 sol; au sonneur, 2 sols ; pour la recommandation, 2 sols 6 deniers; en tout 23 sols 6 deniers.