V. — Avocats
Les avocats résidant à Beaumont se transportaient, comme les magistrats, aux sièges: à Vieilles, Haute Justice ; — au Camp-Frémont, faubourg de Beaumont, pour la Haute Justice de Grammont ; et tous les mercredis au Neubourg, alternativement comme bailliage et comme vicomté.
Je citerai seulement ceux des derniers temps :
Jean Lizot, ancien avocat fiscal à Beaumont, qui avait demandé à y être nommé second avocat du roi en 1770, pour s’exempter de la taille (Saint- Denis, op. cit., p. 418). Sur la liste imprimée des notables éligibles communaux pour l’an IX, on trouve (p. 58) : Lizot père, soixante ans, homme de loi à Beaumont, et (p. 5o) Lizot fils, trentetrois ans, homme de loi à Brionne ; ce dernier devint député ministériel sous la Restauration (1815-1827). C’est de lui que Béranger disait :
Avec Lizot je ferai connaissance.
[Le trembleur.)
Un descendant a été préfet à Rouen, et est mort récemment.
René Hervieu, avocat au Parlement, demeurait à Rouen, où naquit son fils, mais résidait à Beauh-
cel, village d’Harcourt. Quelquefois cité dans Flaust et dans Houard {Fief, p. 370). Il signa avecLizot père le mémoire de Chambellan, contre de Chambor (. suprà , chapitre xiv);
René-Pierre-François Hervieu (dont il a été parlé aussi au chapitre xiv) ;
Joseph-Nicolas Chambellan, qu’on trouve au District et à Evreux, dans les premières assemblées administratives del’Eure, après 1789 (Voir Lorrin), et qui fut avocat à Bernay, où il est mort, il y a environ cinquante ans. Il descendait, au 5e degré, de Jehan Chambellan, lieutenant au bailliage en 1 549. Marié, le 28 septembre 1776, en l’église Saint- Léonard, du Bourg-Dessus, avec Françoise-Adélaïde Viart de Bois-Palais, sa cousine (Voir ce nom suprà , chapitre xvm), il eut un fils qui était receveur de l’enregistrement en 1867 ;
Daviel aîné, nommé, dans les premières élections, après 1789, aux fonctions municipales. Il rédigea, dans l’assemblée populaire du 17 août 1790, une réclamation demandant pour Beaumont le siège du tribunal de district (1), et resta quelques années encore à Beaumont, avant de se ren-
(1) Voir Boivin-Champeaux, Révolution dans l'Eure , p. 1 3 1 , ire édition. — St-Denis, Notice, p. 456. — Registre municipal à la date.
INSTITUTIONS JUDICIAIRES
dre à Evreux, comme avocat, puis à Rouen.
il eut deux fils, dont l’un avocat, procureur général à Rouen, ministre de la justice en i85i, a publié un traité sur les cours d’eau; l’autre fut avoué à la cour de Rouen, et est aujourd’hui honorablement représenté par AI. Alfred Daviel, son fils et son successeur.
Charles-Pierre-Gabriel Duval du Alesnil avait figuré à l’assemblée municipale du 4 mai 1 788, pour répartir les impôts et pour protester contre la qualité de bourg donnée à tort à la ville de Beaumont par la commission intermédiaire , et à l’assemblée du 14 décembre suivant, sur la proportion du Tiers- Etat, dans la représentation nationale. Nommé maire de Beaumont le i5 floréal an VIII, il resta quarante-trois ans à ce poste. Il mourut à Beaumont le 29 novembre 1848, ayant conservé ses qualités d’urbanité et de finesse. On le vit bien dans la circonstance suivante. Une Parisienne, venue dans la famille Aubé, avait étonné tout le monde par sa monnaie courante d’adjectifs prodigieux. Elle avait beaucoup parlé de la province. Les naturels, surtout les « Beaumontaises » (expression de YOmnibus de Bernay , février et novembre 1829), commençaient à se choquer. Enfin, en sortant de soirée, éblouie par un ciel splendide,
cette dame s’écria : « Oh ! les belles étoiles ! » et M. Durai de lui dire : « En effet, elles ne sont pas « mal, pour des étoiles de province. »
Francois-Placide-Nicolas Ferev, célèbre avocat consultant, que le procureur général Dupin a appelé « le plus savant avocat de l’époque » (Sirey,
34. 1.466) . Né au Neubourg, le 2 octobre 1735, il vint se fixer comme avocat à Beaumont, où il resta quatre ans, puis à Fvreux, où il demeura six ans, et enfin à Paris, où il mourut le 5 juin 1807.
Une publication récente de M. Paul Target (Un avocat du XVIIIe siècle ) nous apprend que Ferey, dont le nom, par une faute d’impression, a été orthographié Ferny (aux dates des 27 août, 22 et 27 décembre 1787), devait, avec Target, être nommé par Lamoignon garde des sceaux, pour préparer des projets de réforme dans la législation. L’éloge de Ferey a été fait :
i° Par Bellart, alors avocat, le 5 février 1810, dans un discours où il le montre devenu bientôt « l’oracle de la Province , lisant et méditant la « Coutume de Normandie dans les trajets à che- « val qu’il faisait de Beaumont aux sièges voisins » ;
20 Par Dupin aîné, dans une brochure de 1810, et dans son réquisitoire de l’affaire Parquin (Sirey,